Montceau – Attentat raciste : la solidarité était au rendez-vous, pas le RN

Ils sont capables de se mobiliser avec force pour contester une subvention accordée à une association. Mais lorsqu’il s’agit de défendre les valeurs républicaines, dénoncer le racisme et témoigner leur solidarité aux victimes, les élus du Rassemblement national brillent par leur absence. A Montceau-les-Mines, ce lundi soir, aucun des élus RN du conseil municipal n’avait jugé utile de participer au rassemblement organisé devant l’hôtel de ville pour dénoncer l’attentat raciste survenu à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Une absence qui interroge, au moment où la haine raciste s’exprime de plus en plus ouvertement dans notre pays.

Déjà absents lors du rassemblement républicain organisé à la suite de l’incendie de la mairie de Limoges, les élus montcelliens du RN ont, une nouvelle fois, manqué à l’appel. Une attitude qui n’a pas échappé aux participants.

« Si le RN s’était moralisé, il devrait être là avec nous ce soir », a lancé un homme au milieu de la centaine de Montcelliens réunis à l’appel du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) et du Parti communiste du bassin minier.

Car c’est bien d’un combat pour les valeurs républicaines, contre le racisme et contre la banalisation de la haine qu’il était question ce lundi soir. Une centaine de personnes, aux côtés de plusieurs élus municipaux, se sont rassemblées pour exprimer leur profonde compassion envers les victimes de l’attentat raciste _ un mort et cinq blessés _ et dénoncer une violence qui ne peut être considérée comme un fait divers de plus.

Derrière ce rassemblement, une inquiétude profonde, celle de voir les discours de haine gagner du terrain, se banaliser et finir par nourrir des passages à l’acte. Car les mots ne sont jamais sans conséquences lorsque, jour après jour, certains désignent des populations entières comme responsables des difficultés du pays.

Carole Bonin, présidente de RESF, connaît les réalités vécues par les personnes immigrées. Enseignante, elle se dit particulièrement inquiète de la progression du Rassemblement national et des conséquences de son influence sur la société. « Là où un maire RN est en place, la laïcité est en danger », estime-t-elle.

La banalisation des propos racistes constitue également une source majeure de préoccupation pour Christian Tramoy, représentant du Parti communiste français. Il pointe notamment le rôle de certains médias, citant les chaînes et publications du groupe de Vincent Bolloré, dont CNews, Europe 1 et le JDD, qui accordent une large place à des personnalités politiques comme Jordan Bardella, Éric Zemmour ou Marine Le Pen.

Pour lui, ces discours contribuent à entretenir la peur, la haine et les divisions. « Le racisme est un délit qui fracture notre pays. Nous refusons que la haine raciste fasse la loi en France », a-t-il rappelé.

Lionel Politi, maire de Blanzy, a partagé les prises de position exprimées lors du rassemblement, notamment celles d’Isabelle Louis, maire de Montceau-les-Mines. Il a également fait part de son exaspération face à la répétition, dans les médias, de discours de haine « où c’est toujours la faute d’un Arabe ou d’un musulman ».

L’attentat raciste de Trappes et de La Verrière rappelle, avec une brutalité insoutenable, que le racisme n’est ni une opinion anodine ni une simple posture politique. Il peut détruire des vies. « C’est ce qu’on voit aux États-Unis. Nous ne devons pas nous y habituer. Quand un jeune homme de 26 ans perd la vie à cause de sa couleur de peau, c’est une horreur », a souligné Lionel Politi.

Ne pas s’habituer. Ne pas se taire. Ne pas détourner le regard. Telle était, au fond, la raison d’être de ce rassemblement montcellien.

Dans une République qui proclame l’égalité de toutes et tous, la lutte contre le racisme ne saurait être une cause secondaire, mobilisée au gré des circonstances ou des intérêts politiques. Elle exige des actes, une présence et une condamnation sans ambiguïté de la haine.

J.B.

 

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