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Il y a des matchs qui ne ressemblent à aucun autre. Des rendez-vous où le football, soudain, semble presque secondaire. Des soirées où les mots manquent, où les regards en disent davantage que les discours, où le silence pèse plus lourd que les chants des tribunes. Ce samedi, à 18 heures, au stade des Alouettes, lorsque le FC Montceau accueillera l’Entente Football Villages pour le compte du championnat de Régional 1, il y aura quelque chose de tout cela. Une émotion à fleur de peau, une douleur encore vive, une absence immense. Et un homme que personne, au FCMB, ne pourra oublier.
La veille, ils l’ont accompagné une dernière fois. Martial Beaucaire, que tout le monde appelait Buck, aura rejoint ce territoire où les vivants ne peuvent plus suivre ceux qu’ils aiment. Les obsèques auront laissé derrière elles cette peine que rien ne soulage vraiment, celle qui vous serre la gorge et vous rappelle brutalement que la vie peut être injuste, terriblement injuste. Buck s’en est allé trop tôt. Trop tôt pour son épouse, pour ses proches, pour tous ceux qui l’aimaient, pour ce monde qu’il affectionnait tant et auquel il savait donner de sa présence, de sa chaleur et de son humanité.
Trop tôt, aussi, pour le football montcellien.
Car Martial Beaucaire n’était pas un nom parmi d’autres dans l’histoire du FC Montceau. Il était de ceux qui ont écrit quelques-unes de ses plus belles pages. En 2007, capitaine des Rouge et Blanc, il avait conduit ses partenaires jusqu’en demi-finale de la Coupe de France. Une aventure exceptionnelle, un parcours gravé dans les mémoires, une épopée qui avait fait vibrer tout un club et bien au-delà. Ce brassard, il ne le portait pas seulement autour du bras. Il en incarnait les valeurs, celles d’un collectif, d’une fidélité, d’un engagement partagé. Celles d’un homme qui savait faire corps avec les siens.
Samedi, aux Alouettes, son nom ne figurera peut-être sur aucune feuille de match. Pourtant, il sera partout.
Dans les pensées de ceux qui l’ont connu, dans les souvenirs de ses anciens coéquipiers, dans les regards qui se croiseront avant le coup d’envoi. Dans cette pelouse qu’il a foulée, dans ce maillot qu’il a défendu, dans cette histoire commune qui ne s’efface pas avec le temps. Et puis, il y aura Yanis.
Son fils.
Yanis, titulaire indiscutable de la défense montcellienne, qui traverse aujourd’hui l’une des épreuves les plus douloureuses qu’un enfant puisse connaître. Celle de devoir apprendre à vivre avec l’absence de son père. Celle de regarder devant soi quand tout, à l’intérieur, voudrait s’arrêter. Celle de trouver, au milieu du chagrin, une raison de se lever, de continuer, de faire un pas après l’autre.
Et pourtant, malgré le deuil, malgré l’immense peine, Yanis est venu s’entraîner toute la semaine avec ses coéquipiers. Jour après jour, il a retrouvé le groupe, les gestes familiers, le ballon, les habitudes. Et il a répété ces quelques mots, simples, presque bouleversants dans leur évidence : » Je veux jouer samedi ».
Comment ne pas respecter cette volonté ? Comment ne pas comprendre ce besoin de retrouver le terrain, de se raccrocher à ce qui fait partie de sa vie, de retrouver les copains, ceux qui partagent avec lui bien plus qu’un vestiaire et un maillot ? Peut-être parce que, dans ces moments-là, le football devient autre chose. Un refuge. Un langage que l’on connaît par cœur quand les mots ne suffisent plus. Un endroit où la peine ne disparaît pas, mais où l’on peut, quelques instants, lui donner une autre forme.
Yanis veut jouer. Et derrière cette volonté, il y a peut-être tout ce qu’un fils ne sait pas toujours exprimer. Il y a l’amour, le manque, la fidélité. Il y a ce lien invisible qui ne se brise pas parce que la vie s’arrête. Il y a aussi, peut-être, cette envie de montrer à son père qu’il continue, qu’il avance, qu’il reste debout.
Car un fils footballeur ne peut-il pas rendre à son père l’un des plus beaux hommages en entrant sur cette pelouse, en portant ce maillot, en défendant les couleurs de ce club qu’il a lui-même tant aimé ? En faisant ce qu’ils partagent, ce qui les relie, ce qui leur appartient ?
Et l’on voudrait croire que, quelque part, Buck sera là. Qu’il accompagnera son fils comme il l’a accompagné jusqu’ici. Qu’il sera cette présence invisible, cette main sur l’épaule que l’on ne sent plus physiquement, mais dont on continue de percevoir la chaleur. Un père ne cesse pas d’être un père parce qu’il n’est plus là. Il demeure dans les gestes transmis, dans les valeurs partagées, dans les souvenirs qui reviennent sans prévenir, dans cette petite voix intérieure qui continue de guider les pas.
Yanis jouera peut-être avec le poids du chagrin. Mais il ne jouera pas seul.
Tout un club sera à ses côtés. Ses coéquipiers, ses dirigeants, les supporters, tous ceux qui savent ce que Martial représentait pour le FCMB. Dans le vestiaire comme sur la pelouse, il faudra trouver les mots justes, ou accepter qu’il n’y en ait pas. Il faudra être présent, simplement. Parce que la solidarité ne se mesure pas seulement dans les victoires, les qualifications ou les points gagnés au classement. Elle se révèle aussi dans ces heures sombres où l’on se serre les coudes, où l’on partage la peine, où l’on fait comprendre à l’un des siens qu’il n’aura pas à traverser l’épreuve tout seul.
Alors oui, samedi, il y aura un match de Régional 1. Une opposition face à l’Entente Football Villages, des duels, des courses, des consignes, un résultat à aller chercher. Le football reprendra ses droits, comme il le fait toujours. Mais aux Alouettes, il ne sera pas tout à fait question de football comme les autres samedis.
Au-dessus de la pelouse planera une ombre. Celle d’une absence encore trop récente, celle d’un homme parti trop tôt, celle d’un père dont le souvenir accompagnera désormais chacun des pas de son fils. Une ombre qui fera mal, sans doute, mais qui sera aussi une lumière. Celle que laissent derrière eux les êtres qui ont profondément compté.
Peut-être qu’avant le coup d’envoi, les regards se lèveront vers les tribunes. Peut-être qu’un silence s’installera. Peut-être que certains auront les yeux humides en pensant à Buck, à son sourire, à sa personnalité, à ces années partagées, à cette formidable aventure de 2007 dont il fut l’un des capitaines. Et peut-être que Yanis, en ajustant ses protège-tibias, pensera à son papa. A ce qu’il aurait dit. A ce regard qu’il aurait posé sur lui. A cette fierté qu’il aurait ressentie en le voyant défendre les couleurs montcelliennes.
Personne ne pourra combler le vide laissé par Martial Beaucaire. Personne ne pourra alléger entièrement la douleur de ses proches. Mais le FC Montceau pourra faire ce qu’une famille sait faire dans les moments les plus difficiles, rester unie, entourer, soutenir, se souvenir et aimer.
Ce samedi, à 18 h, au stade des Alouettes, le ballon roulera de nouveau. Et lorsque Yanis entrera sur le terrain, il portera bien plus que le maillot du FCMB. Il portera une histoire, un héritage, un amour immense. Il portera, à sa manière, la présence de son père.
Alors, si le chagrin serre les cœurs, que la solidarité les rassemble. Si l’absence se fait sentir, que les souvenirs demeurent. Et si, au détour d’une action, un regard se lève vers le ciel, que chacun comprenne pourquoi.
Car certains hommes quittent la pelouse, ils ne quittent jamais vraiment le club.
Aux Alouettes, le FCMB jouera avec Yanis. Et, dans tous les cœurs, avec Buck.
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J.B.
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Le programme de la 4e journée
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Classement
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