Montceau – Avec Jean-Louis Ducerf, quand le chemin devient peinture

Le peintre et nouveau président du collectif Sept et +, déroule 1 200 kilomètres de pérégrinations entre Cluny et Assise, dans une œuvre singulière qui se découvre comme un récit de voyage.

Un jour, peut-être, ces longues bandes de peinture seront-elles exposées comme des reliques. Jean-Louis Ducerf a d’ailleurs pensé à la tapisserie de Bayeux, même souffle narratif, même volonté de raconter le temps qui passe, le paysage traversé et les rencontres qui jalonnent le chemin.

Jean-Louis Ducerf est un peintre surprenant, par son audace autant que par son imagination. Présenter au public, dans la galerie haute de l’Embarcadère de Montceau-les-Mines, ces bandes peintes qui retracent une séquence de dix années sur le chemin de Cluny à Assise, en Italie, en passant par les Alpes, est tout bonnement impressionnant.

Lui appelle cela de la « peinture au rouleau », un long déroulé de ses pérégrinations sur quelque 1 200 kilomètres, entre 2011 et 2018, pour moitié en France, pour moitié en Italie.

Seul, il a marché. Et, sur le chemin, « je faisais des croquis », dit-il, pour ne pas laisser s’effacer les images de la route, celles du jour comme celles de la nuit. Sur ces bandes se déposent ses émotions, ses rencontres, les villages traversés, les visages croisés. « C’est une confiture de voyage », se délecte-t-il à raconter devant son auditoire, comme si chaque étape avait lentement mijoté dans sa mémoire avant de venir se déposer sur la toile.

C’est une véritable aventure que nous conte Jean-Louis Ducerf, une aventure vécue à pied, mais aussi avec la tête, les yeux, le crayon, puis l’atelier, où tout a été patiemment retranscrit. Six bandes de cinq mètres de long sur cinquante centimètres de large composent aujourd’hui cette œuvre hors norme, véritable fresque en mouvement.

Isabelle Louis, maire de Montceau-les-Mines, n’a pas caché son plaisir en découvrant cette « magnifique exposition », fruit d’une « démarche singulière ». Et nul besoin, finalement, de lire l’histoire, « Nous la parcourons du regard ».

Samedi soir, Jean-Louis Ducerf découvrait pour la première fois son œuvre dans son intégralité. Elle est imposante, étonnante, profondément originale, avec ses longues bannières qui se déploient dans l’espace et leurs fondus enchaînés, comme si une image appelait naturellement la suivante, comme si le chemin ne connaissait ni rupture ni véritable fin.

Car ici, la peinture n’est pas seulement une trace. Elle est un voyage qui continue.

« L’image est finie, mais la pensée qu’elle embarque ne s’arrête pas, comme la marche ».

J.B.

 

 

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