
Après avoir lu un article publié sur la page Facebook du Journal de Saône-et-Loire le 24 janvier 2026, intitulé « Bilan des maires : le bilan de Marie-Claude Jarrot à Montceau passé au crible », j’ai pris connaissance d’un commentaire que je considère comme à connotation raciste, affirmant que la plus grande réussite de Mme Jarrot serait « les vers de terre du Plessis ».
Ce propos, déjà choquant en lui-même, a pris une dimension supplémentaire lorsqu’il est apparu que Laurent Selvez, élu se revendiquant de la gauche et candidat sur la liste de Christelle Roux-Amrane, avait liké (pouce bleu) ce commentaire, toujours visible et consultable lundi 9 février.
Au-delà de l’insulte, ce commentaire véhicule une idée bien connue dans le débat local : celle selon laquelle Mme Jarrot bénéficierait des « faveurs du Plessis ». Ce discours, je l’ai entendu à plusieurs reprises, aussi bien dans les rangs de l’extrême droite que dans ceux de la pseudo-gauche. Pourtant, les faits et les chiffres électoraux contredisent frontalement cette légende urbaine.
Il faut rappeler une réalité simple :
au Plessis, il existe deux bureaux de vote — Plessis 1 et Plessis 2.
Les habitants du quartier du Plessis votent exclusivement au bureau Plessis 2.
Or, lors des élections municipales de 2020, la liste arrivée en tête dans ce bureau était celle de Laurent Selvez, et non celle de Marie-Claude Jarrot.
Les chiffres sont publics, vérifiables, et suffisent à démonter l’idée selon laquelle Mme Jarrot bénéficierait d’un soutien électoral privilégié de ce quartier.
De la même manière, concernant l’affirmation selon laquelle «il n’y en aurait que pour le Plessis», il serait temps de sortir du slogan pour entrer dans le factuel.
Les travaux sur les immeubles ont été réalisés par l’OPAC, bailleur social, et non par la mairie.
Les travaux d’aménagement récents ont été conduits par la communauté urbaine, là encore sans lien direct avec une décision municipale ciblée.
Si certains prétendent le contraire, qu’ils citent un seul exemple précis d’un investissement municipal exceptionnel ou discriminant. À ce jour, ces accusations reposent davantage sur des ressentis et des fantasmes que sur des faits établis.
Cet épisode intervient environ une dizaine jours avant les propos racistes tenus au marché par une personne accompagnant Arnaud Sanvert, candidat du Rassemblement national à la mairie de Montceau-les-Mines. Deux faits distincts, deux camps politiques différents, mais un même constat : le racisme ne devient pas acceptable selon l’étiquette politique de celui qui le profère ou le cautionne.
J’ai donc interpellé Christelle Roux-Amrane sur son silence concernant les propos tenus au marché. Elle m’a répondu qu’elle ne combattait pas l’extrême droite à travers des « batailles médiatiques », mais par son travail et par la composition de sa liste. Dubitatif, je lui ai demandé de quelle manière cela se traduisait concrètement. Elle m’a alors répondu : « Il n’y a qu’à regarder », en désignant de ses mains son groupe et l’environnement de la salle. Une réponse dont je n’ai ni compris le sens ni perçu la portée politique.
J’ai ensuite évoqué explicitement le like de Laurent Selvez sur un commentaire que je trouve raciste, et demandé si cela était cohérent avec les valeurs qu’elle affirme défendre. Dans un premier temps, elle s’est montrée surprise, presque incrédule. Mais lorsqu’elle a compris que le commentaire était toujours en ligne et immédiatement vérifiable, elle a éludé la question, sans apporter la moindre clarification ni condamnation.
Cette posture ne surprend qu’à moitié lorsque l’on sait que Mme Roux-Amrane est membre du parti du président Macron et de Gabriel Attal. En revanche, ce qui choque davantage, c’est que l’on puisse rejoindre une telle liste tout en se revendiquant progressiste, au regard des orientations et décrets perçus comme discriminatoires portés par ce dernier.
Plus largement, il est troublant de constater que ceux qui se présentent comme les champions de l’égalité et de l’antiracisme puissent se murer dans le silence face à des propos et des actes aussi graves, qu’ils viennent de la droite ou de la gauche. Ce combat donne alors l’impression d’une indignation à géométrie variable, dictée par des calculs électoraux et une stratégie de captation de certains segments de l’électorat.
On pourrait penser que cette logique se retrouve également dans certaines alliances locales, comme celle d’Isabelle Louis et de sa liste Montceau Autrement, qui donne le sentiment d’une union avec Énergies Citoyennes davantage fondée sur la recherche de places que sur une cohérence politique ou idéologique. Il faut souligner que c’est seulement après le désistement de Cyrille Politi à la mairie de Montceau que Éric Commeau s’est résilié à rejoindre Isabelle Louis. Avant cela, Éric Commeau et même Didier Mathus étaient insistant auprès d’Isabelle Louis dans le but qu’elle rejoingne Cyrille Politi.
À mes yeux, et en appliquant une méthodologie rigoureuse (ligne idéologique claire, cohérence des actes, constance des valeurs) , Catherine Ravier et la liste Montceau en Commun apparaissent comme la seule véritable liste de gauche républicaine, sociale et humaniste à Montceau-les-Mines.
Quant au Rassemblement national, il est difficile, pour moi, d’y voir un quelconque respect pour les Montcelliennes et les Montcelliens. Le parti aurait pu investir un candidat expérimenté et structuré. Il a choisi Arnaud Sanvert, sans expérience politique significative, sans ancrage territorial réel et sans expérience ou compétence démontrée en gestion humaine ou financière. Une candidature qui ressemble davantage à une improvisation nationale qu’à un projet local sérieux.
En définitive, mon analyse est plutôt simple.
Deux listes seulement apparaissent aujourd’hui crédibles pour cette élection municipale
À gauche ; Catherine Ravier, avec Montceau en Commun
À droite/centre ; Marie-Claude Jarrot, avec Montceau Passionnément
Le reste relève davantage du théâtre politique que d’un projet sincère pour Montceau-les-Mines.
Ali Zenasni


