Bassin minier – Un adolescent en garde à vue après des accusations de viols sur une jeune fille de 15 ans

Longtemps restée silencieuse malgré une profonde souffrance, une jeune adolescente voit aujourd’hui l’enquête franchir une nouvelle étape avec l’interpellation d’un adolescent soupçonné d’être impliqué dans les faits qu’elle dénonce. Elle aurait été violée à quatre reprises par un camarade de classe en dehors de l’établissement scolaire. Sa famille dénonce une erreur manifeste de l’institution.

Aline (nous avons volontairement modifié son prénom), âgée de 15 ans au moment des faits, aurait été violée par un camarade. Le présumé innocent (16 ans) est, par ailleurs, dans la même classe qu’elle dans un collège du bassin minier (là encore, nous ne donnerons pas le nom de l’établissement, même si depuis quelques jours les langues se délient).

Que s’est-il passé ?

Une plainte a été déposée au commissariat de police de Montceau-les-Mines le 2 mars dernier par la maman qui accompagnait Aline. La mère de l’adolescente a indiqué : « J’ai su que ma fille a été victime d’un viol de la part de son copain _ il est utile de préciser qu’ils ont eu une relation amoureuse de septembre à décembre 2025. Il lui a imposé quatre fois des relations sexuelles sans son consentement. Les premiers faits se sont déroulés au domicile d’Aline, les autres au domicile du collégien ».

Il faut savoir qu’Aline et son violeur présumé sont dans la même classe. Sa maman a précisé que le principal du collège avait été informé le 6 mars. Ce dernier a accepté qu’Aline soit déscolarisée et reçoive ses cours par le biais des élèves de sa classe.

Toutefois, le grand-père d’Aline est hors de lui. Il a écrit au rectorat à deux reprises : « Ce crime est très grave et a des répercussions sur la santé d’Aline, qui a fait une sérieuse tentative de suicide le 4 mars 2026. Le papa et la maman ont été reçus le 6 mars par le principal, à qui nous avons demandé de faire un signalement au titre de l’article 40 au parquet de Chalon-sur-Saône (NDLR : toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur). Demande que nous réitérons auprès de vous, en vous mettant en demeure de le faire au plus vite. De plus, nous vous demandons en urgence d’éloigner cet individu en l’excluant du collège à titre conservatoire, en attendant les suites de la procédure pénale en cours. D’autant qu’il se propage d’insupportables propos diffamatoires et calomnieux à l’égard d’Aline, ce qui ne fait qu’aggraver son état de santé déjà bien fragile… « 

La réponse du rectorat est très cadrée : « La réglementation en vigueur ne permet pas au chef d’établissement d’engager des mesures disciplinaires ou conservatoires à l’encontre d’un élève pour des faits relevant de la sphère privée et dont la matérialité n’a pas encore été établie par la justice ».

La rectrice indique encore « qu’il apparaît que les faits se seraient produits en dehors de l’établissement scolaire et hors de toute activité placée sous la responsabilité du collège (…). Seule l’enquête judiciaire en cours permettra d’en déterminer la réalité, la qualification pénale et les responsabilités éventuelles ».

Bref, « l’institution scolaire ne peut en aucun cas se substituer à l’autorité judiciaire, ni anticiper ses conclusions », ajoute encore la rectrice.

Comment une collégienne de 15 ans, qui dit avoir été violée à quatre reprises (certes hors du collège) par l’un de ses camarades de classe et ancien petit ami, pourrait-elle revenir étudier sans la peur au ventre ? « Aucune mesure d’éloignement de l’agresseur présumé n’a été prise par le collège », a écrit le grand-père au procureur de Chalon-sur-Saône.

Toujours à l’attention du rectorat, le grand-père mentionne dans un courrier du 31 mars : « Comme évoqué dans mon précédent courrier du 23 mars 2026, la petite Aline est déscolarisée de fait par ces sordides circonstances. Je note que vous avez failli dans votre mission en n’assurant pas la continuité pédagogique de la communauté éducative comme il se doit. Ce ne sont pas quelques photocopies de prises de notes d’élèves de sa classe qui permettent cette continuité. Et nonobstant la gravité des faits, il n’a pas été évoqué l’engagement du Service d’Assistance Pédagogique à Domicile (SAPAD). Des camarades de classe n’ont pas été désignés pour donner les cours aux AED afin de les photocopier _ ou du moins, cela a été fait d’une manière très lacunaire_, et il n’a pas non plus été indiqué que le cahier de textes de PRONOTE puisse permettre à une élève absente de suivre le cours dispensé ».

Les jours et les semaines passent, et rien ne bouge. Alors le grand-père, très pugnace, réitère sa demande au rectorat : « Dès lors que vous êtes informée de ces faits, il vous incombe de faire un signalement, et peu importe qu’une plainte pénale ait déjà été déposée par la maman d’Aline, l’élève mineure… »

Le 24 mai, il s’adresse de nouveau au principal du collège pour l’informer que sa petite-fille a effectué une troisième tentative de suicide le samedi 23 mai. « Compte tenu de la gravité de son état, son pronostic vital a été engagé et elle a été héliportée au CHU de Dijon ».

Et toujours rien.

Puis, comme par enchantement _ peut-être est-ce la conséquence de l’actualité récente ou d’une intervention divine_, le papa d’Aline apprend que ce mardi 16 juin 2026, l’auteur présumé des viols sur sa fille a été placé en garde à vue au commissariat de Montceau-les-Mines.

Plainte le 2 mars, trois tentatives de suicide et une mise en garde à vue le 16 juin !

« Nous voulons que l’auteur présumé fasse l’objet immédiatement d’un éloignement de ma petite-fille », supplie son grand-père. « Je veux qu’on entende qu’il est coupable, qu’on croie la petite. Maintenant, nous sommes dans le combat, un combat sans haine, mais nous ne céderons rien », assure-t-il.

J.B.

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