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Au château des Brosses, à Saint-Bérain-sous-Sanvignes, il souffle un vent de fantaisie que rien ne semble pouvoir arrêter. Depuis 1977, Georges Sotty modèle son jardin comme d’autres écrivent des poèmes. Six hectares de liberté où les arbres, les mares et les allées deviennent les complices d’un homme qui rêve les yeux grands ouverts. Georges n’a ni la raideur ni les manières d’un châtelain. Il a mieux, l’imagination fertile, les mains toujours en mouvement et ce regard malicieux qui transforme le moindre objet abandonné en éclat de poésie.
Avec Thérèse, ancienne fleuriste au goût sûr et au cœur patient, il a fait de ce parc un théâtre végétal où la nature rit doucement avec les hommes. Ici, les visiteurs ne suivent pas un simple chemin, ils suivent des arrosoirs semés comme des cailloux de conte merveilleux. A chaque détour surgit une scène improbable, tendre ou cocasse. Une brouette enlacée à une botte de paille raconte “L’amour est dans le pré”. Plus loin, des mannequins désarticulés donnent corps aux expressions populaires, “les bras m’en tombent”, “ça me coupe les pattes”. Chez Georges Sotty, les mots prennent racine dans la terre.
Au bord de la mare, des silhouettes immobiles semblent savourer la chaleur du jour. “Ils bronzent”, répond-il avec ce sérieux amusé qui fait tout le charme du lieu. Car dans ce jardin, l’humour pousse comme le lierre, libre et envahissant. Les totems deviennent les dieux du gaz, de l’eau et de l’électricité, tandis que trois samouraïs veillent silencieusement sur “les jours heureux”. Même Banksy semble avoir laissé une trace derrière lui… ou plutôt un “Banski”, clin d’œil savoureux à l’artiste invisible.
Rien n’est figé au château des Brosses. Le jardin change avec les saisons, avec les idées de Georges, avec le temps qui passe et les herbes qui gagnent du terrain. Là où autrefois il n’y avait qu’un terrain en friche, s’épanouit aujourd’hui une ode à la biodiversité. Une poterie, un olivier, et voilà le Midi qui descend doucement en Bourgogne. Un chat de terre cuite veille sous un buisson. Un autre apparaît près d’un arbre moussu. Georges les collectionne comme on collectionne les sourires.
Et puis il y a les véritables habitants des lieux, les chevreuils trop fougueux, les sangliers un peu indisciplinés, les oiseaux qui traversent les feuillages comme des notes de musique. Tous trouvent refuge dans cet étrange paradis où l’homme ne domine pas la nature mais dialogue avec elle.
Le temps d’un week-end, les 6 et 7 juin, les visiteurs entreront dans cet univers hors du commun. Ils y découvriront bien davantage qu’un jardin, une manière joyeuse et poétique d’habiter le monde. Et parce que la fantaisie de Georges et Thérèse s’accompagne d’une profonde tendresse pour le vivant, les bénéfices des visites seront reversés à une association de défense animale, probablement la Fondation Brigitte Bardot.
Au château des Brosses, on repart le cœur plus léger, comme après une promenade dans un rêve éveillé.
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J.B.
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Visite du jardin au château des Brosses, impasse des Brosses à Saint-Bérain-sous-Sanvignes, samedi 6 et dimanche 7 juin 2026 de 9h à 12h et 14h à 18h.
Entrée 4 €, tarif enfant 2 €
Georges Sotty proposera également une brocante et à la sortie de la visite, « thé ou café ».
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