Devant 500 personnes, mardi soir à l’Embarcadère de Montceau-les-Mines, Nicolas Vanier a embarqué le public dans un formidable voyage au cœur de ses aventures humaines, de ses expéditions dans les contrées les plus reculées et de sa passion indéfectible pour la nature. Mais derrière les récits extraordinaires de cet aventurier au long cours, cette soirée portait également un message de solidarité, elle était organisée par le Lions club de Montceau au profit de l’association Enfants cancers santé, qui mène un combat essentiel pour guérir plus et guérir mieux les enfants atteints de cancers.
Après plus de 35 années d’aventures, une quarantaine de livres publiés, une vingtaine de films réalisés et plus de 50 000 kilomètres parcourus, Nicolas Vanier n’a rien perdu de son enthousiasme communicatif. Conférence, échanges avec le public et séance de dédicaces ont rythmé cette rencontre avec un homme qui semble avoir fait sienne une devise : vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie.
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L’homme de l’impossible
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Nicolas Vanier, c’est avant tout l’homme de l’impossible. Celui qui ne recule pas devant les difficultés, qui avance là où beaucoup auraient déjà renoncé et qui considère qu’aucun projet n’est véritablement inaccessible. « Si vous avez des projets impossibles, rien n’est impossible », aime-t-il rappeler.
Dans ses aventures comme dans sa vie, il a toujours cherché à vivre au plus près de la nature, à observer, comprendre et tirer des enseignements de ce qu’elle lui offre. Il raconte comme il vit, avec passion, détermination et un acharnement que peu d’entre nous seraient prêts à mettre en pratique. Là où certains verraient un obstacle insurmontable, lui cherche une issue. A chaque problème sa solution, à condition de prendre le temps de réfléchir et de ne pas s’arrêter à la première réponse venue.
Son regard est résolument tourné vers le positif. Là où nous avons souvent tendance, en France, à retenir ce qui ne va pas, à pointer du doigt les difficultés et à voir le verre à moitié vide, Nicolas Vanier préfère regarder ce qui fonctionne, ce qui avance et ce qui peut encore être amélioré. Une philosophie de vie qu’il applique aussi bien dans ses expéditions que dans sa vision du monde.
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Le grand Nord, magnifique mais de plus en plus fragile
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Pour autant, son amour des grands espaces ne l’empêche pas de mesurer les bouleversements qui les menacent. Dans ces paysages du Grand Nord dont il est profondément amoureux, certaines réalités l’attristent. En Mongolie et en Sibérie, il a notamment été témoin d’un phénomène impressionnant, les « forêts ivres », ces forêts où plus aucun arbre ne semble tenir debout.
Tout repose là-bas sur le permafrost, cette terre gelée qui constitue le socle de vastes territoires. Mais sous l’effet du réchauffement climatique, le sol dégèle, se fragilise et s’effondre. « Tout se casse la figure », explique-t-il. Au moindre coup de vent, des pans entiers de forêt disparaissent. Des arbres vieux de 200 ou 300 ans se retrouvent couchés à terre.
L’ours polaire est lui aussi confronté à un avenir particulièrement sombre. Il a besoin de la banquise estivale pour vivre et se nourrir, mais le temps lui est compté. « Dans cinq ou dix ans, il n’aura pas le temps de s’adapter », alerte l’aventurier.
Il évoque également les peuples du froid, ces hommes qu’il a côtoyés au fil de ses expéditions. Des populations qui ne possèdent pas nécessairement de richesses matérielles, mais disposent d’un trésor inestimable, les rennes. Ils se déplacent grâce à eux, se nourrissent de leur viande et utilisent leur peau pour confectionner leurs vêtements. Une relation ancestrale avec la nature, fondée sur l’équilibre et la nécessité.
Mais là encore, cet équilibre est menacé. Les rennes se nourrissent de lichens, une ressource qui disparaît progressivement des alpages. Et sans lichen, c’est toute une chaîne de vie qui risque de s’effondrer.
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Ralentir pour mieux vivre
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Face à ces constats, Nicolas Vanier ne se contente pas de dresser un tableau alarmiste. Il se veut optimiste, convaincu que le réchauffement climatique ne peut pas se poursuivre indéfiniment à ce rythme et que des solutions existent. Encore faut-il accepter de changer certaines habitudes et de remettre en question notre modèle de consommation.
Comment continuer à vivre lorsque l’humanité consomme en huit mois ce que la Terre produit en douze ? La question mérite réflexion. Pour lui, il est possible de réduire considérablement l’empreinte écologique des entreprises et de faire autrement. Il en a d’ailleurs apporté la démonstration en réalisant un film sans avoir recours aux énergies fossiles.
Il plaide aussi pour davantage de bon sens dans notre quotidien. Pourquoi dépenser des millions d’euros pour gagner quinze minutes sur un trajet Paris-Lyon alors que le TGV permet déjà de relier les deux villes en 1 h 50 ? « A quoi bon ! C’est la course en avant. Je pense que les choses vont un peu trop vite », estime-t-il.
Même raisonnement lorsqu’il évoque les fraises venues de Bolivie que l’on retrouve sur nos tables en décembre. Pourquoi vouloir tout, tout de suite, au mépris des saisons et du bon sens ? Il dit faire confiance aux consommateurs, dont les consciences évoluent progressivement.
Son discours écologique se distingue d’ailleurs des discours parfois moralisateurs. Il ne s’agit pas, selon lui, de multiplier les interdictions et les injonctions. Il regrette que certains écologistes, sur les plateaux de télévision ou à la radio, semblent surtout vouloir « tout interdire, tout ordonner ».
Car au fond, la question essentielle est ailleurs. Que recherchons-nous véritablement ? Qu’est-ce qui nous rend heureux ?
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Du verbe avoir au verbe être
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La réponse de Nicolas Vanier tient en quelques mots : « Tout simplement à être heureux ».
Et de poursuivre avec une réflexion qui résume sans doute une bonne partie de sa philosophie. « Nous avons trop conjugué le verbe avoir, il est temps de conjuguer le verbe être ».
Une phrase qui prend tout son sens lorsqu’on écoute cet homme qui a parcouru tant de kilomètres, affronté tant de conditions extrêmes et rencontré tant de peuples. Ses aventures lui ont appris que la richesse ne se mesure pas nécessairement à ce que l’on possède, mais à ce que l’on vit, à ce que l’on partage et à la capacité de s’émerveiller devant le monde qui nous entoure.
Mardi soir, Nicolas Vanier aura ainsi partagé bien davantage que des souvenirs d’expédition. Il aura transmis une philosophie, un regard sur le monde et une formidable leçon de persévérance. Avec cette conviction que l’impossible n’est jamais une raison de renoncer et que le bonheur se trouve peut-être moins dans ce que l’on possède que dans ce que l’on est.
Une belle leçon de vie, au service d’une belle cause.
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J.B.
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