
Le nouveau siège de la CUCM devrait s’installer aux ADJ à Montceau-les-Mines où se trouvent déjà des bureaux de l’intercommunalité.
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A un moment de la soirée, jeudi à la salle Devos de Saint-Vallier, une question a semblé flotter dans l’air, qui présidait réellement la Communauté urbaine Creusot Montceau (CUCM) ? Isabelle Louis ou Charles Landre ?
Le débat sur la modification des statuts de l’intercommunalité a donné lieu à un véritable face-à-face entre la présidente de la CUCM et le maire du Creusot. En toile de fond, l’avenir du siège de la communauté urbaine et, plus largement, un bras de fer politique qui ne dit pas encore son nom.
Juridiquement, deux sujets étaient réunis dans un même rapport : la modification des statuts afin de fixer à 70, au lieu de 71, le nombre de conseillers communautaires et le transfert du siège de la CUCM. Une méthode qui a suscité des interrogations jusque dans les rangs de l’assemblée.
« C’est un point de méthode contestable », a estimé Marie-Claude Jarrot, élue de Montceau-les-Mines. Cherchant à comprendre le lien entre le nombre d’élus communautaires et le choix du futur siège, elle a directement interpellé la présidente : « Quel poisson voulez-vous noyer ? »
Pour l’élue, regrouper ces deux dossiers revenait à brouiller le débat. « Ce sont deux délibérations aux enjeux différents. Cela ne favorise ni la discussion ni la clarté du vote. Peut-être est-ce une décision de vengeance ? » Le maire du Creusot partageait lui aussi son incompréhension.
« Il n’y a aucun flou, c’est une obligation juridique », a répliqué froidement Isabelle Louis.
Et c’est précisément là que se situe le cœur du dossier.
Depuis son élection à la tête de la Ville du Creusot et même auparavant, Charles Landre n’a jamais caché sa volonté de remettre à plat la présence des services communautaires au château de la Verrerie. En découvrant que les locaux étaient occupés sans versement de loyer à la ville propriétaire, il a adressé un courrier à la présidente de la CUCM afin de mettre un terme à cette situation et d’engager une réflexion sur l’avenir des services.
Conséquence directe, la communauté urbaine devra quitter le château de la Verrerie au plus tard le 31 décembre 2026. Une échéance qui oblige à trouver rapidement un nouveau point de chute pour les 103 agents actuellement installés sur le site.
La solution privilégiée conduit vers les Ateliers du Jour, à Montceau-les-Mines, quai Jules-Chagot. Le bâtiment pourrait accueillir les services administratifs et devenir, dans le même mouvement, le nouveau siège de la CUCM. Encore faut-il que la délibération soit adoptée, puis validée par les 34 communes membres. A défaut de réponse dans un délai de trois mois, leur accord sera réputé acquis.
Mais le duel entre Charles Landre et Isabelle Louis ne faisait alors que commencer. Chacun a reproché à l’autre de ne pas avoir répondu aux courriers échangés ces derniers mois.
La présidente a tenu à rappeler que la CUCM n’occupait pas l’intégralité du château mais seulement les deux tiers des locaux. Elle a également souligné que l’intercommunalité assumait chaque année près de 180 000 euros de charges ainsi que le salaire de la concierge.
Reste que les deux responsables ne se sont jamais réellement rencontrés pour discuter du sujet. Une réunion est finalement programmée le 30 juin à 9 h. Charles Landre l’a appris… en séance publique.
Au-delà du bras de fer politique, le projet soulève des interrogations très concrètes. Yohann Cassier, maire de Montchanin et vice-président chargé de l’habitat et des ressources humaines, a rappelé que parmi les 103 agents concernés, 27 résident au Creusot.
« Certains s’interrogent sur le bien-fondé de quitter la Verrerie, ne serait-ce que pour leur organisation personnelle », a-t-il expliqué, sans préjuger de l’avis des 76 autres agents, peut-être favorables au déménagement… ou pas.
L’élu a également mis en garde contre un calendrier jugé trop serré. « Prenons le temps de la réflexion. Il faudrait le temps de l’année scolaire 2026-2027 afin de vivre cette transition sereinement et sans désorganiser les services », a-t-il plaidé. Une analyse partagée par Isabelle Louis.
« Pourquoi se précipiter et nous priver de nos locaux dès le 1er janvier 2027 ? », a demandé la présidente au maire du Creusot. Elle a également souligné les conséquences administratives d’un transfert de siège, « nous aurons notamment 250 cartes grises à modifier ».
Le site montcellien constitue-t-il pour autant la meilleure solution ?
Charles Landre en doute. Il a ainsi remis sur la table le dossier Hub & Go, cet imposant bâtiment pas loin du château de la Verrerie et dont le coût approche les 16 millions d’euros.
« Vous avez en face du château un bâtiment que votre majorité a voté, dont on ne connaît toujours pas la destination finale. Il s’appelle Hub & Go », a-t-il lancé, annonçant dans la foulée qu’il voterait contre le rapport.
« Hub & Go est un bel outil », lui a répondu Cyrille Politi, vice-président en charge du développement économique. « Mais il n’a pas vocation à devenir le siège de la CUCM. L’important est de rendre service aux habitants ».
Isabelle Louis a confirmé que cette piste avait été étudiée avant d’être écartée. « Des travaux auraient été nécessaires et les délais sont trop courts », a-t-elle expliqué. Déménager, oui, mais « sans coût supplémentaire ».
Face à la confusion grandissante et à l’enchevêtrement des enjeux, Frédéric Borne, nouveau maire d’Écuisses, a proposé un vote à bulletin secret. Une suggestion immédiatement acceptée par la présidente.
Au terme du scrutin, le rapport regroupant les deux modifications a été adopté par 44 voix contre 24.
Un vote qui règle la procédure. Pas forcément le conflit politique.
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J.B.
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Le rapport en question
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Modification des statuts de la Communauté Urbaine Creusot Montceau
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Lors du Conseil communautaire du 25 juin, la Communauté Urbaine Creusot Montceau (CUCM) a engagé une nouvelle procédure de modification de ses statuts, conformément aux dispositions du Code général des collectivités territoriales et à la suite de l’arrêté préfectoral du 25 octobre 2025 fixant la composition du Conseil communautaire pour la prochaine mandature.
Cette mise à jour statutaire vise à intégrer la nouvelle répartition des sièges entre les communes membres ainsi que la définition d’un nouveau siège social pour la collectivité, dans le contexte du déménagement à venir des services communautaires. Elle s’inscrit dans la continuité des évolutions déjà actées depuis 2016, reflétant l’adaptation régulière de la CUCM à ses compétences, à son organisation et aux exigences réglementaires applicables aux établissements publics de coopération intercommunale.
Une évolution statutaire qui s’inscrit dans l’histoire et la continuité
Créée par décret le 13 août 1970, la CUCM s’est progressivement construite autour d’un projet intercommunal ambitieux, passant de 16 communes fondatrices à 34 communes aujourd’hui, devenant ainsi le territoire de tous les possibles que l’on connait. Cet élargissement, réalisé par étapes entre 2008 et 2017, s’est accompagné d’un renforcement constant des compétences exercées par la collectivité, au rythme des évolutions législatives et des transferts décidés par les communes membres.
Depuis 2016, plusieurs arrêtés préfectoraux sont venus acter les modifications successives des statuts de la CUCM, reflétant l’adaptation continue de l’intercommunalité à son périmètre, à ses missions et à son organisation.
Une nouvelle modification adoptée
Lors de sa séance du 25 juin 2026, le Conseil communautaire a approuvé une nouvelle mise à jour des statuts de la Communauté Urbaine Creusot Montceau. Cette modification répond à deux objectifs majeurs :
- Actualiser la répartition des sièges au sein du Conseil communautaire, conformément à l’arrêté préfectoral du 25 octobre 2025 fixant la composition de l’assemblée pour la prochaine mandature.
- Définir le nouveau siège social de la CUCM, en prévision du déménagement des services communautaires actuellement installés au château de la Verrerie au Creusot, les Ateliers du Jour, 52-56 quai Jules Chagot à Montceau-les-Mines pourraient être retenu.
Un cadre juridique strict et une procédure encadrée
Cette modification statutaire s’inscrit dans le cadre des articles présents dans le Code général des collectivités territoriales, qui définissent le contenu des statuts des EPCI et les modalités de leur évolution.
Ainsi, conformément à la loi, les conseils municipaux des 34 communes membres disposent d’un délai de trois mois pour se prononcer sur cette modification. Sans décision dans ce délai, la modification sera considérée comme acceptée.








