Depuis août 2023, Céline Plasson enseigne au collège du groupe scolaire Jacques Majorelle, à Marrakech. Une immersion qui lui permet de vivre de l’intérieur la passion dévorante des Marocains pour le football.
Là-bas, la Coupe du monde est bien plus qu’une compétition sportive, c’est un véritable phénomène de société.
De retour à Montceau-les-Mines pour les vacances d’été, l’enseignante raconte l’incroyable ferveur populaire qui s’est emparée du royaume. Elle avait déjà mesuré cet enthousiasme lors de la Coupe d’Afrique des nations, avec la désillusion lors de la finale avant que les Lions de l’Atlas ne soient finalement déclarés vainqueurs sur tapis vert, alors que le Sénégal s’était imposé sur le terrain.
« J’ai vécu une ferveur qui n’existe pas en France », confie-t-elle.
Aujourd’hui, c’est une tout autre dimension qui s’est installée à Marrakech. Toute la ville vit au rythme de la Coupe du monde. Ce jeudi soir (22 h), les regards seront tournés vers Boston, où le Maroc affrontera la France en quart de finale.
Avant de rentrer en France, Céline Plasson s’est elle aussi laissée gagner par l’ambiance. Le 30 juin, elle a suivi, comme des millions de Marocains, le seizième de finale face aux Pays-Bas, conclu par une qualification héroïque des Lions de l’Atlas aux tirs au but.
Le lendemain matin, en arrivant au collège à 8 h 30, la scène est pour le moins insolite.
« Il n’y avait pas un seul élève ! » raconte-t-elle en souriant. « Je suis mes élèves depuis la 5e. Filles comme garçons sont à 1 000 % derrière leur équipe nationale ».
Les examens étaient terminés et, trois jours plus tard, le 3 juillet, les vacances scolaires débutaient. De quoi laisser libre cours à une passion sans limite.
« Il faut voir l’ambiance à Marrakech les soirs de match. Les cafés, les restaurants, les terrasses… tout le monde organise des soirées spéciales et des établissements obtiennent même des autorisations pour rester ouverts toute la nuit. La ville entière vibre au même rythme ».
Au Maroc, le football est également devenu un véritable enjeu d’image nationale. La qualification des Lions de l’Atlas mobilise jusqu’aux grandes entreprises publiques. Ainsi, Royal Air Maroc a proposé des allers-retours vers Boston à 10 000 dirhams, soit environ 1 000 euros, pour permettre aux supporters d’assister au quart de finale face à la France.
« Douze vols spéciaux ont été mis en place, soit près de 3 600 places. C’est énorme quand on sait que le salaire minimum au Maroc est d’environ 10 000 dirhams », souligne Céline Plasson.
Ce soir, depuis Montceau-les-Mines, l’enseignante vivra ce rendez-vous avec le cœur partagé.
« Évidemment, j’ai envie que la France gagne. Mais si c’est le Maroc qui l’emporte, je sais qu’il y aura tellement de gens heureux… «
Au fond, quel que soit le vainqueur, son choix est déjà fait. « Je serai heureuse dans les deux cas ».
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J.B.
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