Montceau – La citoyenneté ne se décrète pas, elle se construit

Ils n’ont peut-être pas compris immédiatement le sens de cette rencontre réunissant notamment les sapeurs-pompiers et la police. Mais, au fil de l’après-midi, les jeunes du quartier du Plessis, à Montceau-les-Mines, ont rapidement assimilé le concept imaginé, pour la deuxième année consécutive, par Sabrina Barat et son association Place à l’action.

L’objectif n’était pas simplement de déguster une barbe à papa ou de repartir avec quelques cadeaux. Derrière l’aspect festif se cachait une ambition bien plus profonde, apprendre à regarder autrement celles et ceux qui portent un uniforme.

Un sapeur-pompier n’intervient pas uniquement au Plessis pour éteindre des feux de poubelles ou des voitures incendiées. De la même manière, les policiers ne sont pas présents uniquement pour verbaliser les défauts de permis, sanctionner les rodéos urbains ou rappeler les règles de circulation des trottinettes dans les rues piétonnes montcelliennes.

Au fond, cette initiative rappelle une évidence que l’on oublie parfois, la citoyenneté se construit dans la rencontre. Elle repose sur le dialogue, le respect mutuel et la compréhension des rôles de chacun. Les droits existent, bien sûr, mais ils s’accompagnent toujours de devoirs, pour les citoyens comme pour les institutions.

Les exemples évoqués durant cette journée parlent d’eux-mêmes. Écouter de la musique sans importuner son voisinage est possible avec un casque. Promener son chien implique de le tenir en laisse et de ramasser ses déjections. Autant de gestes simples qui traduisent le respect de la vie collective.

Un sujet a particulièrement retenu l’attention de Sabrina Barat, l’usage des trottinettes électriques. Combien d’adolescents savent qu’une assurance est obligatoire ? Connaissent-ils les règles essentielles qui encadrent leur utilisation ? Qu’il est interdit de circuler sur un trottoir, de transporter un passager ou encore de rouler avec des écouteurs ? Là encore, il ne s’agit pas de sanctionner à tout prix, mais d’expliquer avant de punir.

Depuis ce mercredi après-midi, le regard de nombreux enfants et adolescents a sans doute évolué. En découvrant ces femmes et ces hommes en uniforme dans un autre contexte, ils ont pu échanger, poser des questions et dépasser certains préjugés. C’est précisément dans ces moments que se construit la confiance.

Une telle initiative mériterait d’ailleurs d’être reconduite plus régulièrement et dans différents quartiers de la ville. Hassen Ben Hadj Ali, adjoint à la vie des quartiers et à la politique de la ville, en convenait lui-même avec humilité.

Car il n’existe pas de recette miracle pour transmettre les valeurs de la citoyenneté. Il faut du temps, de la présence sur le terrain et des femmes et des hommes engagés. Sabrina Barat peut compter sur le soutien de la CUCM, de l’État, de plusieurs associations et de la ville pour la logistique. Pourtant, elle confiait avec une pointe d’amertume, « je me sens un peu seule dans l’organisation ».

Une confidence qui mérite d’être entendue. Si chacun s’accorde à dire que la citoyenneté est une priorité, alors elle ne peut reposer sur les seules épaules de quelques bénévoles. Le vivre-ensemble ne se décrète pas. Il se construit, pas à pas, grâce à l’engagement collectif.

 

J.B.

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