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Les débuts d’Isabelle Louis à la tête de la communauté urbaine Creusot Montceau (CUCM) sont loin d’être un long fleuve tranquille.
A peine installée dans ses nouvelles fonctions, la présidente doit déjà composer avec les tensions politiques, les désaccords institutionnels et les initiatives parfois musclées du maire du Creusot, Charles Landre. Une cohabitation qui s’annonce mouvementée.
Premier épisode de cette série de confrontations, le château de la Verrerie, siège historique de la CUCM. A peine arrivée, Isabelle Louis se voit demander par Charles Landre de quitter les lieux d’ici à la fin de l’année. Une exigence qui figurait dans le programme de campagne du maire du Creusot, avant que celui-ci ne découvre que la CUCM n’acquittait aucun loyer à la ville, propriétaire du château.
Isabelle Louis prend acte et envisage alors de transférer le siège communautaire à Montceau-les-Mines. Mais ce scénario se heurte rapidement à une opposition suffisamment forte pour faire échouer le projet, douze communes, représentant plus d’un tiers de la population du territoire, bloquent le transfert. Premier revers, première impasse.
Deuxième épisode, le fameux trou de la rue Condé, au Creusot. Alors que la CUCM devait intervenir sur ce dossier, Charles Landre décide de prendre les devants en sollicitant une entreprise pour faire installer des plaques de fer. Une initiative qui illustre, une nouvelle fois, les relations pour le moins compliquées entre le maire du Creusot et la présidente de l’intercommunalité.
Et la série est loin d’être terminée.
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Un conseil communautaire au cœur du bras de fer
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Dernier épisode en date, la tenue du conseil communautaire. La dernière réunion remonte au 25 juin, à la salle Devos de Saint-Vallier. Depuis, silence radio… du moins en matière de conseil communautaire.
Nous avons appris que plus d’un tiers des conseillers communautaires ont signé un courrier adressé au préfet pour demander la convocation d’un conseil dans un délai de trente jours.
« En effet, un conseil au minimum doit être organisé chaque trimestre. Depuis le 25 juin, aucun conseil communautaire n’a été réuni. La CUCM est donc hors la loi », affirme Charles Landre.
Le maire du Creusot présente cette démarche comme inédite, voire quasiment unique en France. Il entend désormais contraindre la présidente à mettre plusieurs sujets sur la table, notamment le projet de mandat et le plan pluriannuel d’investissement (PPI).
« Le préfet doit maintenant obliger la présidente à inscrire à l’ordre du jour les points que nous lui avons demandés », ajoute-t-il.
Charles Landre ne s’arrête pas là. Il pointe également l’absence de mise en place des commissions communautaires, à l’exception d’une réunion de la commission des finances. Son verdict est sans appel, « Il ne se passe rien à la CUCM, qui est paralysée ».
Des accusations sévères qui placent directement Isabelle Louis sur la défensive. Car, au-delà de la question du calendrier des réunions, c’est bien la capacité de la nouvelle présidente à imprimer sa marque et à faire fonctionner l’institution qui se trouve désormais au cœur du débat politique.
La présidente de la CUCM doit-elle pour autant convoquer un conseil communautaire dans les trente jours, comme le réclament les signataires du courrier adressé au préfet ?
Sa réponse est claire, « Je réponds négativement à cette question concernant la tenue d’un conseil communautaire dans un délai strict de trente jours, le prochain conseil communautaire se tenant le 12 novembre. Il est d’ores et déjà posé un conseil communautaire suivant en décembre. Nous avons un calendrier précis qui s’engage et qui sera prochainement annoncé ».
Isabelle Louis oppose donc un calendrier déjà établi aux critiques de Charles Landre. Reste à savoir si cette réponse suffira à apaiser les tensions ou si elle ouvrira un nouveau front politique.
Car derrière les dossiers du château de la Verrerie, de la rue Condé et du calendrier communautaire se dessine une question plus fondamentale, quelle gouvernance pour la CUCM ? Entre une présidente qui doit installer son autorité et un maire du Creusot qui multiplie les prises de position offensives, l’intercommunalité peine à donner l’image d’une institution sereine et pleinement au travail.
Les premiers mois du mandat prennent ainsi des allures de bras de fer permanent. Et si les désaccords politiques sont inhérents à la vie démocratique, encore faut-il qu’ils ne finissent pas par entraver le fonctionnement de l’institution.
A la CUCM, le feuilleton politique ne fait que commencer. Et l’ambiance, elle, est déjà électrique.
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J.B.



