Blanzy – Isovoo n’a rien d’un feu de paille

Se lancer dans les affaires est une aventure. Deux solutions s’offrent à vous, ou vous possédez une belle fortune personnelle ou vous recevez des aides financières des collectivités, à condition, bien entendu que votre projet tienne la route. D’un autre côté, il faudra aussi convaincre les banques. Il faut donc un sacré tempérament pour surmonter les obstacles.

Jean-Baptiste Plénard est passé par-là et à croiser la route notamment de la communauté urbaine Creusot Montceau qui lui a versé une subvention de 55 000 € pour investir dans l’achat des ancien bâtiment Eugène et Deschamp à la Fiolle à Blanzy (juste derrière Michelin) et celle de la Région Bourgogne -Franche-Comté qui lui a accordé une aide de 105 142 € dans le cadre de son projet. Isovoo entrait ainsi dans le cadre de quatre projets en Saône-et-Loire soutenus par le programme d’accélération de l’investissement régional.

Question, les milliers d’euros sont-ils utilisés à bon escient ? « Nous sommes venus voir où va l’argent » explique Jérôme Durain, conseiller régional et président du groupe Notre Région par Cœur accompagné de trois autres conseillers régionaux de Saône et Loire dont Laetitia Martinez.

Jean-Baptiste Plénard a démarré la production en juillet 2021. Avec du bois et de la paille, Isovoo fabrique des modules, des murs de paille. « Nous assemblons des ossatures » dit-il simplement. Une visite de l’atelier permet de comprendre rapidement de quoi il s’agit. C’est l’un des matériaux qui, aujourd’hui, permet d’isoler et construire un bâtiment ou une maison d’habitation, loin de l’image des Trois petits cochons dont la maison de paille ne résiste pas au souffle du loup.

Le bois paille, un marché fertile

Il s’agit donc d’une solution constructive innovante utilisant des matières biosourcées qui allie performance énergétique (résistance thermique très importante, excellent confort d’été, solution isolante anti-canicule), environnementale (bilan carbone négatif de 10kg /m² de mur ou plancher) et économique (réduction par 10 du temps des chantiers).

Basée à Blanzy, Isovoo n’a pas besoin de chercher bien loin sa matière première, à 80% le bois vient du Morvan et la paille de la Nièvre. Les 20%, c’est principalement la Chine et les prix sont à la hausse. « De 120 € le m2, nous sommes aujourd’hui à 170 € » rapporte le jeune patron qui, à ce propos, tire le signal d’alarme. « Il n’existe aucune protection de la production locale ». Les Chinois raflent tout s’indignait il y a peu, Jean-François Sirop (Scierie Sirop Bois à Saint-Berain-sous-Sanvignes).

Ces inquiétudes naturelles n’empêchent pas Isovoo de partir à la conquête de marchés sur un terrain fertile dans le domaine de la transition écologique. « Nous avons pour client la mairie de Toulon-sur-Arroux pour l’isolation de sa salle des fêtes, nous allons réaliser le bâtiment de la communauté de communes à Bourbon-l’Archambault (Allier), nous avons le projet d’un chai (on y stocke du vin) et des maisons individuelles comme à Ecuisses » énumère Jean-Baptiste Plénard. En prévision, l’entreprise blanzynoise compte produire 10 000 m2 d’ossatures bois paille

A ce jour, Isovoo emploie 9 personnes au total dont cinq en production, secteur où « nous comptons arriver à dix fin 2022 et encore davantage en 2023 ». Côté recrutement, le parton loue les services de Pôle emploi et d’AGIRE quand bien même, avoir travailler sur des chantiers est un atout mais « nous formons le personnel » indique-t-il.

Jérôme Durain et les conseillers régionaux sont repartis rassurés. Isovoo n’a rien d’un feu de paille.

Jean Bernard

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