Municipales 2026 – « Le Front populaire », une allégorie pour Montceau autrement

A quelques semaines des élections municipales, la liste Montceau Autrement Citoyenne et Solidaire a choisi d’anticiper la date officielle du 90e anniversaire du Front populaire pour organiser, dans son local de la rue Rouget-de-Lisle, une soirée à la fois conviviale, historique et résolument électorale. Un clin d’œil assumé à l’actualité politique locale : rappeler 1936 pour éclairer 2026.

Si l’année 2026 marque les 90 ans de la victoire du Front populaire aux législatives d’avril-mai 1936, la liste menée par Isabelle Louis a devancé la commémoration. Un choix stratégique à l’approche du scrutin municipal, pour souligner le parallèle entre l’union des gauches d’hier et celle revendiquée aujourd’hui à Montceau-les-Mines.

Isabelle Louis a ouvert cette « soirée particulière, électorale et historique » en rappelant que l’union des forces de gauche avait permis en 1936 l’arrivée d’une majorité progressiste à la Chambre des députés. Elle a fait le lien avec la situation actuelle. Selon elle, seule une gauche rassemblée peut aujourd’hui battre le Rassemblement national et faire basculer la majorité municipale. La campagne connaîtra son point d’orgue le 11 mars au syndicat des mineurs, lors d’un dernier grand rendez-vous public.

Citant le discours d’investiture de Léon Blum du 6 juin 1936 _ « Sa majorité est celle que le pays a voulue » _ elle a conclu par ce message, « notre problème sera de mériter et de conserver la confiance des Montcelliens ».

Eric Commeau, très investi dans la préparation de la soirée, s’est largement inspiré des textes fondateurs de l’époque, notamment du discours de Maurice Thorez du 17 avril 1936. Ce discours dit de « la main tendue », prononcé en pleine campagne électorale, appelait catholiques et membres des Croix-de-Feu à rejoindre le vote communiste, un appel à l’élargissement et au rassemblement qui résonne fortement dans le contexte municipal actuel.

S’appuyant sur les travaux de l’historien Jean Vigreux, trois textes majeurs ont été lus lors de la soirée : le discours de Maurice Thorez, lu par Eric Commeau, « La vie et la grève des ouvrières métallos » de Simone Weil (la philosophe), publié en juin 1936 dans La Révolution prolétarienne (par Marie-Thérèse Savignet) et le discours d’investiture de Léon Blum (par Alain Savignet).

Pour Eric Commeau, les parallèles entre 1936 et aujourd’hui sont frappants, montée de l’extrême droite, tensions politiques, crispations démocratiques. Comme en 1934, lorsque les ligues factieuses menacèrent la République, l’union serait, selon lui, la réponse.

Après les émeutes du 6 février 1934, les partis de gauche _ communistes, socialistes et radicaux _ s’unissent progressivement. Le serment du 14 juillet 1935 scelle cette alliance en vue des législatives d’avril 1936. La coalition remporte la victoire les 26 avril et 3 mai, portant Léon Blum à la tête du gouvernement.

J.B.

Les grandes conquêtes du Front populaire

Le gouvernement du Front populaire met rapidement en œuvre d’importantes réformes sociales :
  • Renforcement des libertés syndicales : les accords de Matignon garantissent le droit syndical et interdisent les discriminations liées à l’engagement syndical.

  • Augmentation des salaires : jusqu’à +15 % pour les plus bas revenus.

  • Création des délégués du personnel : obligation dans les entreprises de plus de 10 salariés.

  • Réduction du temps de travail : passage de 48 à 40 heures hebdomadaires.

  • Congés payés : deux semaines de congés annuels, une avancée emblématique ouvrant l’accès aux loisirs et au tourisme populaire.

 

Les commentaires sont fermés.