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Pendant des années, il aura incarné la voix discordante dans l’hémicycle municipal. Au conseil municipal de Saint-Vallier, Denis Beaudot fut l’opposant le plus constant face au maire Alain Philibert. Une opposition frontale, souvent vive, parfois rugueuse. Et rarement accueillie avec courtoisie par l’édile, peu enclin à tolérer la contradiction. A Saint-Vallier, dénoncent certains élus minoritaires, les idées du maire ont trop souvent été les seules à compter.
« J’ai vécu une opposition très dure sous ce dernier mandat », confie Denis Beaudot. Une expérience qui explique en partie sa décision de ne pas repartir à la conquête de la mairie lors des prochaines municipales. « Ce n’est pas par manque de conviction politique. Mais d’autres échéances arrivent. Et puis ma vie professionnelle a évolué _ je suis désormais salarié dans une commune voisine _ je n’avais plus vraiment la tête à cela ».
Opposant numéro un d’Alain Philibert depuis 2008, Denis Beaudot dit avoir observé, mandat après mandat, la perte d’élan de sa commune. Selon lui, Saint-Vallier s’est progressivement installée dans une forme d’immobilisme. « La ville est devenue un poids mort, sans grandes ambitions. Quand certains en montrent, on les décourage et ils partent ailleurs. L’Abreuv’Art des Galipotes a rejoint Sanvignes et Gilles Galera a rebondi à Blanzy ».
Pour autant, l’ancien chef de file de l’opposition ne quitte pas totalement la scène politique locale. A l’approche des élections municipales, il a choisi de soutenir la candidature de Samuel Brandily. « Son programme se rapproche beaucoup de ce que nous voulions faire », explique-t-il.
Et chez les Beaudot, la page n’est pas complètement tournée. Car si Denis se met en retrait, Valérie, son épouse, a décidé de prendre le relais. Elle sera aux côtés de Samuel Brandily dans la bataille électorale.
« Depuis des mois, des gens appelaient Denis pour qu’il constitue une liste. Il a toujours refusé. Puis il y a eu les vœux d’Alain Philibert… » raconte-t-elle. Un moment qui a visiblement fait basculer sa décision. « Je n’ai pas compris pourquoi les gens l’applaudissaient. Et lui en rajoutait, encore et encore, jusqu’à verser une petite larme. En rentrant chez moi, je me suis dit : ce n’est pas possible ! »
Lorsque Samuel Brandily lui a confié qu’il cherchait une femme pour occuper la deuxième place de sa liste, la réponse a été immédiate. « Je lui ai dit : eh bien cette femme, c’est moi ».
Un engagement qui, assure-t-elle, est à la hauteur de l’attachement qu’elle porte à sa ville : immense.
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J.B.



