Municipales 2026 – Mohammed Mahla ne veut pas voir le RN gagner à Montceau, sa décision est radicale

Chauffeur de taxi et engagé de terrain, Mohammed Mahla s’était investi aux côtés de Christelle Roux-Amrane sur la liste « Montceau, allons-y ensemble », avec l’ambition de porter des propositions concrètes, notamment sur la mobilité. Jusqu’au soir du premier tour, ce dimanche 15 mars, il croyait en cette dynamique et saluait encore « une bonne cheffe de file ».

Le verdict des urnes a cependant rebattu les cartes. Avec 10,25 % des suffrages exprimés, la liste de Christelle Roux-Amrane s’est hissée à la quatrième place. Un score honorable, presque inespéré qui lui permettait néanmoins de se maintenir au second tour.

Mais à Montceau-les-Mines, l’équation politique dépasse désormais les logiques de listes. La perspective d’une victoire du Rassemblement national s’impose comme une menace tangible. Arrivée en deuxième position avec 26,48 % des voix, la liste menée par Arnaud Sanvert talonne la maire sortante (29,15 %) et devance celle d’Isabelle Louis (25,19 %), candidate de l’union de la gauche. Dans ce contexte fragmenté, chaque maintien, chaque retrait, chaque alliance devient décisif.

C’est précisément ce dilemme qui a conduit Mohammed Mahla, huitième sur la liste « Montceau, allons-y ensemble », à prendre une décision radicale : quitter la liste. « Je me retire, je ne veux pas être tenu pour responsable de la victoire du RN », affirme-t-il.

Au-delà du cas individuel, son départ met en lumière une fracture stratégique au sein de son camp. Pour lui, la priorité aurait dû être claire, construire une alliance entre Louis et Roux-Amrane. « Si Isabelle Louis voulait réellement gagner la mairie, elle aurait dû accepter une fusion », regrette-t-il, dénonçant un refus qu’il juge catégorique. « Louis a demandé à Roux-Amrane de se retirer ».

Son témoignage s’inscrit aussi dans une mémoire politique plus large, presque intime. « Mon père, qui a travaillé ici pendant quarante ans, n’aurait jamais admis que le RN tire les ficelles à la mairie ». Une phrase qui résonne comme un rappel des valeurs locales et du poids symbolique de cette élection.

Désormais, le constat est sans appel. Faute d’unité, la dispersion des voix pourrait ouvrir un boulevard à l’extrême droite. Et face à ce risque, Mohammed Mahla fait un choix pragmatique, « je préfère encore donner ma voix à Jarrot, la candidate arrivée en tête pour faire barrage au RN », confie-t-il, exprimant sa défiance envers la capacité d’Isabelle Louis à inverser la tendance.

Ce positionnement illustre une réalité politique souvent inconfortable, lorsque les alliances échouent, le vote devient un outil de barrage plus qu’un vote d’adhésion.

J.B.

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