Communiqué de l’Institut d’Histoire Sociale (CGT) – Le 15 septembre 2025, il y a un peu plus d’un an, décédait Roger JOLY, figure emblématique de notre Cgt en bassin montcellien !
Tour à tour -ou en même temps- résistant, mineur, militant Cgt, cafetier au célèbre Café Joly à deux pas du Syndicat des mineurs, rue Jean Jaurès à Montceau-les-Mines.
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Nous vous proposons de lire ci-dessous l’hommage prononcé pour ses cent ans célébrés lors du Congrès de l’UD/Cgt71, les 15 et 16 mai 2025.
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Hommage à Roger JOLY Congrès UD CGT 71, 15 et 16 mai 2025
Il y a tout juste 100 ans, le 16 mai 1925, naissait Roger JOLY. Fils et petit-fils de mineur, il grandit dans le bassin minier. Presque toute la famille travaillait à la Compagnie des mines de Blanzy. La mine était toute puissante. L’injustice régnait, son père était « marqué au rouge » car il refusait d’aller à la messe… Durant la seconde guerre mondiale, le patronat minier mit rapidement les mineurs au travail pour l’occupant allemand qui fit régner la terreur sur le bassin minier avec la complicité active du régime de Vichy. C’est à ce moment-là, que Roger devint un rebelle et qu’il s‘engagea dans la Résistance. Il participa activement au maquis de Collonges-en-Charollais, aux sabotages, à la bataille de Cluny ; puis avant la libération de Montceau-les-Mines le 6 septembre 1944, aux batailles de Génelard et de Galuzot. Après cette période, il s’engagea au 5ème régiment de dragons dans les Alpes jusqu’en 1947.
Il débute sa carrière à la mine en 1957 et travaille comme colonniste pendant 23 ans aux puits Plichon et Darcy. Cette même année, il acheta le café rue Jean Jaurès, à côté du Syndicat des mineurs, « l’annexe du syndicat » comme on l’appelait, endroit de rencontre par excellence des militants mineurs, de l’UL ou de l’UD : on y causait beaucoup, c’était devenu un lieu de vie, d’échanges et de débats, de circulations des informations, sous l’attention bienveillante de Roger et de son épouse Juliette. Ils partageaient tous les combats des mineurs : « Les jours de grèves, non seulement on ne payait pas nos consommations, mais on repartait avec des sous pour la collecte des grévistes… »
Roger aimait bien plus que de raison son pays. Une petite anecdote : un jour un gars, debout au comptoir et qui dégustait un verre de Côte du Rhône, lui dit qu’à la retraite, il voulait s’installer dans le midi. Roger lui répond avec son humour particulier : « Pourquoi, y’a pas de cimetières là-bas ? » L’autre répond goguenard : « Ben, si… » Et Roger assène alors le coup de grâce : « Alors, si y’a des cimetières, y’est pas mieux qu’au Montceau, reste don là !»
Autre anecdote : c’était le 31 juillet 2014. Roger appelle deux de ses camarades, le Cobus et le Robert, et leur dit : « Vous savez les copains, aujourd’hui c’est le centième anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, il est venu 2 fois à Montceau au Syndicat des mineurs, il faut faire quelque chose. » Ni une ni deux, nos trois compères se dirigent vers le Syndicat déserté ce jour-là, ils montent au 1er étage, ouvrent la fenêtre du balcon, et là, Roger hisse avec fierté le drapeau rouge sur la façade…
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Après la fermeture de son café en 2006, Roger ne va pas rester inactif : il rejoindra l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la résistance) du Bassin minier dont il deviendra le président. Malgré le poids des ans, il ne refuse jamais de partager son parcours de résistant avec la jeunesse ; il s’adonne avec application au devoir de mémoire ; et encore aujourd’hui à l’EPHAD des Jardins de Médicis où il réside, il continue de témoigner avec les jeunes des lycées. S’il est des distinctions bien méritées, c’est bien le cas pour Roger, qui a reçu la médaille de chevalier de la Légion d’honneur des mains du préfet de Saône-et-Loire en décembre 2024, qui reconnaît ainsi le parcours de vie étonnant de ce résistant, mineur, syndicaliste et cafetier.
Adhérent à la CGT depuis 1947, notre syndicat Mines-Énergies CGT 71 lui a remis sa 77ème carte syndicale. De la chambre de son EHPAD, s’il n’était pas malvoyant, il pourrait apercevoir la façade du Syndicat des mineurs et son café, lieux qu’il a tant aimés. Il n’y a pas si longtemps, il passait encore voir les copains, faisait son tour de marché pour y acheter son fromage de chèvre. Roger est une figure de la mine, une figure de Montceau-les-Mines, le témoin d’un monde qui n’existe plus, qui n’existera plus, mais lui, il existe !
Merci Roger pour tout ce que tu as accompli et joyeux anniversaire.
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Pour mieux faire connaitre Roger, son histoire et celle de son café, mais aussi celle de Juliette, son épouse, Jean-Paul FOSSIER (décédé depuis en février 2025 ) publiait en 2014, avec l’aide de l’Institut d’Histoire Sociale Mines Énergies, le Syndicat des mineurs de Montceau-les-Mines et le Syndicat Mines Énergies/Cgt71, un ouvrage intitulé: « Le soleil est nouveau tous les jours ». Cet ouvrage est composé de trois chapitres de récits de mineurs par ordre de lecture : Le café Joly, Les deux frères, Ma lampe à flamme.
Nous vous proposons de découvrir en pièce jointe le début du chapitre consacré à Roger JOLY.
C’est l’occasion d’indiquer qu’il reste au Syndicat des mineurs un certain nombre d’exemplaires papier des Tomes 1 et 2(*) « Le soleil est nouveau tous les jours ».
Ils sont devenus… « gratuits », sauf, éventuellement, avec un don pour notre IHS !
N’hésitez à les demander auprès des mineurs CGT ou auprès de l’IHS71 !
D’ailleurs, les deux tomes pourront aussi être donnés à l’occasion de la prochaine conférence/exposition sur les 80 ans des nationalisations de l’électricité, du gaz et de la mine qui aura lieu le vendredi 13 novembre 2026 à 17h au Syndicat des mineurs !
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* Le tome 2 s’intitule « Récession et reconversions » et retrace les récits de trois mineurs militants Cgt, reconvertis professionnellement vers EDF suite à une convention signée en 1984 entre Charbonnages de France et EDF-GDF sur fond de déclin programmé de la production de charbon.
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