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Il y a parfois des assemblées générales qui dépassent largement le cadre administratif auquel elles sont destinées. Celle du Foyer des Jeunes Travailleurs de Montceau-les-Mines, mardi, était de celles-là.
Derrière les chiffres, les budgets et les rapports d’activité, c’est une véritable réflexion sur la place des jeunes dans notre société qui s’est exprimée par la voix de son président, Éric Meny. Une conviction traverse l’ensemble de son intervention, « le logement n’est pas seulement un toit, c’est un point d’ancrage, un outil d’émancipation, un levier d’insertion sociale et professionnelle ».
Dans un contexte où l’accès au logement devient chaque année plus difficile, où les parcours de vie se fragilisent et où les inégalités se creusent, le rôle du FJT apparaît plus essentiel que jamais. Le taux d’occupation de 100 % enregistré en 2025 ne relève pas de la performance statistique. Il révèle surtout l’ampleur des besoins.
Car derrière chaque chambre occupée, il y a un jeune en formation, un salarié précaire, une personne en transition ou parfois en rupture. « Accueillir, accompagner, soutenir des jeunes dans leur parcours de vie n’est pas une mission secondaire, c’est une nécessité sociale », a rappelé le président.
L’année 2025 restera comme une année charnière. Une année de décisions parfois difficiles, de débats parfois vifs, mais surtout d’engagement collectif autour d’un projet majeur : le déménagement du foyer vers de nouveaux locaux au foyer Henri Malot.
L’acte définitif de vente n’est pas encore signé, mais devrait l’être prochainement (lire plus bas). Cette étape constitue un tournant décisif pour l’association. Car il ne s’agit pas simplement de changer de bâtiment.
« Le projet de nouvelle résidence n’est pas un simple projet immobilier. C’est un choix politique au sens noble du terme, celui de répondre aux besoins du territoire et de construire des solutions durables pour les jeunes ».
Cette phrase résume à elle seule l’esprit qui a guidé les responsables du FJT tout au long de l’année. Études techniques, montages financiers, négociations, recherche de partenaires, le travail a été considérable. Avec parfois des divergences, notamment autour du partenariat avec l’OPAC. Mais la ligne est restée la même, « ne pas perdre de vue l’essentiel » et rester fidèles à la mission d’origine.
Pour permettre cette nouvelle étape, les collectivités du bassin minier ont choisi de prendre leurs responsabilités. Sur les 295 000 euros restant à financer, une répartition a été proposée entre les quatre communes selon leur poids démographique : 47,15 % pour Montceau-les-Mines, 23,88 % pour Saint-Vallier, 16,97 % pour Blanzy et 12,02 % pour Sanvignes-les-Mines.
Au-delà des montants, cette mobilisation traduit une prise de conscience, le maintien d’un outil d’accompagnement des jeunes n’est pas seulement l’affaire d’une association, mais celle de tout un territoire.
Reste une réalité plus préoccupante encore, celle du modèle économique.
Le bilan financier 2025 se clôt sur un déficit de 48 336 euros. Un chiffre qui, pour Éric Meny, ne traduit pas une mauvaise gestion mais une contradiction de plus en plus difficile à ignorer.
« Ce déficit n’est pas un accident. Il n’est pas le signe d’une mauvaise gestion. Il est le symptôme d’un décalage politique, le décalage entre ce que la société attend de nous et les moyens qu’elle nous donne pour y répondre ».
Le constat est sévère mais argumenté. L’activité progresse fortement, les besoins augmentent, l’accompagnement se complexifie. Dans le même temps, les subventions diminuent, tandis que les charges explosent sous l’effet de l’inflation, des coûts énergétiques et de la fragilité croissante des publics accueillis.
« Nous faisons plus pour plus de jeunes avec moins de moyens ».
Le président refuse cependant toute posture alarmiste. Les fonds propres demeurent solides et la gestion reste rigoureuse. Mais il met en garde contre une tentation récurrente : considérer les associations comme des amortisseurs permanents des difficultés publiques. « Le FJT n’est pas un fusible. C’est un service public de fait, et il doit être traité comme tel ».
Toute la portée politique du discours est là. Le FJT ne demande pas une faveur, mais une cohérence. La reconnaissance d’une utilité sociale que chacun constate quotidiennement.
Chaque jeune accompagné, stabilisé, orienté vers l’emploi ou la formation représente autant de ruptures évitées, autant de situations d’urgence prévenues, autant de coûts sociaux évités pour la collectivité.
« Nous produisons de la stabilité, de la sécurité sociale, de l’insertion. C’est un investissement, pas une dépense ».
En cette année 2026, l’association aborde donc une année décisive. Il faudra finaliser le projet Henri Malot, organiser le déménagement, sécuriser l’équilibre financier et réussir la transition vers un nouveau fonctionnement. Mais l’essentiel est ailleurs. Il réside dans cette volonté affirmée de défendre une certaine idée du logement et de l’accompagnement des jeunes.
« Nous ne sommes pas une simple structure de gestion. Nous sommes une association, avec des valeurs, une histoire, une mission ».
Dans une époque où les fragilités sociales s’accumulent, cette mission apparaît plus que jamais comme un enjeu d’intérêt général. Le FJT de Montceau ne revendique pas seulement un nouveau bâtiment. Il rappelle qu’offrir un toit à un jeune, c’est souvent lui offrir une perspective.
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J.B.
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L’incertitude demeure
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Logiquement la signature de l’acte authentique doit intervenir au plus tard le 15 juillet prochain. Mais le président Eric Meny reste prudent « cela fait cinq ans que ça dure » que les uns et les autres cherchent un nouveau point de chute pour le FJT.
Il est vrai aussi que si Montceau et Blanzy ont joué le jeu dans leur participation financière, les commune de Saint-Vallier et Sanvignes n’ont pas respecté le deal, ce que leur reproche Eric Meny.
Catherine Matrat, conseillère municipale de Saint-Vallier a bien tenté de prêcher pour sa paroisse mais elle a très vite compris qu’elle faisait fausse route. ‘ »Elle a manqué une occasion de se taire » dira après coup une personne présente à l’assemblée générale. Il fallait trouver 300 000 €.
Eric Meny a rappelé la discussion avec Alain Philibert, maire de Saint-Vallier qui dans un jour de grande largesse lui a promis une participation de 80 000 €.
En fin de compte, Montceau va apporter 150 000 €, Blanzy 51 000 €, Sanvignes et Saint-Vallier se partager 60 000 € et il manque 30 000 € que devrait régler la CUCM. L’idée était de répartir la somme de 300 000 € au prorata de la population des quatre villes.
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