Municipales 2026 – L’offensive de Christelle Roux-Amrane pour incarner l’alternative

A quatre jours du premier tour des élections municipales, la liste «Montceau, allons-y ensemble» tenait mercredi soir son ultime meeting à la salle polyvalente du centre nautique. L’occasion, en théorie, de lancer la dernière impulsion avant le scrutin du dimanche 15 mars. « Pour arriver en tête dimanche soir », espérait Laurent Selvez, dernier colistier à prendre la parole.

Mais l’élan attendu n’a pas tout à fait trouvé son public.

La tête de liste, Christelle Roux-Amrane, bénéficiait pourtant d’un soutien de poids, la présence du ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad. Une caution nationale pour une campagne locale. Reste que, comme le répètent souvent les chroniqueurs politiques, « voter Renaissance » _ le parti du président Emmanuel Macron  _n’est pas forcément sexy et l’argument le plus mobilisateur dans une ville ouvrière.

Car ici, à Montceau-les-Mines, loin des cercles parisiens, les préoccupations sont d’abord terre à terre. Le manque de médecins. Les classes surchargées. Les écoles mal chauffées. Les trottoirs dégradés. Un centre-ville qui perd de sa vitalité, entre commerces fermés, appartements délabrés et animations trop rares. Autant de réalités quotidiennes qui pèsent davantage que les grandes querelles idéologiques.

C’est précisément sur ce terrain que la candidate entend se positionner. Pour elle, la question est d’abord celle de la méthode.
« Nous devons changer la manière de diriger la ville. Nous le ferons avec une équipe, avec les habitants, les associations, les commerçants. Les Montcelliens aiment leur ville, ils veulent une ville dynamique. Ils méritent mieux que des querelles », déroule-t-elle.

Une critique à peine voilée de la majorité municipale actuelle. Laurent Selvez l’assume plus frontalement, « il faut du courage pour s’opposer à la maire ». Il rappelle ce moment de rupture lorsque Christelle Roux-Amrane, alors adjointe, s’était abstenue lors d’un vote budgétaire en conseil municipal. Un geste politique, sans pour autant aller jusqu’à la démission de ses fonctions après l’annonce de sa candidature.

Dans ce contexte, la venue du ministre n’avait rien d’anodin. Officiellement, Benjamin Haddad était venu soutenir « une candidate qui défend ses valeurs avec une équipe engagée, qui rejette les extrêmes et toute forme de compromission ». Mais son message visait aussi à rappeler l’importance de l’échelon européen dans la transformation des territoires.
« Montceau a besoin d’un maire qui se bat pour ses habitants et pour la réindustrialisation. L’Europe peut apporter des fonds qui transforment concrètement un territoire », a-t-il insisté, saluant un « programme ambitieux pour les dix prochaines années ».

La candidate, elle, a tenu à justifier sa démarche politique. « Ma candidature n’est pas un caprice. Elle est née de mon expérience. Quand une méthode ne correspond plus à mes aspirations, il faut en changer ».

Changer, donc, mais sans révolution spectaculaire, plutôt un projet municipal « qui part du terrain », décliné tour à tour par les colistiers. « Je crois à une politique municipale qui écoute, qui respecte et qui rassemble », assure Christelle Roux-Amrane.

Dimanche, les électeurs auront en tout cas l’embarras du choix, six listes sont en lice. La candidate tente de structurer le scrutin autour d’une alternative claire : « Soit la continuité, l’immobilisme et des divisions qui fatiguent les habitants, soit un choix clair avec Montceau, allons-y ensemble ».

Dans l’immédiat, son pari est surtout d’exister au soir du premier tour pour peser dans le second. « L’aventure ne fait que commencer », glisse-t-elle, posant la question centrale de cette campagne : quelle vision pour Montceau dans les années à venir ?

Laurent Selvez, lui, résume l’espoir d’une partie de la liste : « Retrouver le Montceau d’il y a vingt ans ». Convaincu que la majorité actuelle vit peut-être ses derniers instants et qu’elle les traverse difficilement.

J.B.

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