Au Magny – Vol de lacrymo au-dessus d’un nid de gilets jaunes

La lune est pleine. Imperturbable, elle observe la Terre, braque son regard sur le Magny. Les hommes sont-ils devenus fous ? Par pudeur, elle se cache derrière un voile nuageux. Ne pas voir, ne pas entendre cette violence intempestive qui monte du Magny, ce bastion des gilets jaunes. Ils se réclament « pacifistes », ils le sont en grande majorité.

De jour, ils répandent même la bonne humeur chez les automobilistes « coincés » sur la RCEA, la nuit, cette nuit du samedi 22 décembre 2018, nuit de pleine lune, les visages changent, les masques tombent, les sourires laissent place à l’amertume, les regards s’assombrissent.

Vers 17h, le filtrage dans le sens Chalon/Paray-le-Monial prend fin. En face, dans l’autre sens, c’est décidé, ils ne bougent pas, attendent l’arrivée des CRS ou des gendarmes mobiles. « On s’en fout des accords avec la police, qu’elle vienne nous chercher ».

Dans un premier temps, policier et gendarmes avec casques et boucliers délogent les gilets jaunes de la RCEA. Sur la bretelle, premier jet de gaz lacrymogène. Un peu plus loin, instant de panique, un manifestant est blessé à la tête. Plus tard il est évacué par les sapeurs-pompiers.

Les forces de l’ordre agissent prudemment. A hauteur du camp, les gilets jaunes allument un feu sur la chaussée. Les pompiers interviennent mais restent à distance. Des projectiles volent en direction des policiers et gendarmes. L’odeur du pneu brûlé s’estompe, le nuage blanc des lacrymos  rend l’air difficilement respirable. Les manifestants reculent. Une fois, deux fois, trois fois.

Les gilets jaunes plient mais n’abdiquent pas. Ils chantent, crient, crachent pour certains leur haine, narguent les force de l’ordre. Peu après 21h, policiers et gendarmes rebroussent chemin. Les gilets jaunes regagnent le camp heureux d’avoir tenu tête aux « bleus ».

Une touche d’accordéon au milieu de la nuit s’élève du Magny. La lune reprend son souffle. Elle a failli tomber dans le caniveau.

Jean Bernard

8 commentaires

  1. Les GJ du Magny à part emmerder les gens, ne savent rien faire d’autre.

  2. un ours tres mal leche

    Pourquoi les gilets jaunes ne s’arretent pas, voici une excellente raison : Macron n’a absolument RIEN cédé aux revendication de base des GJ ; Pas une seule annulation ou baisse de la fiscalité (le report d’un an de la hausse sur les carburants prévue au 01/01/2019 n’est pas une mesure de baisse de la fiscalité mais seulement le report d’une nouvelle augmentation). De même pas une seule suppression des mesures anti-voitures (le report de 6 mois d’un nouveau durcissement du contrôle technique n’est pas une mesure de suppression de quoi que ce soit

  3. je croyais qu’il n’y avait pas d’alcool sur le site du Magny!!!!!! on peut comprendre que les esprits s’échauffent

    • Il n’y en avait pas, je suis parti 30min après que les forces de l’ordre soient reparties, les bouteilles de champagne ont été emmenées sur la fin, pour fêter cette « petite victoire » j’imagine, ou le dernier moment ensemble avant Noël qui approche

  4. – champagne , rosé , biére , on s en fait pas sur la base du magny et ils se disent malheureux je dirai plutot heureux moi – un peu de lacrymo ça fait pas de mal et puis si y as des enfants c est pas leur role d étre la bon allez joyeux noel les GJ pas de souci chez les magnysard –

  5. J’aime bien la plume de Jean Bernard qui nous raconte (avec beaucoup de tendresse et d’objectivité) l’épopée du Magny. Après les compliments au taulier du site, parlons de la situation : ceux qui osent qualifier Macron de dictateur ont dû être déçus : les gendarmes mobiles préfèrent reculer que de provoquer des blessés (du côté des gilets jaunes) et de la violence (illégale, celle des forces de l’ordre étant légale), montrant ainsi que le gouvernement (et son représentant, le préfet) sait faire preuve de doigté et de patience pour trouver à tous une fin heureuse à ce conflit qui doit enfin se terminer.

  6. Cher Jean M., aurez-vous le courage, lorsque les GJ grâce à leur obstination, leur courage et leur solidarité auront eu gain de cause, de refuser ce qu’ils auront obtenus ?

    J’aimerais une réponse.

    • Qu’ont-ils obtenu? De creuser le déficit encore un peu plus à cause d’augmentation de salaire et de primes payées sur de la dette? Si c’est pour creuser un peu plus la tombe des jeunes générations, alors je préfère refuser.
      La France a besoin d’assainir ses finances publiques, de sortir du tout-voiture et d’engager de courageuses réformes. Les gilets jaunes proposent l’inverse: plus de dépenses publiques et moins d’impôts (cherchez la logique!), du gasoil pas cher pour la bagnole et aucune prise de conscience que ce pays va dans le mur, car depuis 40 ans il refuse obstinément toute réforme.
      Faire de la dette, voici le bilan des gilets jaunes.

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