CUCM – Danièle Picard et Cyril Gomet formulent trois souhaits

Danièle Picard (à gauche) et Cyril Gomet (à droite).

Communauté urbaine : Le Creusot doit être considéré,

le dialogue doit reprendre.

Communiqué – À quelques mois de l’élection présidentielle, le débat national oppose deux extrêmes qui se nourrissent l’un l’autre, pendant que les crises s’additionnent. Dans ce contexte, les collectivités locales demeurent des remparts essentiels. Premiers investisseurs publics du pays, interlocuteurs de proximité des habitants, leurs responsables ne peuvent se permettre de ne pas travailler ensemble.

Sept mois après les municipales, nous demeurons des observateurs attentifs de la vie locale. Ce que nous constatons nous inquiète pour notre ville et notre territoire.

Le vote des communes a tranché : la demande de la présidente de la CUCM de transférer le siège de la collectivité a été rejetée, douze communes s’y étant opposées. Mais l’essentiel n’est pas là. Un sentiment progresse au Creusot : celui d’être tenu à l’écart des dossiers structurants pour notre avenir commun. Il naît d’un non-dialogue qui remonte au lendemain des élections. La présidente n’a pas souhaité ouvrir l’exécutif communautaire à la nouvelle majorité creusotine, alors que la tradition voulait que les deux villes principales y soient associées. La première ville de la Communauté n’est représentée que par une seule élue, siégeant dans l’opposition municipale. Beaucoup y ont lu un affront.

Il faut aussi regarder les choses en face, des deux côtés. La demande du maire du Creusot de libérer les bureaux du château de la Verrerie a pu être vécue comme une décision unilatérale, même si elle avait été annoncée pendant la campagne. Elle a conduit à une course trop rapide vers un transfert, lui aussi porté sans véritable concertation : une seule proposition, Montceau, a été soumise aux communes.

Une Communauté urbaine ne se résume pas à une adresse. Elle exerce de nombreuses compétences, fait travailler des agents et porte des projets stratégiques. Elle doit aussi reposer sur un équilibre politique : une intercommunalité dont la ville la plus peuplée se sent mise de côté est une intercommunalité fragilisée. Reconnaître le poids du Creusot n’enlève rien à Montceau ni aux autres communes ; cela rend le collectif plus solide.

Le temps est venu d’une nouvelle étape. Nous formulons trois souhaits :

– Qu’un dialogue direct s’ouvre, sans intermédiaire, entre la présidente de la CUCM et le maire du Creusot, pour régler rapidement la question du siège ;
– Qu’une place soit faite au Creusot dans la gouvernance communautaire, à la mesure de son rôle et de sa population ;
– Qu’une information transparente des agents et une préparation collective de toute évolution avec l’ensemble des maires, avant tout nouveau vote.

Le dernier épisode en date, la délibération du conseil municipal du Creusot du lundi 26 octobre, prévoit de facturer à la CUCM les interventions de la Ville relevant des compétences communautaires. Une collectivité qui facture, l’autre qui tarde, et des habitants qui attendent… Les citoyens n’ont pas élu leurs représentants pour assister à ce face-à-face : ils attendent qu’ils se parlent et qu’ils agissent.

Nos deux villes se sont construites, l’une par la mine, l’autre par la métallurgie, et leur destin est lié depuis toujours. Ce territoire s’est redressé ensemble, grâce aux fonds européens et au travail d’élus qui ne partageaient pas toujours les mêmes idées. Sur cette terre où le mot « travail » a un sens et où les solidarités sont ancrées dans les actes, nous avons beaucoup plus à gagner à nous allier qu’à nous opposer.

Danièle PICARD
Ancienne adjointe au maire du Creusot, ancienne conseillère déléguée à la CUCM
Cyril GOMET
Ancien élu municipal du Creusot, ancien vice-président de la CUCM

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