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Jeudi soir, à la Maison des associations Jouffroy, la présentation de la liste « Le Creusot forge son avenir » devait être un simple exercice de lancement de campagne pour Didier Laubérat. Elle s’est rapidement transformée en véritable meeting politique. Les interventions des colistiers _ Danièle Picard et Cyril Gomet en tête _ puis les questions, parfois incisives, venues de la salle, ont donné à la réunion une tonalité bien plus offensive que prévu. Une séquence dont chacun savait qu’elle trouverait écho au-delà des murs de la salle.
Le fil conducteur de la soirée a été limpide. Selon les membres de la liste, Le Creusot décline. Un constat répété, martelé, assumé. Malgré ses ressources industrielles, son patrimoine et sa situation stratégique, la ville manquerait d’attractivité et peinerait à exploiter ses atouts. Un diagnostic que partage, dans une tonalité à peine différente, un autre candidat aux municipales, Charles Landre.
Pour Cyril Gomet, élu municipal et vice-président de la CUCM en charge du patrimoine, le potentiel est là, mais insuffisamment valorisé. Il se défend toutefois d’être dans la critique systématique. L’équipe dit porter des « convictions » et des « propositions » pour rendre au Creusot son rayonnement. La nuance est posée, dénoncer, oui, mais pour mieux proposer.
Didier Laubérat, attentif, laisse d’abord ses colistiers et le public dérouler l’argumentaire avant d’intervenir. Son message se veut plus frontal : baisse de la population, seuil symbolique des 20 000 habitants franchi à la baisse, démographie négative quand le reste du département progresse. « Comment expliquer que les entreprises recrutent et que la population diminue ? » interroge-t-il. La question, stratégique, vise directement l’exécutif municipal sortant.
Dans la salle, les critiques fusent. Manque d’hôtels. Restaurants fermés le dimanche. Appauvrissement de la ville. Une participante conteste même l’idée d’une ville « attractive », qualificatif régulièrement employé par le maire David Marti. Le débat s’installe sur le terrain du ressenti autant que des chiffres.
Didier Laubérat en profite pour avancer d’autres arguments : » 1300 actifs viennent quotidiennement travailler au Creusot sans y consommer suffisamment, faute d’offres adaptées. La solution ? Attirer des investisseurs privés ». Puis viennent les piques politiques sur la gestion qualifiée d’orientée vers des « opérations de prestige », soupçons de dérapages financiers. La rupture est clairement revendiquée.
La liste « Le Creusot forge son avenir » promet un changement de méthode à commence par remplacer une gouvernance jugée verticale par une approche collective. Le « nous » contre le « je ». Un slogan qui se veut marqueur d’une nouvelle ère.
Reste toutefois la question des commerces fermés, sujet sensible. Sur ce point, le candidat reconnaît la complexité du dossier et l’absence de solution immédiate. Il évoque l’organisation future d’assises du commerce, tout en admettant que le consensus entre commerçants est loin d’être acquis. Lucidité ou prudence politique ?
Sur la propreté de la ville, les réponses sont renvoyées à une prochaine réunion publique. Sur l’endettement, le discours se veut plus mesuré de la part du candidat. « L’endettement n’est pas extraordinaire, la gestion de la ville est bonne », mais des choix budgétaires contestés au regard de l’attractivité.
Au final, cette réunion aura surtout servi à installer le récit de campagne de Didier Laubérat, celui d’une ville qui a perdu de son dynamisme et dont il faut « forger son avenir ».
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J.B.
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Danièle Picard et les associations
« Il n’y a pas de défi insurmontable pour donner à notre ville une attractivité. Nous devons être fiers d’être Creusotins. Ce sont eux et le milieu associatif qui sont sont les meilleurs ambassadeurs de la ville. Nous mettrons en place un partenariat avec chaque association, chaque bénévole. Et contrairement aux fausses rumeurs, nous maintiendrons les subventions aux associations, les salles, les voyages, les sorties et les thés dansants. Nous rétablirons un rapport de confiance. Osons le changement ».
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Cyril Gomet, patrimoine et culture
Il avance d’abord les atouts de la ville, le château de la Verrerie, l’écomusée, la scène nationale, la médiathèque et désormais le nouveau cinéma. « Tous ces atouts doivent être mieux valorisés ».
En projet, ramener le château 100% patrimonial et donc réfléchir au déménagement du siège de la CUCM. C’est aussi remonter le pavillon Schneider, « tout le monde en parle dans cette campagne électorale » constate t-il. Ce pavillon a été monté pour l’exposition universelle de 1878. « Les éléments métalliques dorment à Montchanin. Nous organiserons une concertation et nous estimerons le coût ».
Sur le festival Les Rugissantes, « il doit retrouver sa vocation d’origine, s’étaler sur la période des vacances ». Il pense aussi innover avec la création d’un nouveau festival avec pour thème le cinéma et le patrimoine industriel.
Autre idée, « construire une grande salle de spectacle au Creusot ou ailleurs et rationaliser la dépense publique en concertation avec la nouvelle équipe de Montceau-les-Mines ».
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La liste « Le Creusot forge son avenir » par ordre alphabétique
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Mme. AMIEL-ROCHETTE Florence Retraitée Cadre Industrie
Mme. BERNARD Marie-Annick Infirmière en retraite
M. BOUGAULT Jean-Jacques Fonctionnaire Territorial en Retraite
Mme. BOURRÉ Agnès Directrice territoriale retraitée, docteur en histoire
M. BRUGNIAU Pierre Instituteur-Professeur-Proviseur
Mme. CARPINO Pierrine Controleur Divisionnaire Finances publics
M. CHEVALIER Christian Responsable département Urssaf en Ile de France
M. CISSE Mamadou Ingénieur Energie
Mme. DA SILVA Nathalie Technicienne GRDF
Mme. DE MURTAS Aurélie Commerçante
Mme. FÉLIX Chantal Aide soignante retraitée
Mme. FILORO Brigitte Cadre Commerciale retraitée Industeel
Mme. GAUTHIER Martine Cadre fonction publique
M. GOMET Cyril Cadre établissement public
Mme. KHELFA Ourida Technicienne à l’IUT
M. LAMALLE Philippe Contrôleur Qualité Thermodyn – CSE Retraité
M. LATOMBE Bernard Gynécologue-Obstréticien- Retraité
M. LAUBÉRAT Didier Géomètre-Maire-Conseiller Départemental
M. LORIOT Marcel Retraité
M. MARTIN René Artisan bâtiment
M. MENDES Nicolas Etudiant en médecine
Mme. MICHELIN Dominique Assistante de direction retraitée
Mme. MOSTEFASBA Lalia Conseillère à l’emploi
Mme. NDEM BILOUNGA Michele Docteur/Radiologue
M. PERNETTE Joseph Retraité
Mme. PICARD Danièle Gestionnaire d’assurance
M. PIGEAT Florent Commerçant
M. RENGIER Martin Ingénieur mécanicien
Mme. ROCA Françoise Directrice juridique- Retraitée
M. ROCHA Rui Commercant
Mme. SAINSAINE Céline Graphothérapeute










