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Le projet Calhipso, inauguré au Creusot, est une plateforme de recherche et d’innovation autour d’un procédé industriel très avancé, la Compression Isostatique à Chaud, utilisé pour fabriquer des pièces métalliques performantes à partir de poudres.
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Une grosse caisse en bois et en dessous, un petit bijou de technologie. On vous présente Calhipso, une sorte de cocotte minute au prix de 4.1 M €. C’est cher pour une cuisson vapeur mais un grand pas pour la recherche dans le domaine de la métallurgie des poudres.
Et là, forcément, ça se complique. La métallurgie des poudres, qu’est-ce que c’est ?
Calhipso, inauguré à l’IUT du Creusot, est un outil de pointe pour fabriquer des pièces métalliques très solides à partir de poudres.
Au lieu de fondre du métal, on part de poudres métalliques que l’on met dans une énorme machine (4.20 m sur 1.20 m de fabrication suédoise). Cette machine exerce une pression très forte (2000 bars et provenant d’un gaz inerte autour de la pièce) et une chaleur élevée _ jusqu’à 2000 degrés _ , ce qui transforme la poudre en une pièce compacte, sans défaut, un peu comme si on soudait les grains entre eux de façon parfaite. Exemple, « une pièce en carbone de silicium, qui sert à la protection thermique d’un satellite, nous arrivons pratiquement à 100% de densité » soutient Frédéric Bernard, professeur d’université, celui qui a porté ce projet à bout de bras depuis plus une douzaine d’années sous l’ère de Jean-Claude Lagrange, alors président de la CUCM qui fut un acteur majeur.
Cette technologie permet de produire des pièces complexes et ultra-résistantes, utilisées dans des domaines exigeants comme l’aéronautique, l’énergie ou le nucléaire.
Calhipso sert à la fois à la recherche, à la formation des étudiants et au soutien de l’industrie, faisant du Creusot un pôle de référence en métallurgie des poudres.
Cette machine d’un nouvel âge est très attendue chez les industriels, notamment Framatome pour réaliser une pièce très dense, solide et sans défaut interne en particulier dans le nucléaire le jour où l’ASN (autorité de sûreté du nucléaire) donnera son feu vert. L’armée française également attend beaucoup de Calhipso, pressée de passer de la recherche à la production, ce qui inquiète un peu Frédéric Bernard.
Le terme Calhipso est un acronyme ( Compression et Assemblages d’alliages métaLliques par HIP, une Solution innOvante), mais l’essentiel est que le projet regroupe des moyens de recherche, une plateforme technique et une machine unique en Europe. Il a été sélectionné comme projet d’excellence scientifique et technologique (EquipEx+), ce qui signifie qu’il reçoit des financements nationaux et européens pour renforcer la recherche sur cette technologie.
Les intervenants en cette inauguration matinale, Vincent Thomas, président de l’Université Bourgogne Europe, David Marti, maire du Creusot et président de la CUCM et Laetitia Martinez, vice-président au Conseil Régional, ont loué l’arrivée de cette machine de compression qui aurait pu ne jamais voir le jour, du moins au Creusot.
« C’est un choix politique » fait savoir Vincent Thomas. En effet, la plateforme Calhipso intègre l’IUT du Creusot, des laboratoires de l’Université de Bourgogne (comme le Laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne – ICB), des collaborations avec des industriels (Framatome, CEA, CNRS, écoles d’ingénieurs…).
Un coup de téléphone a suffi aussi. « J’ai appelé François Hollande, alors président de la République qui voulait l’implanter en Lorraine » raconte David Marti. « Ici, nous construisons l’avenir. La métallurgie des poudres, c’est aussi l’avenir de la métallurgie ». « Un fleuron de la recherche » pour Laetitia Martinez.
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J.B.
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