Artisans en colère – Un ras-le-bol général, une centaine d’entreprises au rond-point Jeanne Rose

Ils sont partis en convoi du Creusot ce jeudi matin avant de converger vers le rond-point Jeanne-Rose, à Montchanin, un point stratégique de la RCEA. Près d’une centaine d’artisans du bâtiment et des travaux publics (BTP), venus principalement du Creusot, de Montchanin et des communes environnantes, s’y sont rassemblés pour exprimer leur colère et alerter sur une situation qu’ils jugent de plus en plus intenable.

Sur un tract distribué aux automobilistes, le message est sans détour :

« Artisans citoyens en colère !!!
Trop d’abus, trop de taxes.
Carburants « or » de prix.
Laissez-nous travailler.
Laissez-nous vivre ! »

Derrière les slogans, il y a des entreprises en difficulté, des chefs d’entreprise sous pression et des salariés qui peinent à joindre les deux bouts. Dans une ambiance bon enfant, mais avec une détermination bien réelle, ce sont surtout les patrons et les encadrants qui occupent le rond-point Jeanne Rose. « Les salariés sont au travail pour ne pas pénaliser les chantiers », explique Jocelyn, dirigeant d’une entreprise de plâtrerie, de revêtements et de façades implantée à Montchanin, qui emploie une centaine de salariés.

« Nous sommes là pour dire notre ras-le-bol. Nos structures sont en difficulté ».

Des salariés qui peinent à finir le mois

Au-delà des difficultés rencontrées par les entreprises, Jocelyn décrit une précarité grandissante chez certains de ses salariés. « Au 15 du mois, les frigos sont vides. Les saisies sur salaire sont de plus en plus fréquentes. Depuis septembre, je constate également une augmentation des demandes d’acomptes ».

Un constat préoccupant qui témoigne de la pression financière pesant sur les ménages. Pour ces professionnels, la crise ne se résume pas à des chiffres ou à des courbes d’activité, elle se mesure aussi aux difficultés quotidiennes de ceux qui travaillent, mais ne parviennent plus toujours à vivre dignement de leur salaire.

Le secteur du BTP subit par ailleurs une baisse notable de son activité. A cela s’ajoute l’envolée des dépenses courantes, notamment celles liées à l’alimentation et aux déplacements domicile-travail. « Le coût de la nourriture et celui du carburant pour venir travailler sont exorbitants », déplore Jocelyn. « Certains de mes gars ont du mal à venir travailler pour ces raisons ».

« Les pouvoirs publics font fausse route »

Pour Jocelyn et ses collègues, la fiscalité sur les carburants est devenue l’un des symboles d’un système qui étouffe progressivement les professionnels. « Les pouvoirs publics font fausse route quand ils refusent de baisser les taxes sur le carburant », estime-t-il. Et ce n’est, selon lui, qu’une partie du problème. « On pourrait en parler des heures ».

Derrière cette mobilisation, c’est donc un malaise plus profond qui s’exprime, celui d’artisans qui ont le sentiment de travailler toujours davantage pour faire face à des charges toujours plus lourdes, sans parvenir à retrouver de visibilité ni de sérénité pour leur entreprise.

Un avertissement, pas un simple coup de colère

Sur le rond-point Jeanne Rose, ces chefs d’entreprise ne sont pas venus simplement manifester leur mécontentement. Ils veulent être entendus, obtenir des réponses et surtout voir leurs revendications prises au sérieux. Ils attendent également un soutien plus affirmé de leurs fédérations professionnelles, auxquelles ils demandent de « faire le nécessaire » pour porter leur voix auprès des pouvoirs publics.

Le message est clair, cette mobilisation pourrait n’être qu’une première étape.  » Ce n’est qu’un début », préviennent-ils.

Car derrière ces artisans en colère, ce sont des entreprises locales, des emplois et toute une activité économique qui sont fragilisés. Lorsque les professionnels du bâtiment commencent à vaciller, les conséquences dépassent largement les portes de leurs ateliers et les limites de leurs chantiers.

Dans le BTP, quand le bâtiment va mal, c’est tout un pan de l’économie locale qui menace de s’enrayer. Et cette fois, les artisans entendent bien ne plus rester silencieux.

J.B.

 

Les commentaires sont fermés.