Eolane Montceau – Les salariés brandissent le glaive sur leur chemin de croix

C’est dans l’indifférence la plus totale que les 77 salariés d’Eolane Montceau se meurent à petit feu. Cachez ces « mécréants » que personne ne veut voir dépérir, ils pourraient être autant contagieux que le covid.

Et pourtant, même au bord du gouffre, le personnel n’est pas résigné à se laisser licencier au milieu d’une grande impunité, celle d’une direction qui ne veut surtout pas payer les pots cassés de la fermeture du site. « Il est inadmissible de faire payer la casse aux collectivités alors que les deux actionnaires vont pouvoir retirer dans les 50 M€ d’ici un un ou deux quand ils vont revendre le groupe » s’enflamme le secrétaire du CSE, Alain Schleich, qui comme un capitaine devant ses hommes, brandit le glaive, très vite imité par les salariés massés devant l’entrée du site montcellien alors que le P.-D.G. quitte les lieux sans même un regard.

Ils ne désarment pas, ils sont prêts au combat _ peut-être tardivement _ pour mourir dignement. Avec les honneurs.

Cet après-midi, l’administrateur judiciaire et le mandataire sont venus expliquer chacun leur rôle, leurs missions.

Une mission quasiment impossible que celle de trouver un repreneur d’ici le 19 novembre prochain, tâche à laquelle va pourtant s’employer l’administratrice judiciaire. « Elle me semble de bonne foi » reconnaît Alain Schleich, « mais très vite elle sera rattrapée par la réalité. Comment faire en 45 jours ce que la direction n’a pas réussi depuis des mois ? »

« Pour nous, c’est mission impossible, pour elle, c’est une mission à tenter » précise le secrétaire du CSE.

« Une usine qui meurt et tout le monde s’en fiche » (les salariés)

Le délais est court, le bâtiment est vide, le P.-D.G. peu enclin à vendre, autant dire que « nous nous dirigeons vers une liquidation judiciaire » note sévèrement Alain Schleich toujours le glaive à la main.

Quant au mandataire, il fait en sorte que les salaires soient payés par les AGS (le régime de garantie des salaires) comme en septembre.

Mais aux yeux des salariés, la mission la plus importante serait que le tribunal puisse étendre le redressement judiciaire à l’ensemble du groupe Eolane. « C’est le point d’achoppement entre les représentants du personnel et d’administratrice », reprend Alain Schleich. « Cette situation pourrait se propager à d’autres sites », ajoute-t-il.

Avant de rentrer chez eux, les salariés dissertent entre eux. Le moral, ils le gardent mais ils ne sont pas dupes. « On va fermer, mais ce n’est pas grave. Une usine qui meurt et tout le monde s’en fiche. A croire que nous sommes des fantômes, des spectres »  disent-ils.

Aujourd’hui encore, ils se posent cette question : « Mais pourquoi nous ? »

Jean Bernard

 

Un commentaire

  1. peut-être tardivement …quand la coquille est vide évidement.

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