Montceau – Conseil municipal : les longs propos liminaires du maire Isabelle Louis

 

Conseil municipal du 12 octobre 2026 Propos – Les propos  liminaires de Madame Isabelle Louis, Maire de Montceau-les-Mines.

« C’est avec un plaisir non fin et un profond sentiment de responsabilité que je souhaite ouvrir ce conseil municipal au commencement d’une nouvelle période où je l’espère, la légitimité des urnes et la sincérité des votes ne sera plus maintes fois rebattue sur l’autel de la contestation politicienne, toujours vectrice d’instabilité inopérante et plus souvent stérile.

Je voudrais commencer ce conseil municipal en évoquant le contexte dans lequel nous nous retrouvons ce soir. Un contexte national, international, économique et social qui n’est pas simple, et qui a nécessairement des conséquences sur la vie de nos communes et sur le quotidien de nos habitants. À l’international, les conflits continuent de nous inquiéter. La guerre en Ukraine se poursuit, les tensions au Proche-Orient restent une source de préoccupation majeure et les relations diplomatiques sont mises à rude épreuve. Les frappes russes contre les populations civiles ukrainiennes, encore dénoncées ces derniers jours, nous rappellent que la paix et la sécurité ne sont jamais définitivement acquises. Dans ce monde qui se durcit, nous devons continuer à défendre le dialogue, le respect du droit international, la solidarité entre les peuples et la recherche de solutions diplomatiques. Ce sont des conditions essentielles pour que les générations qui viennent puissent vivre dans un monde plus stable et plus juste. Cette conviction, nous pouvons aussi la faire vivre à notre échelle, dans nos relations avec les autres villes européennes, dans nos jumelages et dans les rencontres entre nos habitants.

Un contexte national qui appelle de la responsabilité. En France, la situation politique et budgétaire demeure particulièrement délicate. La préparation du budget de l’État pour 2027 s’ouvre dans un contexte de dette publique importante, de croissance modérée et de fortes contraintes sur les finances publiques. Le gouvernement doit faire des choix, le Parlement doit en débattre, et ces choix auront nécessairement des répercussions sur les collectivités territoriales. Derrière les chiffres, il y a une question : quelle place voulons-nous donner aux services publics, à l’école, à la santé, à la solidarité et à l’accompagnement des plus fragiles ?

Les communes sont en première ligne. Ce sont elles que les habitants viennent voir lorsqu’ils rencontrent une difficulté. Ce sont elles qui entretiennent les écoles, soutiennent les associations, aménagent les espaces publics et cherchent des solutions lorsque des familles sont en difficulté. Et nous devons le faire avec des moyens qui ne sont pas illimités. À Montceau-les-Mines, nous connaissons cette réalité. Nous savons que chaque dépense doit être réfléchie, que chaque investissement doit répondre à un besoin et que nous devons être attentifs à l’utilisation de l’argent public. Mais je veux le dire clairement : la responsabilité budgétaire ne peut pas signifier le renoncement à nos missions essentielles. Elle doit nous conduire à établir des priorités, à rechercher des économies lorsqu’elles sont possibles, à travailler avec nos partenaires et à préserver ce qui est indispensable à la vie de notre commune. Car les difficultés économiques ne se mesurent pas seulement dans les tableaux budgétaires. Elles se mesurent aussi dans le quotidien de nos concitoyens : le coût du logement, les dépenses alimentaires, les factures d’énergie, les difficultés à se soigner ou encore les inquiétudes face à l’avenir. Pour certains, les fins de mois sont toujours difficiles. Pour d’autres, c’est l’isolement, la perte d’autonomie ou l’accès aux soins qui deviennent une préoccupation. Et pour beaucoup de jeunes, c’est la question de leur avenir qui se pose. Notre rôle d’élus est de ne jamais perdre de vue cette réalité. Entendre la jeunesse et prendre au sérieux la parole des lycéens.

Je souhaite maintenant aborder un sujet qui nous concerne particulièrement : la mobilisation des lycéens. Depuis plusieurs semaines, des jeunes se mobilisent en France pour exprimer leurs inquiétudes sur leurs conditions d’études, les moyens accordés à l’éducation, l’état des établissements, les effectifs dans les classes et leurs perspectives d’avenir. Ce mouvement suscite des réactions différentes. Il peut soulever des questions, des désaccords et des inquiétudes. Mais il ne doit pas nous conduire à détourner le regard de ce que les jeunes cherchent à nous dire. Lorsque des lycéens prennent la parole, lorsqu’ils s’organisent, lorsqu’ils expriment des revendications et souhaitent être entendus, nous avons une responsabilité : celle de les écouter et de prendre leurs préoccupations au sérieux. Je tiens donc à souligner que les élus de la majorité municipale de gauche ont exprimé leur soutien au mouvement lycéen et à la nécessité d’entendre les revendications portées par la jeunesse. Ce soutien ne signifie pas que nous considérons que toutes les formes d’action se valent. Il ne dispense personne du respect des personnes, des biens et du droit de chacun à étudier dans de bonnes conditions. Mais il traduit une conviction : les questions soulevées par les jeunes méritent des réponses. Nous ne pouvons pas demander à notre jeunesse de s’engager, de croire en l’avenir et de prendre sa place dans la société, tout en lui reprochant de vouloir faire entendre sa voix.

À Montceau-les-Mines, nous savons combien l’école et l’éducation sont déterminantes. Elles ouvrent des possibilités, elles permettent de construire un parcours professionnel, de gagner en autonomie et de trouver sa place dans la société. Nous savons aussi que les inégalités de départ peuvent peser lourdement sur les parcours. C’est pourquoi l’accès à une éducation de qualité, aux formations et aux études supérieures doit rester une préoccupation majeure. Écouter les jeunes, ce n’est pas leur promettre que tout est possible sans contrainte. C’est leur reconnaître le droit de questionner les choix qui engagent leur avenir et de demander des comptes à ceux qui prennent les décisions. C’est aussi accepter que leur regard puisse nous interpeller, parfois nous bousculer. Dans cet esprit, une lettre de lycéens de Montceau-les-Mines sera lue au début de ce conseil municipal. Je souhaite que nous prenions le temps de l’entendre avec attention. Cette lecture est importante, parce qu’elle permet à des jeunes de notre ville de s’adresser directement à leurs représentants élus. Nous ne sommes pas obligés de partager chaque proposition pour reconnaître la légitimité d’une parole. Mais nous devons au moins lui accorder l’écoute qu’elle mérite.

Je veux également revenir sur un moment particulièrement agréable que nous avons vécu il y a quelques jours. Nous avons eu le plaisir d’accueillir, pour la première fois, la délégation officielle municipale de Żory, ville polonaise avec laquelle nous entretenons des liens d’amitié et de coopération. Je tiens à saluer chaleureusement ses représentants et à remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à préparer cet accueil. Ces rencontres sont précieuses. Elles permettent de mieux connaître nos partenaires, de découvrir leurs expériences, de partager nos préoccupations et d’imaginer des projets communs. La coopération entre les villes européennes revêt une véritable utilité. Elle rapproche les habitants, favorise les échanges culturels, permet aux jeunes de découvrir d’autres réalités et entretient des liens humains qui résistent aux tensions internationales. L’Europe ne se construit pas uniquement dans les institutions. Elle se construit aussi dans nos communes, dans nos associations, dans nos écoles et dans les relations qui se nouent entre les citoyens. Cette première réception officielle constitue donc une étape importante. Nous devons faire vivre ces relations dans la durée et leur donner, autant que possible, un contenu concret, au bénéfice de nos deux villes et de leurs habitants.

Ce conseil municipal sera ancré dans la vie quotidienne Les dossiers qui nous sont présentés ce soir peuvent paraître très différents les uns des autres. Ils ont pourtant un point commun : ils touchent tous, directement ou indirectement, à la vie de notre commune. Nous aurons notamment à examiner plusieurs questions relatives à l’administration et à la gestion de la collectivité. Le groupement de commandes entre la Ville et le Centre communal d’action sociale dans une démarche de bonne gestion, mais aussi de cohérence entre les services municipaux et ceux qui accompagnent les habitants les plus fragiles. Nous aborderons par ailleurs la modification du guide des tarifs de la collectivité. Là encore, notre responsabilité est de veiller à la cohérence de nos tarifs, à la lisibilité des règles applicables et à l’équilibre entre le coût des services et leur accessibilité pour les usagers. Le cadre de vie, l’habitat et l’accès aux soins Plusieurs délibérations concerneront ensuite notre cadre de vie et l’évolution de certains espaces urbains.

Nous procéderons à l’attribution des récompenses des maisons fleuries 2026. Je tiens à saluer, à cette occasion, toutes celles et tous ceux qui participent à l’embellissement de notre ville. Ce sont souvent des gestes simples, des efforts personnels et une attention quotidienne qui contribuent à rendre nos rues et nos quartiers plus agréables. Nous examinerons également des dossiers relatifs à des parcelles communales, à des pavillons appartenant à HABELIS et à leur devenir. L’évolution de notre ville suppose parfois de transformer des espaces, de faire évoluer des propriétés ou de permettre de nouveaux projets. Mais ces opérations doivent toujours être conduites dans un cadre clair et avec le souci de leur utilité pour le territoire. Je veux m’arrêter un instant sur le dossier inscrit au point 10, concernant la vente d’une parcelle destinée à permettre la construction d’un nouvel établissement de lits d’accueil médicalisés. Le projet porté par l’association Le Pont vise à remplacer un service aujourd’hui installé au centre hospitalier Jean Bouveri, dans des locaux devenus très vétustes.

Nous parlons ici de personnes qui ont besoin d’un accompagnement médicalisé et d’un cadre de vie adapté. Pour elles, la qualité des locaux, l’organisation des soins et les conditions d’accueil ne sont pas des détails. Ce sont des éléments essentiels de leur quotidien. Le projet doit donc être examiné avec toute l’attention qu’il mérite. L’accès aux soins et à un accompagnement digne constitue un enjeu majeur pour notre territoire. Nous savons combien les besoins sont importants et combien les familles peuvent être inquiètes lorsqu’elles cherchent une solution pour un proche. Nous devons donc continuer à soutenir les initiatives qui permettent d’améliorer les conditions d’accueil et d’accompagnement, dans le respect des procédures et des responsabilités de chacun. Notre conseil abordera également les classes transplantées et les modalités de leur mise en œuvre à compter de l’année scolaire 2026-2027. Je suis particulièrement attachée à ces expériences, parce que l’école ne se limite pas aux apprentissages réalisés dans une salle de classe. Découvrir un autre environnement, apprendre à vivre ensemble, participer à des activités nouvelles, gagner en autonomie : tout cela contribue à la construction d’un enfant. Mais nous devons aussi veiller à ce que les contraintes financières ne privent pas certains élèves de ces expériences. L’égalité des chances doit se traduire dans les faits, et pas seulement dans les discours. La vie d’une commune se mesure aussi à la place qu’elle accorde à sa jeunesse, à sa capacité à lui proposer des activités, des lieux de rencontre et des possibilités de s’investir.

Nous parlerons ensuite de la vie associative, avec plusieurs conventions de partenariat, la mise à disposition de locaux et l’attribution de subventions de fonctionnement ou exceptionnelles. Je veux redire combien les associations sont indispensables à Montceau-les-Mines. Elles permettent de pratiquer un sport, de partager une passion, de créer des liens, d’accompagner les personnes isolées et de faire vivre la solidarité. Derrière chaque association, il y a des bénévoles qui donnent de leur temps, souvent sans compter. Il y a des éducateurs, des dirigeants, des entraîneurs et des responsables qui transmettent des savoir-faire et des valeurs. Notre responsabilité est de les accompagner, tout en veillant à ce que les aides publiques soient attribuées selon des règles transparentes et en cohérence avec les objectifs poursuivis. Nous aurons notamment à nous prononcer sur des partenariats dans le domaine sportif, sur la gestion du golf municipal, sur l’identification et la stérilisation des chats errants, ainsi que sur des actions associatives en faveur de la pratique sportive et du bien-être. Ces sujets n’ont pas tous la même portée, mais ils participent à une même exigence : améliorer concrètement la vie collective et répondre aux besoins qui s’expriment sur le terrain. Une collectivité attentive à ses responsabilités Enfin, plusieurs dossiers concernent nos ressources humaines et le fonctionnement de notre administration. Je tiens à rappeler que le service public municipal repose avant tout sur l’engagement des femmes et des hommes qui le font vivre chaque jour. Derrière les services rendus aux habitants, il y a des agents. Leur travail mérite notre respect et notre attention. Je souhaite que nous abordions l’ensemble de ces sujets avec sérieux, sans perdre de vue notre responsabilité collective. Faire vivre le débat démocratique Mes chers collègues, Un conseil municipal n’est pas simplement une succession de délibérations techniques. C’est un lieu où se prennent des décisions qui engagent notre ville, ses services, ses équipements et son avenir. C’est aussi un lieu de débat démocratique. La majorité et l’opposition peuvent porter des appréciations différentes sur les dossiers, sur les priorités et sur les choix à effectuer. C’est normal. Le débat est utile lorsqu’il permet d’éclairer les décisions et de confronter les arguments. Nous devons simplement veiller à ce que nos échanges restent respectueux et que chacun puisse s’exprimer dans les conditions prévues par notre règlement. À notre échelle, nous avons une responsabilité particulière : celle de rester proches des habitants, d’entendre leurs difficultés et de prendre des décisions aussi justes et utiles que possible. Nous ne pouvons pas tout résoudre depuis une mairie. Nous ne décidons pas seuls des moyens de l’Éducation nationale, de l’organisation du système de santé ou des grandes orientations budgétaires de l’État. Mais nous pouvons agir sur ce qui relève de notre responsabilité, défendre les besoins de notre territoire et faire entendre la voix de Montceau-les-Mines auprès de nos partenaires. C’est ce que nous devons continuer à faire, avec lucidité, avec exigence et avec le souci constant de l’intérêt général ».

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