Montceau – La Vigie veut jouer les « poils à gratter » de la majorité municipale

Frustrés, déçus, les membres du collectif Cap 2026, qui a désormais pris le nom de La Vigie, « pour garder une connotation maritime », explique Catherine Ravier, ne manquent pas de mots pour dire leur désarroi depuis l’élection à la mairie de Montceau-les-Mines d’Isabelle Louis et de son équipe.

Ils sont de gauche, comme l’est la majorité municipale. Mais, à leurs yeux, la comparaison s’arrête là. Six mois après les élections municipales, la déception est profonde et le constat sévère.

Cap 2026 et La France insoumise n’ont pas franchi le cap du second tour. Mais pas question pour autant de disparaître du paysage politique local. « Nous avons choisi de poursuivre. Nous avons envie de mettre notre grain de sel parce que Montceau, c’est notre ville », souligne Catherine Ravier, qui conduisait la liste.

« Il ne se passe rien »

Que constate La Vigie ? D’abord, l’immobilisme. « Il ne se passe rien depuis six mois. Il y a comme une chape de plomb qui s’est abattue sur Montceau », estime Catherine Ravier. Pour elle, le recours visant à faire annuler l’élection « a peut-être empêché l’équipe municipale de s’exprimer ».

Mais désormais, le collectif attend des actes. « Il est temps que Montceau Autrement fasse autrement ».

A La Vigie, on aurait aimé voir une mesure forte dès la rentrée. « Nous, dans notre programme, nous avions prévu d’aider les familles pour les achats scolaires, de faire davantage pour la population ». Un choix que le collectif revendique comme un marqueur de gauche.

Stéphane Brun, lui, ne mâche pas ses mots. « Nous n’avons entendu que des pleurs, les archives détruites, il n’y a plus de sous…  » Et d’ajouter à cette liste la démission du premier adjoint, Éric Commeau, qu’il juge « surprenante », ainsi que le recul sur le projet de crématorium, « sans explications ni aucune transparence ».

Pour La Vigie, la question tient finalement en une formule : « Si on s’appelle Montceau Autrement, on fait autrement ».

« Nous savions que les finances étaient difficiles »

Le collectif s’est également penché sur le fascicule édité par la nouvelle majorité, Comprendre le budget de la ville, qui présente une situation financière particulièrement contrainte.

« Nous le savions, nous n’apprenons rien. Nous attendons des solutions, mais ce ne sont que des pleurs, des cris au loup », constate Stéphane Brun.

Autre sujet d’agacement, les relations avec le monde associatif. La Vigie affirme que les courriers adressés par les associations restent sans réponse. Un courrier envoyé le 7 juillet serait ainsi toujours en attente.

« Le monde associatif devait être reçu par l’adjoint, Gauthier Seguin, qui semble seulement atterrir », ironise Stéphane Brun.

Services publics : le silence qui interroge

Sur la restauration scolaire et l’arrivée d’un nouveau prestataire, le collectif se montre moins critique. Le dispositif semble même faire l’unanimité. Mais La Vigie souhaite savoir ce qui se trouve dans les assiettes, quels produits sont utilisés ? D’où proviennent-ils ? Autant de questions auxquelles ses membres aimeraient obtenir des réponses.

Car, au-delà des dossiers, c’est surtout le manque d’information qui nourrit leur critique de l’équipe d’Isabelle Louis.

Le collectif cite notamment la fermeture du guichet de la gare SNCF de Montceau-les-Mines. « Personne ne dit rien alors qu’il s’agit de la destruction des services publics », dénonce-t-il.

Ni dans la majorité, ni dans l’opposition

Six mois après l’élection, La Vigie ne se reconnaît donc ni dans la majorité municipale, ni dans les oppositions en place. « Nous sommes très déçus ».

Pour autant, le collectif n’entend pas rester spectateur. La Vigie revendique désormais un rôle d’observateur attentif, voire de contre-pouvoir local.

« Nous sommes dans le rôle du poil à gratter », résume Catherine Ravier. Une posture assumée, d’autant que, précise-t-elle, « nous avons toujours des échanges avec LFI ».

Une chose est certaine, La Vigie entend rester aux aguets. Sur les décisions, les silences, les renoncements comme sur les engagements de la nouvelle municipalité, le collectif promet de regarder, questionner et interpeller.

A Montceau-les-Mines, La Vigie veille, surveille et observe.

L’arrivée d’Isabelle Louis n’a pas fait que des heureux.

J.B.

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