Le chat, la belette et le petit Lapin et l’angioplastie

« Grippeminaud le bon apôtre
Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre. »

Dorénavant et jusqu’à désormais il semble que les patients pour l’angioplastie à l’hôpital de Chalon seront orientés vers Lyon plutôt que Dijon.
C’est ce qu’il ressort d’une intervention du docteur Arnaud Dellinger, le chef du service de cardiologie.

L’Agence régionale de Santé (ARS) s’oppose à l’implantation d’une plateforme d’angioplastie coronaire à Chalon puisque que Mâcon et Dijon disposent des équipements adéquats. Elle prône une collaboration entre tous ces hôpitaux.

Les équipes de l’hôpital de Chalon tiennent à leur service d’angioplastie coronaire car pour eux il s’agit à la fois d’un problème de santé publique tant pour les patients que pour l’avenir même du service de cardiologie du centre hospitalier qui est en danger.

Les hospitaliers sont clairs, les relations entre les différents acteurs au sein de la région ne sont pas respectueuses. De plus les délais au sein de la chirurgie cardiaque, en particulier sur le CHU de Dijon, sont importants, trop.
Ils en tirent la conclusion que cette situation entraîne une réorientation vers Lyon, où les centres de cardiologie travaillent, d’après eux, bien et vite avec des délais courts et pour toute la pathologie concernant la chirurgie cardiaque pouvant être programmée.

On peut se poser la question des interventions urgentes face aux délais reprochés aux autres centres de la région….

Et les politiques ?

Ce type de dossier à la fois technique, organisationnel, sociétal, devient forcément politique, les députés prennent donc position.

Pour eux, Raphaël Gauvain et Rémy Rebeyrotte, il n’y a plus de risque pour Chalon de se retrouver mis en minorité, seul face à Mâcon et Dijon car dans la proposition de l’ARS de mettre en place un Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) en cardiologie entre Chalon, Mâcon et Dijon, il existe à leurs yeux une avancée majeure : l’adoption de seuils d’objectifs (autrement appelé indicateurs décisionnels) au-delà desquels l’autorisation d’ouverture d’une salle d’angioplastie à Chalon sera automatiquement accordée.
Donc il existerait une possibilité d’avoir à court ou moyen terme l’angioplastie à Chalon en jouant le jeu de la coopération.
Pour eux, les quatre seuils déclencheurs restent trop ambitieux. Ils préconisent une action forte à l’égard de la médecine libérale pour orienter vers l’hôpital public les actes de cardiologie, le dialogue, la coopération et pas une stratégie jusqu’au-boutiste risquant de mettre en péril l’hôpital et la population du territoire.

Pourvu que l’ARS Raminagrobis ne joue pas à Grippeminaud le bon apôtre en mettant les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre.

Gilles DESNOIX

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