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Une commune, deux listes et, dimanche 15 mars au soir, un seul vainqueur. A Ciry-le-Noble, qui du maire sortant Alain Robert et de sa liste « L’élan continue », ou de Serge Feduzi avec « Ciry, ensemble le noble choix », l’emportera lors des élections municipales ?
A distance, les deux équipes se livrent une bataille sans merci. Après cinq années passées dans la majorité municipale, Serge Feduzi, adjoint au maire chargé des travaux, a choisi de reprendre sa liberté. « Je ne trouvais plus ma place », confie-t-il vendredi soir à la salle des associations, à l’occasion de sa dernière réunion publique.
Pendant près d’un an, le candidat dit avoir arpenté le terrain, multipliant les rencontres avec les habitants avant de constituer sa liste. On y retrouve notamment plusieurs conseillers municipaux sortants. Au cœur de son projet : la participation citoyenne. « Nous devons davantage échanger avec les habitants, mettre en place des référents par quartiers. On ne peut pas rénover un bâtiment sans vous en parler », insiste-t-il.
Hier soir, Serge Feduzi et son équipe ont dévoilé les grandes lignes de leur programme.
Mais avant cela, la réunion se voulait avant tout un moment d’échange. Les habitants ont pris la parole. Le ramassage des déchets a rapidement été évoqué, se rendre aux conteneurs n’est pas toujours simple. « Le porte-à-porte, c’est terminé… ou alors il faudrait accepter une hausse de 30 % par habitant », rappelle Denis Christophe, conseiller municipal sortant et conseiller communautaire.
Dans la salle, certains habitants élargissent le débat. « De la ruralité, on n’en parle pas beaucoup », lance l’un d’eux. « Pas plus que de l’entretien de la Bourbince ou de la voirie », renchérit-il. Autant de préoccupations très concrètes. « Que font la CUCM, VNF et le syndicat Arroux-Bourbince ? »
Les écoles figurent également parmi les sujets sensibles. Les effectifs sont en baisse, tant au bourg qu’à Rozelay. « Il faut s’attendre à une fermeture de l’école de Rozelay en 2027 », avance Serge Feduzi. A moins que la rénovation de neuf habitations par Habellis ne permette l’arrivée de nouveaux habitants. « Avec l’affaire de la ferme-insertion et la mise à pied des professeurs des écoles à Chapuis, nous devons redorer l’image de nos écoles », estime-t-il.
La question énergétique n’est pas en reste. La loi Élan impose aux communes de réduire leur consommation d’énergie de 40 % d’ici 2030. « La rénovation de l’école Chapuis représenterait un coût de 1,4 million d’euros. C’est une somme importante qui pèsera sur nos investissements », souligne-t-il. Parmi les pistes envisagées figurent l’installation de panneaux photovoltaïques sur les vestiaires du football ou encore la récupération des eaux de pluie du toit de la salle des fêtes pour alimenter les sanitaires.
Autre préoccupation, l’entretien des bâtiments communaux. « Ciry manque de personnel. Deux agents partiront à la retraite en 2027 et ne seront pas remplacés », indique Denis Christophe.
Sur la sécurité, Serge Feduzi se dit favorable à une mutualisation d’une police municipale avec les communes voisines.
Les associations, au nombre de vingt-deux, occupent également une place importante dans la vie locale. « Nous irons à leur rencontre ». Certaines, comme l’ASC football, traversent des difficultés. « Les subventions devront s’appuyer sur un bilan comptable clair ».
La Briquetterie s’invite également dans le débat. « Elle appartient à la CUCM mais coûte chaque année 15 000 euros à la commune pour seulement deux mois d’utilisation. La communauté urbaine devra prendre sa part », estime le candidat.
La question de la santé n’est pas éludée. « Les médecins ne vont pas tomber du ciel », prévient-il. Serge Feduzi évoque un projet de téléconsultation porté par des infirmières libérales, proposé en 2024 au maire Alain Robert. « Il n’a pas donné suite. Nous le mettrons en place », assure-t-il, tout en rappelant que la commune dispose encore d’un médecin.
Autre réflexion, l’avenir du bâtiment Agri Sud-Est, propriété de la commune. Le projet envisagé mêle restauration, marché de producteurs et salle de réception. Le candidat souhaite également repenser l’aménagement du centre-bourg. « Mais rien ne se fera sans les habitants. Leur avis sera toujours demandé ».
Parmi les aménagements plus modestes, mais jugés nécessaires, la rénovation des toilettes publiques du bourg et du cimetière, ainsi que la création de sanitaires à Rozelay.
La soirée s’étire. Les discussions se prolongent. « Il y aurait tant de choses à dire et à faire », reconnaît Serge Feduzi. Avant de conclure, presque comme un appel, « c’est à vous de décider pour que les choses changent ».
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J.B.
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