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Il y a des hommes avec qui on partirait au bout du monde, les mains dans les poches, sans poser de questions. Hugo Genieux est de ceux-là. Un regard qui rassure, une voix qui apaise. A ses côtés, le danger semble toujours à distance respectable.
Sur un terrain de rugby, Hugo Genieux n’élève jamais le ton. Il observe. Il analyse. Puis il agit. Stéphane Robbe, entraîneur du Rugby Club Montceau Bourgogne, le résume d’une formule juste : « Hugo, c’est le métronome de l’équipe ». Celui qui donne le tempo, qui régule les émotions, qui remet de l’ordre quand le jeu s’emballe. Mais avant tout, Hugo Genieux est là pour une chose essentielle, le plaisir. « Je suis un amoureux du jeu », glisse-t-il avec ce large sourire qui éclaire instantanément son visage. Chez lui, la passion s’exprime sans colère. Les mots sont pesés, toujours sincères. Comme les conseils qu’il délivre au quotidien derrière le comptoir de la pharmacie.
Il n’est pas entraîneur, tient-il à le préciser. « Je suis là pour aider les joueurs, les mettre dans les meilleures conditions, les rassurer ». Une courroie de transmission entre le vestiaire et le staff. Un paratonnerre, aussi. « Attention, je n’interviens pas dans la composition des équipes ». Un leader discret, conscient de sa place, et déterminé à s’y tenir.
Lorsque Hugo Genieux pose ses valises à Montceau-les-Mines, le RCMB évolue encore en Régionale 1. Lui arrive de Nuits-Saint-Georges, où il a connu la Fédérale 1. Le choix n’est pas uniquement sportif. « J’ai suivi ma compagne _ elle est dentiste _ et professionnellement, une opportunité s’est présentée sur Montceau ». Pendant un temps, il fait les allers-retours entre les deux villes. Mais la logistique finit par peser. Le plaisir s’effrite. Alors il stoppe. « Je ne prenais plus de plaisir ».
Le rugby, pourtant, est une histoire ancienne. Hugo est né à Lons-le-Saunier, et c’est là qu’il tombe dedans. Une histoire de famille, ils sont trois frères, tous rugbymen. Les études l’emmènent à Dijon, le ballon ovale à Nuits-Saint-Georges. « On s’est régalés », résume-t-il simplement, avec ce goût intact pour les souvenirs partagés.
A Montceau, très vite, l’évidence s’impose. A lui comme à sa compagne, le rugby ne le quittera jamais vraiment. La pause sera courte. Quatre mois. « J’ai appelé Stéphane Robbe. Je voulais juste m’entraîner ». Mais la mayonnaise prend immédiatement. Le RCMB lui ressemble. Il aurait pu jouer ailleurs, au Creusot ou à Chalon-sur-Saône. Il choisit Montceau. Par conviction.
Aujourd’hui, Hugo Genieux sait que le club traverse une période charnière. Une montée en puissance nécessaire pour viser la Fédérale 2, avec ce léger temps de réponse que connaissent les moteurs en rodage. Il n’est ni inquiet ni pressé. Simplement lucide. « Le club, ce n’est pas seulement quinze joueurs sur le terrain. C’est un ensemble ».
Les résultats récents en Fédérale 3 ne sont pas à la hauteur des ambitions montcelliennes. Le numéro 10 temporise. « La dynamique reste positive. Nous avons perdu des matches, mais le club n’est pas malade. Chacun doit comprendre qu’il est important, en équipe A comme en B ». Pour que la vitrine brille, l’équipe première, il faut aussi soigner la-boutique, la réserve et l’arrière boutique qu’est l’école de rugby.
« Le RCMB est sur la bonne voie. A Nuits-Saint-Georges, nous nous sommes cassé les dents plusieurs saisons avant d’accéder à la Fédérale 2. Ici, le travail est bien fait, même très bien fait, notamment avec l’école de rugby, qui représente l’avenir du club ».
La Fédérale 2 à Montceau ? Une question de temps. A condition d’appliquer la bonne posologie. Le pharmacien parle. « Il faut doubler tous les postes. Soit on recrute, soit on forme. Les jeunes, nous les avons, à condition de bien les préparer et de les accompagner, surtout ceux aux portes de l’équipe première. Et puis il faut aussi un médecin, un kiné attitrés ».
Hugo Genieux n’a pas de recette miracle, mais il connaît les ingrédients. Ceux qui font les clubs solides, durables, respectés.
A court terme, l’urgence est sportive. Dimanche, face à Viriat, au stade Jean-Bouveri, la victoire est impérative pour viser la qualification. « Ne pas accéder aux phases finales ternirait l’image du club, alors que nous l’avons fait deux saisons de suite. Avec ce groupe, nous pouvons aller chercher cette quatrième place. On ne s’interdit rien. Je le redis, la vitrine est belle ».
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J.B.
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