
![]()
Il aura fallu attendre la fin du conseil communautaire, débuté à 18 h 45 et achevé à 19 h 50 _ une séance particulièrement courte _ et la prolongation qui a suivi, pour entendre enfin la prise de parole d’un élu communautaire. En l’occurrence, celle de Noël Valette, maire de Saint-Berain-sous-Sanvignes, manifestement animé par une profonde rancœur.
L’élu s’est dit choqué par la prise de position de Charles Landre, maire du Creusot et conseiller communautaire, exprimée dans la presse le 18 avril dernier. Celui-ci y dénonçait « une baisse de qualité de l’exécutif pour les prochaines années, encore plus flagrante que lors du mandat exercé sous David Marti ».
Depuis cette déclaration et encore mercredi soir après la vive intervention du maire de Saint-Berain-sous-Sanvignes, Charles Landre n’a pas changé de position. Il exprime ouvertement ce que d’autres pensent tout bas sans oser le dire, avant de se montrer plus diserts autour du verre de l’amitié en qualifiant l’intervention de Noël Valette de « farfelue ». D’autres : « Il fallait bien qu’il justifie son vote pour Isabelle Louis ».
Cette sortie du maire rural faisait écho aux propos liminaires de la présidente, Isabelle Louis, dont voici un extrait :
« J’entends aussi les interrogations et parfois les désaccords qui peuvent s’exprimer publiquement. Certes, le débat est naturel dans une démocratie locale vivante et il y trouve toute sa place.
Mais je souhaite aussi dire avec simplicité et clarté que les sujets communautaires ont vocation à être traités dans le dialogue direct entre élus et dans le respect de la fonction première de nos instances.
L’information par voie de presse a naturellement toute sa place dans la vie démocratique locale, mais la médiatisation des rapports institutionnels ne peut tenir lieu d’intermédiaire à nos échanges concernant les sujets communautaires. »
En filigrane, le message est clair, les différends internes doivent se régler entre élus, dans le cadre institutionnel, et non sur la place publique ni par voie de presse.
Que nous disent ces prises de parole ?
Que visiblement, il existe une fracture politique réelle au sein de la CUCM, que Charles Landre assume une opposition publique et frontale à la gouvernance actuelle, que la présidence tente visiblement de contenir ces tensions et de rappeler une forme de discipline collective, que derrière l’appel au « dialogue entre élus », certains verront surtout une volonté d’éviter l’étalage des divisions dans les médias. Enfin, le fait que les échanges les plus vifs aient eu lieu après un conseil très court laisse penser que les débats de fond se déplacent désormais hors du cadre officiel.
Noël Valette n’en avait pas fini, s’adressant directement à Charles Landre, il déclarait : « il faut savoir faire preuve d’humilité. Je renouvelle ma confiance à l’exécutif. Le paraître ne m’intéresse pas ».
![]()
J.B.
![]()


