
Il y a des disparitions qui touchent une famille. Et puis il y a celles qui touchent toute une famille du football.
La disparition de Martial Beaucaire est de celles-là.
L’ancien capitaine emblématique du FC Montceau Bourgogne s’est éteint, laissant derrière lui une immense tristesse, mais aussi une histoire, des souvenirs et une empreinte que le temps n’effacera pas.
Pendant plus de vingt ans, Martial Beaucaire a porté le maillot rouge et blanc. Défenseur fidèle, combattant sur le terrain et leader dans le vestiaire, il incarnait à lui seul une certaine idée du football montcellien, l’engagement, la fidélité au club, le respect du maillot et le goût du collectif.
Mais lorsqu’on évoque Martial Beaucaire, impossible de ne pas penser à 2007.
Cette année-là, le FCMB écrivait l’une des plus belles pages de son histoire. Portés par une formidable ferveur populaire, les Rouge et Blanc réalisaient une incroyable épopée en Coupe de France et atteignaient les demi-finales de la compétition.
A la tête de cette équipe, le brassard autour du bras, Martial Beaucaire était le capitaine d’une génération qui allait faire rêver tout un territoire.
Face au FC Sochaux-Montbéliard, en demi-finale, Montceau avait rendez-vous avec l’histoire. Et Martial, comme toujours, était là. Au cœur de cette aventure exceptionnelle, il symbolisait cette équipe qui avait réussi à faire vibrer bien au-delà des frontières de la Saône-et-Loire.
Dix-neuf ans plus tard, le souvenir de cette épopée reste intact. Et le nom de Martial Beaucaire y est indissociable.
Mais le destin vient de frapper avec une cruauté toute particulière.
Martial est décédé au lendemain du match de Coupe de France disputé par son fils, Yanis, avec le FC Montceau Bourgogne.
Comme un passage de témoin. Comme si, malgré les années, le maillot rouge et blanc continuait de relier un père et son fils.
Yanis venait de vivre, à son tour, un moment de Coupe de France sous les couleurs du club que son père avait tant aimées. Le lendemain, Martial disparaissait.
Cette terrible coïncidence donne à sa disparition une dimension encore plus bouleversante. Car derrière le capitaine, le défenseur et la figure du FCMB, il y avait avant tout un père.
Et aujourd’hui, c’est sans doute ce lien-là qui résonne le plus fort.
Le 17 octobre prochain, Martial aurait dû souffler ses 52 bougies. Il n’y aura pas de fête cette année. Il restera les souvenirs, les anecdotes, les images d’une carrière, les matchs, les victoires, les émotions et surtout cette trace laissée dans la mémoire de tous ceux qui ont eu la chance de partager un vestiaire, un terrain ou simplement un moment avec lui.
Les supporters montcelliens se souviendront de leur capitaine. Ses anciens coéquipiers se souviendront de l’homme à leurs côtés. Le FCMB se souviendra de l’un des siens.
Et Yanis, désormais, portera sans doute un peu plus lourdement encore ce maillot rouge et blanc.
Parce que derrière ce maillot, il y aura toujours le souvenir de son père.


