La canicule n’épargne personne. Elle bouscule notre quotidien, le vôtre comme le mien, et chamboule aussi l’organisation des manifestations estivales.
Les organisateurs des Rugissantes, le festival des arts de la rue du Creusot, ont donc fait preuve d’adaptation. Vendredi, les spectacles ont débuté avec une heure de décalage, juste après le coucher du soleil. Même si le thermomètre refusait obstinément de redescendre, la chaleur était enfin devenue supportable. Une décision de bon sens… et visiblement la bonne.
Car le public a répondu présent. Très présent, même. Ils étaient des centaines à investir la cour du château de la Verrerie, écrin majestueux transformé, le temps d’une soirée, en Far West déjanté.
Les cowboys de Vent d’Ouest ont déboulé comme s’ils s’étaient échappés d’un dessin animé de Tex Avery après avoir fait un détour par un western de Sergio Leone. Ici, on dégaine plus vite que son ombre, mais ce sont surtout les acrobates qui prennent leur envol. Ça virevolte, ça tournoie, ça fuse dans tous les sens. Les revolvers semblent tirer des cascades plutôt que des balles, et les lois de la gravité prennent quelques vacances. A ce rythme-là, même Ennio Morricone aurait volontiers composé la bande originale de cette conquête de l’Ouest version voltige aérienne.
Le « Vent d’Ouest » a soufflé très fort sur cette première soirée des Rugissantes. Et le public s’est laissé emporter avec un plaisir évident.
Puis est venue l’heure sacrée de l’apéro.
A quelques pas de là, toujours devant la magnifique façade du château, sublimée par la douceur de cette nuit d’été, il suffisait de lancer un sonore : « Garçon, un kir ! »
Enfin… en théorie.
Parce qu’avec des serveurs aussi maladroits qu’attachants, commander un kir relève rapidement de l’épreuve olympique, chaque tentative de service tourne à la catastrophe… pour le plus grand bonheur des spectateurs. C’est absurde, burlesque, totalement illogique, et c’est précisément pour cela que l’on rit autant.
Aux Rugissantes, même un simple apéritif peut devenir un spectacle. Et celui-là se déguste, lui aussi, sans modération.
![]()
J.B.
![]()
Les rugissantes se poursuivent samedi et dimanche (voir le programme plus bas).
![]()



















































