
Renaud Rollier (au centre) est le nouveau conseiller municipal après la démission d’Eric Commeau.
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C’est ce que l’on appelle un gros caillou dans la chaussure. La démission d’Éric Commeau, premier adjoint chargé des finances, seulement trois mois après l’installation de la nouvelle majorité, constitue le premier véritable accroc politique du mandat d’Isabelle Louis. Au-delà du départ d’un élu, cet épisode soulève des interrogations sur le fonctionnement interne de l’exécutif municipal.
Certes, l’ancien pilier d’Énergies Citoyennes durant la campagne des élections municipales a accompagné sa décision d’un communiqué. Il n’en reste pas moins que son départ fragilise politiquement la majorité et nourrit les interrogations sur la cohésion de l’équipe municipale.
Sur le plan institutionnel, la majorité a rapidement comblé le vide. Lors du dernier conseil municipal, Renaud Rollier a été installé comme nouveau conseiller municipal, remplaçant numériquement l’élu démissionnaire. Mais sur le plan politique, l’équation est loin d’être résolue.
L’opposition n’a d’ailleurs pas laissé passer l’occasion. Lilian Noirot (Montceau Passionnément) a appuyé là où cela fait mal en évoquant une véritable fracture politique. « La démission d’Éric Commeau montre de profonds désaccords sur le partage de l’information et les prises de décision. Ces propos sont graves », a-t-il déclaré.
Au-delà de la démission elle-même, Lilian Noirot a cherché à placer la majorité face à ses contradictions : « Les élus d’Énergies Citoyennes partagent-ils les déclarations d’Éric Commeau ? » Avant d’ajouter : « Ce n’est pas l’opposition qui vous adresse un avertissement, c’est votre premier adjoint ».
La réponse d’Isabelle Louis a surpris. En précisant que « Monsieur Commeau n’a pas souhaité que cette délibération fasse l’objet d’un quelconque commentaire », la maire a choisi de refermer rapidement le dossier. Une manière d’éviter que cette démission ne se transforme en crise politique ouverte et ne fragilise davantage son équipe.
Reste désormais une question essentielle : qui succédera à Éric Commeau comme premier adjoint ? Et cette même personne héritera-t-elle de la délégation aux finances ?
Sur ce point, Isabelle Louis est restée prudente. « Il n’est pas l’heure de vous faire part de son remplacement », a-t-elle répondu, laissant entendre que le choix n’était pas encore arrêté. D’autant que les fonctions de premier adjoint et d’adjoint aux finances ne sont pas nécessairement indissociables.
Le prochain choix de la maire sera donc éminemment politique. Elle devra désigner un ou une fidèle capable de restaurer la confiance au sein de l’exécutif. Quant aux finances, portefeuille stratégique s’il en est, leur attribution constituera un premier test de l’équilibre des pouvoirs au sein de la majorité.
Après les critiques répétées de Marie-Claude Jarrot contre un adjoint aux finances qu’elle qualifiait volontiers de « poussiéreux », la nouvelle majorité est désormais confrontée à son propre défi, démontrer qu’elle dispose d’une équipe solide, cohérente et capable d’incarner le renouvellement qu’elle promettait.
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J.B.





