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Sa réflexion pouvait prêter à sourire, « Il y a autant d’invités que de bêtes dans mon exploitation ». Lui, d’ordinaire si discret, a lancé avec humour la soirée de rentrée politique du député de la 5e circonscription de Saône-et-Loire, Lionel Duparay, à la ferme de Vivien Michon, à Blanzy.
Une belle entrée en matière, d’autant que les Charolaises, dans le pré voisin, se sont montrées très intriguées par le monde venu écouter le député et surtout Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie. Deux hommes désormais indissociables, formés dans le même moule, celui de la loyauté et de la fidélité l’un envers l’autre.
Le binôme a parfaitement fonctionné. A peine élu député pour remplacer l’inefficace ancien parlementaire RN _ Arnaud Sanvert, pour ne pas le citer _ Sébastien Martin était appelé, quatre mois plus tard, au gouvernement. « Ce n’était pas prévu aussi vite », précise le ministre.
Son suppléant, qui ne s’y attendait pas davantage, a alors pris ses responsabilités, y compris vis-à-vis de sa famille _ femme et enfants _ et endossé le costume de député « pour faire le job », note avec satisfaction Sébastien Martin. » Et ce soir, il m’a invité ».
A écouter Lionel Duparay, c’est pourtant la voix du ministre qui résonne. Même conviction, même ténacité, mêmes sujets de préoccupation. Et notamment ces dossiers brûlants que sont la sécheresse, la canicule ou encore les incendies qui ont bouleversé le quotidien des Français, y compris ici, en Saône-et-Loire. D’où cette présence dans l’exploitation de Vivien Michon.
Le ministre lance alors un véritable cri du cœur, » Nous aimons les agriculteurs, les Français vous aiment ».
Pas question, pour Lionel Duparay comme pour Sébastien Martin, de nier les difficultés du moment. Durant l’été, le député a pris le temps d’écouter les maires des communes de sa circonscription. Il n’a pas de recette miracle, encore moins de baguette magique pour effacer la dette comme Jean-Luc Mélenchon. « Nous devons inventer l’avenir, nous serrer les coudes. Sans cette philosophie, nous n’y arriverons pas ».
Le concours Lépine des bonnes idées, très peu pour lui. Le député préfère partir du réel et s’appuyer sur les forces du territoire.
« Ici, dans le département, les atouts sont énormes », assure-t-il. Il cite notamment le nucléaire, dans un territoire qui, rappelle-t-il, « a la culture de l’industrie ».
Comme Sébastien Martin, Lionel Duparay préfère regarder le verre à moitié plein. Et le ministre chargé de l’Industrie sait de quoi il parle. Pour lui, une règle s’impose, garder la tête froide et les deux pieds ancrés dans la terre. « Vous savez, on est plus ancien ministre que ministre, et il faut faire notre job du mieux possible », avance-t-il.
Une manière aussi de rappeler que l’action politique ne saurait se résumer aux affrontements partisans. « Si nous ne partageons pas les mêmes idées _ n’est-ce pas, le maire de Saint-Vallier ? _ nous devons participer à ce que ça aille mieux, car c’est vous qui ressentez, sur le terrain, en permanence les difficultés du quotidien ».
Puis viennent les incendies. Ceux de Gironde, bien sûr, mais pas seulement. Avec eux, la question du manque de Canadair pour lutter contre les feux de forêt. Sauf que, rappelle le ministre, « l’usine de Canadair ne livrera ses avions qu’à la fin de l’année 2026 ». Oui, mais il y a eu 2022 ! Et…
A cette urgence s’ajoute désormais la crise des carburants. Le responsable désigné ? Donald Trump et son conflit, alors même que « Jordan Bardella disait : Trump est une chance pour le monde ». Quel visionnaire !
La baisse de la TVA sur les carburants revient également dans le débat. « Mais qui va payer les 20 centimes ? C’est 800 M€ par mois », lance Sébastien Martin. Le ministre égratigne au passage une nouvelle fois Jean-Luc Mélenchon et sa proposition d’effacement de la dette, celle de la Banque centrale européenne.
Puis vient Marine Le Pen. « Il y a quatre ans, elle voulait réaliser 16 milliards d’euros d’économies en réduisant le train de vie de l’État, l’immigration et la contribution à l’Union européenne. Aujourd’hui, elle propose 125 milliards d’économies selon le même principe. C’est du flanc ».
Le ton est donné. Et derrière les chiffres, c’est une certaine conception de l’exercice du pouvoir que le ministre défend, « Il faut être un petit peu responsable et faire les bons choix pour notre souveraineté ».
La prochaine élection présidentielle devra justement, selon lui, permettre de clarifier ce débat. Sébastien Martin ne voit pas d’autre issue qu’un affrontement d’idées entre une droite républicaine et une gauche solide. « Nous ne pouvons pas laisser arriver au pouvoir des gens énervés et excités comme on le voit à l’Assemblée nationale ».
Une présidentielle, mais aussi déjà l’après-présidentielle. Car Sébastien Martin sait pertinemment qu’une fois le scrutin passé, « nous aurons des élections législatives ».
Et sur ce terrain-là, le ministre prévient déjà, « Il faudra compter avec moi et Lionel Duparay ».
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J.B.
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