Elections sénatoriales – Marie Mercier, la « rebelle » du Sénat repart au combat

Marie Mercier est une femme aussi intelligente qu’altruiste. Malgré une douceur qui fait partie de sa personnalité, elle n’hésite pas à dire ouvertement ce qu’elle pense. Celle qui brigue un nouveau mandat de sénatrice le 27 septembre prochain assume sans détour ses choix politiques.

« Oui, je suis encartée Les Républicains », reconnaît-elle. « Mais divers droite me va très bien ».

Au Sénat, Marie Mercier revendique une liberté de vote qui ne s’embarrasse guère des consignes de parti. Elle vote selon son âme et conscience, sans forcément tenir compte des directives. « Je suis une rebelle », lâche-t-elle avec un sourire.

La protection de l’enfant, un combat viscéral

Au Palais du Luxembourg, Marie Mercier s’est forgée une réputation autour d’un combat devenu son cheval de bataille : la protection des enfants. Lorsqu’elle en parle, on perçoit immédiatement une mobilisation de tous les instants. Le sujet est si sensible qu’il lui arrache parfois les larmes. « Je n’arrive pas à m’y faire, qu’un individu bousille la vie d’un enfant ».

Avant d’annoncer officiellement sa candidature, la sénatrice s’est pourtant interrogée. Avait-elle encore l’envie et surtout l’énergie de porter ces dossiers difficiles, au premier rang desquels figure la protection de l’enfance ?

La réponse s’est finalement imposée d’elle-même. Pas question de s’arrêter au milieu du gué, alors qu’elle a acquis, depuis sa première élection au Sénat en 2015, une expérience devenue précieuse.

Cette fonction, elle l’aime. « Ce n’est pas un métier, c’est une mission », affirme-t-elle. Et de résumer sa philosophie en quelques mots, « moi, c’est l’être humain qui m’intéresse ».

Médecin généraliste _ elle continue de consulter _, Marie Mercier puise aussi sa force dans les rencontres quotidiennes avec ses patients, mais également sur le terrain, en Saône-et-Loire, au contact de la population et des élus.

« Elle ne lâche rien »

On ne changera pas Marie Mercier. Elle continuera de s’attaquer aux sujets difficiles, quitte à mener le combat du pot de terre contre le pot de fer. « Ce qui me travaille beaucoup en ce moment, c’est l’inceste ou encore les jeux dangereux qui mettent la vie des enfants en danger ».

Des combats qui illustrent une nouvelle fois la ligne qu’elle entend défendre au Sénat : partir du terrain, écouter ceux qui vivent les difficultés et tenter de faire évoluer la loi.

Autour d’elle, ils sont quatre à figurer sur sa liste. Chacun représente un secteur du département. « C’est important d’avoir des relais », explique la sénatrice.

Dans l’ordre : Patrick Desroches, Françoise Duriau, Bertrand Collaudin et Aline Gruet.

Françoise Duriau et Aline Gruet figuraient déjà sur la liste il y a six ans. Tous partagent une admiration assumée pour Marie Mercier. « Elle est courageuse, travaille énormément et elle est très humaine », témoignent-ils. Ils saluent également « une élue de terrain et de la ruralité, toujours présente qui ne lâche rien ».

Le cas Fabien Genet

Reste une question politique, et non des moindres, celle de Fabien Genet, élu sénateur lors du précédent scrutin alors qu’il figurait en deuxième position sur la liste de Marie Mercier.

La sénatrice ne cherche pas à éluder le sujet. A la question de savoir si deux candidats sortants peuvent se retrouver face à face tout en bénéficiant de l’investiture des Républicains, elle répond, « Nous pouvons avoir deux candidats sortants et avoir l’investiture LR ».»

Une manière de rappeler que, chez Les Républicains, chacun conserve sa liberté de choix.

Et, fidèle à elle-même, Marie Mercier entend bien conserver la sienne.

 

J.B.

La liste du sénateur Marie Mercier

  1. Marie Mercier, 68 ans, médecin, sénateur de Saône-et-Loire, maire honoraire et conseillère municipale de Châtenoy-le-Royal, conseillère communautaire du Grand Chalon.
  2. Patrick Desroches, 59 ans, cadre dans le secteur informatique, maie de Viré, vice-président de la communauté de communes Mâconnais Tournugeois, conseiller départemental du canton d’Hurigny.
  3. Françoise Duriau, 58 ans, conjointe collaboratrice d’agriculteur, maire de Lucenay-l’Evêque, conseillère communautaire du grand Autunois Morvan, membre du conseil d’administration des maires de Saône-et-Loire.
  4. Bertrand Collaudin, 64 ans, retraité producteur de lait, maire de Curbigny, vice-président de la communauté de communes Brionnais Sud Bourgogne.
  5. Aline Gruet, 59 ans, maire de Pierre-de-Bresse, 1re vice-présidente de la communauté de communes de Bresse Nord Intercom, conseillère départementale, membre du conseil d’administration de l’association des maires de Saône-et-Loire.

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