Qui dit cérémonie d’ouverture d’un championnat du monde de pêche, dit aussi protocole, allocutions officielles et discours aux accents souvent convenus.
Ce mardi soir, à l’Embarcadère de Montceau-les-Mines, ils furent neuf _ élus, représentants institutionnels et présidents des fédérations de pêche _ à se succéder au pupitre. Tous ont tenu à remercier les organisateurs, à dire leur plaisir d’être réunis en Saône-et-Loire, à rappeler que sans les bénévoles rien n’aurait été possible. Tous ont salué Montceau-les-Mines, Monchanin et Saint-Laurent-d’Andenay, devenues pour quelques jours de véritables « ports de pêche » internationaux. Tous ont souhaité que les délégations repartent avec des souvenirs impérissables, qu’elles tombent sous le charme du territoire et, pourquoi pas, qu’elles y reviennent. Tous ont enfin invoqué les mêmes valeurs, l’amitié, la convivialité, le partage… avant de conclure par l’incontournable, « que le meilleur gagne ! »
Difficile, dans ce flot de bonnes intentions et de légitime fierté d’accueillir un championnat du monde, de sortir des sentiers battus.
Une voix, pourtant, a choisi un autre courant. Celle de la sous-préfète et directrice de cabinet du préfet de Saône-et-Loire, Salwa Philibert. Avec une remarque aussi simple que percutante, elle a recentré les regards sur le véritable acteur de ces championnats, « On oublie un partenaire », a-t-elle lancé devant les représentants des quinze nations réunies dans la salle de l’Embarcadère, « le poisson ». Sans poisson, pas de pêche. L’évidence était implacable.
Mais son propos allait bien au-delà de cette évidence. « Sur Terre, le poisson est arrivé avant nous. L’humain n’a été qu’un nouveau venu ». Une réflexion qui donnait de la hauteur à la cérémonie et rappelait que la pêche n’est pas seulement une compétition, mais un héritage multimillénaire, un dialogue permanent entre l’homme et le vivant.
Car pêcher ne consiste pas uniquement à capturer un poisson. C’est accepter le rythme de l’eau, composer avec le silence des berges, faire de l’attente une vertu, de la patience un art et de l’observation une seconde nature. L’univers halieutique est celui où le temps cesse de courir pour se mettre au diapason des remous, des courants et des frémissements de la surface.
Puis la cérémonie a retrouvé son cérémonial. Les quinze nations ont défilé l’une après l’autre sur la scène, portées par les hymnes de leur pays. Les Italiens ont entonné le leur a cappella, bientôt imités par les Polonais puis les Tchèques, offrant quelques instants d’émotion spontanée. Enfin, les premières notes de La Marseillaise ont retenti pour accompagner l’entrée des Bleus, officiellement lancés dans leur championnat du monde.
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J.B.
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