Education nationale – Les enseignants aiment leur métier mais…

Communiqué rédigé par les enseignant.es grévistes réunis le 31 mars à Montceau-les-Mines.

« Ce que nous aimons dans notre métier :

– Notre liberté pédagogique, la variété des projets, notre autonomie et la satisfaction liée à la réussite des élèves. L’étincelle dans l’œil de l’enfant qui comprend une notion .

– Les moments d’échange, discussions et réflexion avec les élèves, le travail d’équipe.

– La possibilité de diversifier et de gérer les besoins des élèves.

– L’aménagement, la flexibilité et la différenciation des espaces.

– Les sorties pédagogiques, l’école dehors, les séances sportives (vélo, natation …).

Bref … l’école est un lieu d’accueil, de rencontres, de diversité culturelle, d’échanges. Les portes doivent rester ouvertes pour toutes et tous !


Ce qui nous met des barrières, de l’inconfort dans notre métier :
Conséquences de restrictions budgétaires !

– Les effectifs trop chargés empêchent un suivi individuel et un aménagement adapté aux stratégies d’apprentissage et aux besoins.

– Les coupes budgétaires : baisse de moyens = baisse des projets (menace sur le pass’culture, restrictions des appels à projet départementaux).

– La crise du secteur médico-social qui implique la présence d’élèves avec des besoins particuliers que nous ne savons pas gérer dans nos établissements (faute de moyens humains, matériels, et de connaissances). Cela malmène les élèves et les enseignants qui ne sont pas spécialisés (temps d’attente en IME inacceptables pour les enfants et les familles en attente ! ).

– L’école publique a des obligations d’accueil qui ne concernent pas le privé (sélection des élèves…), nous ne pouvons pas être gérés de la même manière ! Cette fuite des élèves vers le privé nuit à la gestion des écoles et à la richesse culturelle ! Cela peut aboutir à des fermetures de classes notamment dans les communes rurales !

– La fluctuation des prises de décisions liées à d’éventuelles fermetures ne permettent pas à l’équipe enseignante d’anticiper les projets à venir et la rentrée prochaine.

– La santé au travail des enseignants : charge mentale en lien avec la multitude des profils à besoins à gérer (allophones*, maintiens, PPRE*, PAP*, suivi RASED*, orientation, troubles des comportements, des apprentissages, élèves en situation de handicap …) : Nous ressentons de plus en plus le malaise des élèves qui ne se retrouvent pas dans le fonctionnement de la collectivité !

– La gestion des orientations, le manque d’écoute des besoins, et des envies des élèves influencés pas des « stratégies » de gestionnaires d’établissements. L’absence d’une équipe qui pourrait s’impliquer dans les parcours des élèves et mieux les accompagner.

– Les heures supplémentaires ; les postes partagés (2° degré) avec des montages horaires de professeurs qui
circulent dans les établissements et ne réussissent pas à s’impliquer dans une équipe.

– Le manque de remplaçants !!!

– Le poids de la formation des enseignants débutants et vacataires repose sur l’équipe qui elle même n’est pas spécialiste de la formation d’adultes … Certains ont des postures inadaptées qui malmènent les élèves.
Les enfants ne doivent pas pâtir de la mauvaise gestion du recrutement !

– Nous rappelons la crise de vocation (70% des enseignants ne recommandent pas leur métier)

– Pas de psychologues scolaires, pas de médecine du travail, présences irrégulières de l’infirmière scolaire dans les
établissements, pas assez de suivi social pour les familles en demande !
Ces missions reposent trop souvent sur les enseignants qui ne sont pas spécialistes !

– Désillusion des enseignants qui ne se sentent plus entendus, soutenus, accompagnés.

Les enseignants réunis ce jour à Montceau-les-Mines font appel à toutes les personnes qui se sentent concernées par l’avenir de nos enfants à rester mobilisées pour défendre le service public d’éducation !

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