Eolane Montceau – Les pérégrinations d’Alain Schleich

Un voyage à Neuilly-en-Thelle qui rappelle les valeurs prioritaires.

Rencontre entre les salariés de Montceau-les-Mines et ceux de Neuilly-en-Thelle (Oise).

Par Alain Schleich

Temps de circonstance, pluvieux, triste. Cinq heures de voyage, peu importe pour les messagers. Ce lundi 5 octobre, le site Eolane de Neuilly-en-Thelle, dans l’Oise, vient de sortir d’une période de chômage partiel. Les quelque 80 salariés sont de retour, soit environ l’effectif du site montcellien.

Échanger avec le personnel de Neuilly-en-Thelle permet de mesurer combien la boussole Eolane est indéterminée pour les salariés dans la compréhension de la stratégie du groupe. Ils cherchent des repères, des certitudes qui ne seront pas satisfaites. Cette première rencontre est un moment privilégié. Montceau bénéficie d’une compassion sincère. L’exemple de notre sort fait peur, leurs regards parlent.

L’émotion entre collègues dépassera l’objet du voyage qui consistait initialement à partager notre expérience de trois années de sursis sous la menace de fermeture et de licenciements. L’humain s’est retrouvé spontanément à sa place et c’est la plus belle leçon de cette journée. Laissons la technique pour plus tard. La remise d’un tract permettra cette compréhension différée.

Chacun est suspendu à une décision des dirigeants du groupe, bonne ou mauvaise, tôt ou tard. Quand il n’y a plus de cap visible, le désarroi prend le dessus. Dans la durée, cela est usant. Cap 2020 a été annoncé en 2017 et les brumes de Cap « Bermudes » nous envahissent depuis mi-2019. Ici le résultat délétère est palpable. La machine à sous d’Eolane dérive vers la machine à broyer.

Un premier contact a été pris avec la mairie. Pour une commune de moins de 4000 habitants, l’importance du site Eolane et de ses emplois est évidente. L’expérience de Montceau est prise au sérieux. Il n’est pas encore question d’alarme, mais de vigilance. Message bien reçu.

Déjà le moment de repartir avec l’impression d’avoir encore tant à dire. La météo n’a pas été favorable, mais les discussions se sont tout de même prolongées sous la pluie. Il a fallu improviser un abri de fortune. Merci à vous collègues d’infortune pour ces instants de vérité.

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