17 octobre – Isabelle Louis défend la République et appelle à entendre la colère sociale

Réunis lundi en fin de journée sur les marches de l’hôtel de ville, une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel de l’Association des maires de France. Dans un discours mêlant défense des institutions républicaines, solidarité envers les victimes des violences et soutien aux revendications sociales, la maire de Montceau-les-Mines, Isabelle Louis, a rappelé que la République ne devait céder ni à l’intimidation ni à l’indifférence.

« La République ne se laisse pas intimider », a-t-elle affirmé d’emblée, condamnant fermement les dégradations et les attaques contre les bâtiments publics survenues dans plusieurs villes françaises. Pour l’élue, s’en prendre à une mairie revient à s’attaquer à la République elle-même. « Une mairie n’appartient ni à un maire, ni à une majorité, ni à un parti. Elle appartient à tous les habitants », a-t-elle souligné, rappelant le rôle essentiel de la maison commune dans la vie quotidienne des citoyens.

« Ceux qui cassent ne servent aucune cause »

Après avoir exprimé son soutien aux maires des communes touchées, notamment celui de Limoges, ainsi qu’aux commerçants, aux riverains et aux forces de sécurité, Isabelle Louis s’est félicitée du déroulement pacifique des événements à Montceau-les-Mines.

Elle a chaleureusement remercié les Montcelliennes et les Montcelliens pour leur comportement, saluant une ville où les inquiétudes ont pu s’exprimer « dans le respect des personnes, des biens et de nos institutions ».

La maire a toutefois tenu à distinguer clairement les violences des revendications portées par les manifestants. « Ceux qui cassent ne servent aucune cause. Ils trahissent celle des manifestants », a-t-elle déclaré, refusant que les agissements d’une minorité occultent la colère exprimée pacifiquement par des milliers de Français.

Le pouvoir d’achat, l’école et la dignité du travail au cœur du discours

Au-delà de la défense des institutions, Isabelle Louis a insisté sur les difficultés sociales qui motivent la mobilisation : pouvoir d’achat en berne, conditions d’études, manque de moyens dans l’éducation et rémunérations insuffisantes. « C’est la colère de ceux qui travaillent et qui n’y arrivent plus », a-t-elle résumé, évoquant également les lycéens et les étudiants qui réclament des conditions d’apprentissage dignes, ainsi que les travailleurs qui aspirent simplement à vivre correctement de leur emploi.

Dans cette ville marquée par son histoire minière, la maire a rappelé les combats menés par les générations précédentes pour la dignité, les salaires et la sécurité. « La lutte sociale et le respect de la République ne s’opposent pas. Elles vont ensemble ». Une conviction qui constitue l’un des messages centraux de son intervention.

Isabelle Louis a ainsi apporté son « soutien plein et entier » aux manifestants pacifiques et appelé le gouvernement à répondre rapidement et concrètement aux attentes exprimées, notamment en matière de pouvoir d’achat, de moyens accordés à l’école et à l’université et de juste rémunération du travail.

Un appel à la responsabilité politique

En sa qualité de maire et de présidente de la Communauté urbaine, Isabelle Louis a également rappelé la position particulière des élus locaux, confrontés quotidiennement aux difficultés de leurs administrés. Elle a demandé que les maires soient davantage entendus et disposent des moyens nécessaires pour agir.

En citant Jean Jaurès, figure historique du mouvement ouvrier et défenseur des mineurs, elle a conclu sur une exigence de courage politique, savoir porter un idéal tout en tenant compte des réalités vécues par la population.

« La République, ce n’est pas seulement des bâtiments à protéger. C’est une promesse à tenir : liberté, égalité, fraternité ». Pour Isabelle Louis, défendre les mairies et défendre la dignité de ceux qui manifestent pacifiquement relèvent donc d’un même combat.

A noter enfin, dans le contexte de ce rassemblement républicain, l’absence remarquée des élus du Rassemblement national, dont la non-participation pourra être relevée comme un élément politique de la soirée, sans préjuger de leurs motivations.

J.B.

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