Avec Jeannette Bourgogne, regarder l’école d’hier pour penser celle de demain.
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Du 16 au 18 octobre, les Ateliers du Jour de Montceau-les-Mines ont accueilli le 35ᵉ colloque de l’Association bourguignonne des sociétés savantes, organisé avec la Physiophile. Autour du thème « Enfance et éducation en Bourgogne », ce rendez-vous réunissait des femmes et des hommes passionnés par l’histoire, soucieux d’interroger le passé pour éclairer l’avenir de l’école.
La projection en ouverture de Jeannette Bourgogne, le film de nos écoles, réalisé en 1938 par Jean Gourguet, donnait à cette réflexion un visage et une sensibilité. Celui d’une jeune fille, pupille de la Nation, dont le parcours conduit jusqu’au métier d’institutrice. À dix-neuf ans, Jeannette prend son premier poste dans un village du Morvan. Son histoire permet de revenir sur les étapes de son éducation, de la petite enfance à l’école normale, en passant par les colonies de vacances.
Le film porte les marques de son époque. Les images, les attitudes et les usages semblent parfois bien lointains. Pourtant, derrière cette distance, apparaissent des principes qui continuent de nous parler : la camaraderie, la solidarité, la confiance dans l’éducation et cette volonté de donner à chaque enfant une place dans une communauté.
La même tenue pour tous peut ainsi se lire comme le signe d’une égalité recherchée, d’une appartenance commune par-delà les différences de condition. La classe unique, où se côtoient des enfants d’âges différents, invite à réfléchir à l’attention portée à chacun, à l’autonomie et à l’entraide. Sans en faire un modèle idéal, ces images rappellent combien l’école est aussi un apprentissage quotidien de la vie avec les autres.
Et puis il y a ces instants dont la simplicité touche encore, entre deux écoliers, un premier cadeau, un doryphore. Un presque rien aux yeux des adultes, mais tout un événement à hauteur d’enfant. Dans ce geste se retrouvent la sincérité d’une affection naissante, le plaisir d’offrir et cette faculté de donner de la valeur à ce qui n’a pas de prix.
Les colonies de vacances occupent, elles aussi, une place essentielle dans cette évocation. Réconfortantes, elles prolongent la mission éducative au-delà de la classe. Partir, découvrir d’autres paysages, jouer ensemble, partager les journées et apprendre à se connaître, autant d’expériences qui contribuent à grandir. Elles rappellent que l’égalité se construit aussi dans l’accès au repos, aux loisirs et à la découverte. L’enfant ne se forme pas seulement devant un tableau, il se construit également dans les liens qu’il noue et les horizons qui lui sont ouverts.
L’ensemble compose un hommage à l’école publique laïque et à son ambition sociale : instruire, rassembler, accompagner et rendre possible l’émancipation.
Faut-il y voir un modèle à reproduire ? Faut-il regretter cette époque ? Le film invite plutôt à puiser dans cet héritage de quoi nourrir les questions présentes. S’inspirer ne signifie pas revenir en arrière. C’est reconnaître, sous des formes anciennes, des besoins toujours vivants, être encouragé, trouver sa place, apprendre avec les autres et sentir que des adultes croient en votre avenir.
Cette interrogation rejoignait l’esprit du colloque. De l’apprentissage médiéval aux expériences de Freinet, des parcours individuels aux structures d’enseignement, le programme ouvrait de nombreuses pistes de réflexion et d’échange. Comment transmettre ? Comment conjuguer une ambition commune et l’attention aux singularités ? Comment permettre à l’éducation de desserrer le poids des origines sociales ?
Regarder attentivement le passé peut ainsi aider à penser l’avenir. L’école change avec la société, mais sa responsabilité demeure, transmettre à chaque enfant les moyens de comprendre le monde et la liberté d’y tracer son chemin.
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