Municipales 2026 – Montceau, la victoire d’une gauche unie, la défaite d’une majorité fracturée

Au second tour des municipales à Montceau-les-Mines, outre la victoire d’Isabelle Louis et la défaite de Marie-Claude Jarrot, le plus grave c’est l’émergence de l’extrême droite qui fait son entrée au conseil municipal avec cinq élus dont un qui a déserté la liste d’Arnaud Sanvert avant le premier tour. Quant à Roux-Amrane, elle dégringole, fait moins de 5% et n’a aucun élu.   

La défaite de Marie-Claude Jarrot à Montceau-les-Mines ne peut pas être analysée comme une simple alternance municipale. Ce qui s’est produit dépasse largement une campagne mal engagée ou un mauvais second tour. C’est la fin d’un cycle politique local. Et surtout, c’est une recomposition brutale du paysage politique de la ville.

La victoire d’Isabelle Louis ne doit rien au hasard. Elle repose sur un fait simple que la gauche locale a mis des années à comprendre : seule, elle perd, unie, elle gagne. Dans une ville au passé ouvrier et minier, la droite n’avait réussi à s’imposer que grâce aux divisions de ses adversaires. Cette fois, la logique s’est inversée. La gauche s’est rassemblée, la majorité sortante s’est fracturée, et le résultat était presque écrit d’avance.

Mais l’erreur politique majeure ne vient pas seulement de l’adversaire. Elle vient de l’intérieur même de la majorité municipale. En choisissant de maintenir sa liste jusqu’au bout, Christelle Roux-Amrane (numéro 2 de Renaissance en Saône-et-Loire) n’a pas seulement affaibli la maire sortante, elle a offert à la gauche un boulevard. Le verdict des urnes est brutal, la liste Roux-Amrane accompagné de Laurent Selvez, ancien PS, fait moins de 5 %, n’a aucun élu, et porte une responsabilité politique évidente dans la défaite. Dans une élection locale serrée, la division n’est pas une erreur stratégique, c’est une condamnation électorale.

Toutefois, le fait le plus grave n’est peut-être pas là.

Le véritable tournant politique de ce scrutin, c’est l’entrée massive du Rassemblement national au conseil municipal. Avec cinq élus menés par Arnaud Sanvert, le RN s’installe. Il devient une opposition avec seulement deux visages connus, celui d’Arnaud Sanvert et sa numéro 2, Véronique Léger qui à l’annonce de son nom dimanche soir à la mairie, a été huée. En revanche, qui est Frédéric Noiziller, Sandrine Guéguen ? et que va faire le cinquième, Wissam Dahou, le premier qui s’est retiré de la liste RN avant le premier tour comme sept autres des colistiers ?

En attendant, cela signifie que la droite traditionnelle n’est plus seule face à la gauche. Désormais, la ville fonctionne selon un triptyque politique, gauche majoritaire, droite affaiblie, l’extrême droite en embuscade.

La défaite de Marie-Claude Jarrot  révèle en particulier l’usure du pouvoir local, la fragilité d’une majorité divisée, et surtout la transformation profonde de l’électorat dans les villes populaires. Ce qui s’est passé à Montceau-les-Mines pourrait bien être un avertissement pour d’autres communes, quand la gauche s’unit, quand la droite se déchire et quand le RN progresse, l’équilibre politique peut basculer en une seule élection.

Ce n’est pas une alternance. C’est une recomposition. Et elle pourrait ne faire que commencer.

J.B.

La passation de pouvoir entre Marie-Claude Jarrot et Isabelle Louis aura lieu vendredi 27 mars à 17h.

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