
Mobilisation lycéenne, Clément Mugnier appelle à soutenir les jeunes et à repenser le maintien de l’ordre.
Communiqué – Depuis plusieurs jours, des lycéens se mobilisent partout en France pour obtenir des moyens pour leurs établissements. Clément Mugnier, conseiller municipal de Chalon-sur-Saône (groupe Chalon en commun) et conseiller communautaire du Grand Chalon, apporte son soutien à cette mobilisation et appelle à une égale fermeté face aux violences, d’où qu’elles viennent.
« Réclamer des moyens pour l’école républicaine, c’est juste. Des bâtiments vétustes, des équipes à bout, des élèves qui ne se sentent pas en sécurité dans leur propre lycée, ce n’est pas acceptable. Ce combat est aussi le nôtre, et je le soutiens sans réserve, y compris lorsque la mobilisation est spontanée. »
Ce jeudi matin, le lycée Nelson-Mandela de Nantes a été touché par un incendie en marge d’une manifestation lycéenne. « Quelle qu’en soit l’origine exacte, voir partir en fumée un lycée est absurde, car c’est précisément ce que ces jeunes demandent de protéger. Les violences urbaines desservent la cause qu’elles prétendent servir, et de nombreux lycéens l’ont dit eux-mêmes en se désolidarisant des casseurs. »
Clément Mugnier met en garde avec la même fermeté contre une réponse indifférenciée de l’État. « Face à des cortèges composés en grande partie de mineurs, réprimer à l’aveugle est une faute. C’est prendre le risque de transformer une première expérience politique en défiance durable envers nos institutions. »
Pour Clément Mugnier, ces journées posent une question de fond. En Allemagne, depuis la décision Brokdorf rendue par la Cour constitutionnelle fédérale en 1985, la police est tenue à une obligation de communication et de coopération avec les manifestants. En Suède, depuis les affrontements du sommet de Göteborg en 2001, des policiers dédiés au dialogue font le lien entre les manifestants et le commandement. Ces pays interpellent les auteurs de violences, mais de manière ciblée, sans traiter l’ensemble d’un cortège en suspect.
« La désescalade n’est pas le laxisme. C’est une méthode qui protège à la fois les manifestants, les policiers et les bâtiments publics. La France n’a pas pris part au projet européen qui a diffusé ces pratiques entre 2010 et 2013. Il est temps d’ouvrir ce débat sereinement. »
Trois propositions
1. Inscrire dans le schéma national du maintien de l’ordre des dispositions spécifiques aux manifestations de mineurs, qui se déroulent souvent sans organisateur déclaré ni service d’ordre.
2. Généraliser la présence d’agents identifiables chargés du dialogue avec les manifestants, avant et pendant les rassemblements.
3. Conduire et rendre public un retour d’expérience sur la gestion du mouvement lycéen actuel, en s’appuyant notamment sur l’étude consacrée à la désescalade publiée en 2021 par la Défenseure des droits.


