Saint-Eusèbe – Les chauffeurs prennent « le risque » de venir à l’APTH

Sur vingt-quatre hectares de terrain, un lieu unique en Europe se dresse sur la commune de Saint-Eusèbe, le centre technique APTH. Découverte. 

 

Géographiquement, il est idéalement situé, tout proche de la RCEA et de la gare TGV. Le centre technique APTH (Association Prévention Transports Hydrocarbures), est essentiellement réservé aux professionnels de la route, les chauffeurs poids lourds, autocars et même des véhicules utilitaires légers. Forcément, le particulier, même s’il connaît de nom, et encore, il en ignore probablement l’activité.

Même le sous-préfet d’Autun, Eric Boucourt, a découvert avec beaucoup d’intérêt les lieux, allant jusqu’à prendre le volant d’un Scania de 420 CV pour se faire une idée précise du comportement d’un tracteur au freinage sur piste mouillée.

A Saint-Eusèbe, sur la zone artisanale du Monnay, à proximité de la société Lamberet, l’ATPH s’étale donc sur vingt-quatre hectares de terrain, des locaux et surtout une piste où les stagiaires, à raison de 30 000 par an, de France, d’Europe et de plus loin, se forment en sécurité des transports. Un hôtel-restaurant, Le pré au bois, intègre le centre (juste au-dessus) et héberge les stagiaires. Pas plus pratique. Désormais, il est même ouvert aux particuliers et aux entreprises.

Un centre unique en Europe (il en existe un second en Pennsylvanie, USA), qui « apporte une énorme valeur ajoutée au département » rappelait Jean-François Guillard, délégué régional APTH au sous-préfet très à l’écoute. Il a été créé en 1975 à l’initiative des pétroliers dans le but d’assurer la sécurité des transports de matière dangereuse. « Nous les faisons toutes, sauf le nucléaire » précisait à toutes fins utiles, Jean-François Guillard.

Le but, en fin de compte, en suivant un stage (1 ou 2 jours) au centre APTH, « est de prévenir, c’est-à-dire que le chauffeur, en toutes circonstances, maîtrise son véhicule » indiquait Thierry Jullien, responsable du site à Saint-Eusèbe. « Nous faisons passer un seul message: pour anticiper sur les routes, il faut prendre de la distance ». L’image de camions qui se suivent sans observer la distance réglementaire sur autoroute nous saute aux yeux. Un cas de freinage brutal…

Sur les 4 kilomètres de piste, les stagiaires sont confrontés à 10 types d’exercice dont l’atelier rond point et le cas extrême du renversement. Le véhicule est spécialement équipé comme le vélo d’un enfant avec les roulettes sur le côté. Et même à vitesse très faible, en fonction du rayon de courbure, le camion peut basculer.

Un autre atelier reproduit l’éclatement d’un pneu, encore un autre une pente glissante à 9% avant d’enchaîner un virage à 90o. Nombreux sont ceux qui tirent tout droit! « Alors qu’il suffit de lever le pied, ne pas freiner et ça passe » disait avec le sourire Thierry Jullien.

Vous l’avez compris, le centre technique APTH, n’est pas une piste d’essai pour poids lourds en furie. Il forme les chauffeurs à la sécurité, à la prévention, à développer plus qu’une aptitude, une attitude.

Jean Bernard

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