Joueurs, dirigeants, bénévoles, partenaires, supporters et amis du Football Club Montceau ont traversé une semaine de profonde tristesse après la disparition brutale de Martial Beaucaire.
Et pourtant, malgré le chagrin, la vie a continué. Il a fallu se retrouver, reprendre le chemin du stade et tenter de faire vivre, sur le terrain, ce qui rassemble depuis toujours la grande famille du FCMB, la passion du football, l’amitié et la solidarité.
Ce mois d’octobre, consacré à la prévention du cancer du sein, ne sera désormais plus tout à fait comme les autres. Le rose, cette couleur qui illumine ici et là les manifestations organisées dans les villes du Bassin minier, portera aussi, pour le FCMB, le souvenir d’un homme qui a tant compté.
Car on se souviendra longtemps de ce samedi 17 octobre 2026. Ce jour-là, Martial Beaucaire aurait fêté ses 52 ans. Le soir même, aux Alouettes, le FCMB recevait en championnat la formation de l’EF Villages, dans une rencontre placée sous les couleurs d’Octobre Rose.
Mais ce match allait prendre une tout autre dimension.
Comme si le destin avait voulu écrire une page particulière de cette histoire, c’est Yanis Beaucaire, son fils, capitaine de l’équipe, qui a ouvert le score dès la 5e minute.
Un but. Un instant. Une émotion immense.
Difficile, à cet instant, de ne pas penser à Martial, surnommé Buck, et à ce lien indéfectible qui unit un père à son fils. Aux Alouettes, ce soir-là, le football dépassait largement le cadre du jeu. Chaque regard, chaque applaudissement, chaque encouragement semblait porter une pensée pour celui qui manquait cruellement à l’appel.
Malgré la tragédie qui a frappé sa famille, la communion fut totale entre les joueurs, le public et les supporters. Dans les tribunes comme sur le terrain, tous étaient réunis par la même peine, mais aussi par le besoin d’être ensemble, de se soutenir et de faire bloc autour de Yanis et des siens.
Le match s’est poursuivi, avec cette intensité particulière des moments où le sport devient bien plus qu’un sport. Et, comme prévu, la soirée s’est prolongée par la vente aux enchères des maillots des joueurs, au profit de la Ligue contre le cancer.
Là encore, la solidarité a parlé.
Du numéro 1 au numéro 14, chaque maillot a trouvé preneur, avec une mise de départ fixée à 30 euros. Certains joueurs ont eux-mêmes participé aux enchères, désireux de conserver leur tunique. Une offre est même arrivée de l’île de Ré, portée par un collectionneur passionné de maillots roses, qui en possède plus de 800. Plusieurs enchères ont atteint, voire dépassé, les 300 euros.
Un maillot, pourtant, ne pouvait être mis aux enchères.
Celui de Yanis Beaucaire. « Il n’est pas à vendre », a précisé Nicolas Flèche, le coprésident du FCMB. Ce maillot du capitaine, frappé du numéro 5, lui a été offert par sa famille et ses amis. Il restera le sien, chargé de souvenirs, d’émotion et de tout ce que les mots ne suffisent pas toujours à exprimer.
Extrêmement touché par cette marque d’affection, Yanis a simplement dit « merci », avec un sourire qui en disait long. Un merci pudique, sincère, adressé à tous ceux qui étaient là, à tous ceux qui l’entouraient et qui, le temps d’une soirée, ont partagé un peu de sa peine.
Puis il a lancé un appel, comme une promesse tournée vers l’avenir, « Revenez le samedi 7 novembre, pour le match contre le FC Gueugnon, et qu’on lui fasse un vrai au revoir ».
Un souhait simple, bouleversant, qui résume à lui seul l’esprit de cette soirée.
Car au-delà du résultat, des buts et des enchères, chacun retiendra de ce samedi 17 octobre 2026 qu’une présence manquait aux Alouettes, mais que l’amour, lui, était partout.
Ce soir-là, aux Alouettes, une ombre a plané sur le stade. Mais cette ombre n’a pas éteint la lumière. Elle a porté Yanis, ses coéquipiers et toute une famille du football vers la solidarité, le partage et la victoire.
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J.B.
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