La réunion publique de restitution de la marche diagnostic organisée à la salle des fêtes du Magny a permis de dresser un premier état des lieux du quartier du Prélong, en présence d’élus, d’agents municipaux et des représentantes du CAUE. Cette démarche faisait suite aux nombreuses critiques exprimées lors de la réunion du 21 avril consacrée au projet de crématorium de l’Écuyer.
Au-delà du seul projet de crématorium, les habitants ont surtout fait remonter un fort sentiment de manque de concertation dans les différents aménagements réalisés ou envisagés dans ce secteur de Montceau-les-Mines. Beaucoup ont le sentiment que les décisions s’accumulent sans vision d’ensemble, alors même que le quartier possède une identité particulière notamment l’impression d’être à la campagne, tout en étant entouré d’activités commerciales et économiques.
Alors, comment faire cohabiter une zone d’habitat avec des zones d’activités sans dégrader le cadre de vie ? Cette question a été au cœur des échanges et demeure aujourd’hui sans réponse pleinement satisfaisante.
Il a été rappelé qu’avant même la naissance de Montceau-les-Mines, le Prélong était occupé par de petites fermes. L’arrivée des puits de mine, du charbon puis des habitations destinées aux mineurs a profondément transformé le paysage. Cette mémoire rurale et ouvrière constitue encore un marqueur fort du quartier et pourrait servir de base à une véritable identité locale.
La marche diagnostic a mis en évidence plusieurs difficultés concrètes constatées par les habitants : l’espace réservé aux piétons est pratiquement inexistant, rendant les déplacements à pied difficiles et peu sécurisés; le stationnement est très compliqué; les poids lourds empruntent régulièrement le secteur, à tort ou à raison, ce qui renforce le sentiment d’insécurité; la construction du centre de dialyse suscite des interrogations et fait grincer des dents chez plusieurs riverains; le projet de futur crématorium, dont on n’entend plus beaucoup parler actuellement, a toujours ses détracteurs.
Les représentants du CAUE ont structuré les réflexions autour de quatre grandes thématiques : les mobilités, les espaces publics, la cohabitation entre habitat et activités économiques, et la valorisation de l’histoire du quartier.
Les habitants ont insisté sur la nécessité de reconnecter les axes principaux, améliorer la voirie, renforcer l’accessibilité et surtout associer davantage les riverains et les acteurs économiques aux décisions. L’objectif affiché est d’ »apaiser » le quartier, mais beaucoup estiment que ce travail aurait dû être engagé bien plus tôt.
Cette restitution montre que le Prélong ne souffre pas seulement de problèmes de circulation ou d’aménagement. Elle révèle surtout un besoin de concertation et de vision globale pour un quartier situé à la frontière entre ville, activités commerciales et paysage presque rural.
Entre patrimoine oublié, espaces publics dégradés, circulation difficile et projets contestés, le Prélong est aujourd’hui loin d’être un long chemin tranquille.
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J.B.
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