Municipales 2026 – Isabelle Louis bien décidée à faire obstacle à MC. Jarrot et au RN

Indéniablement, le climat se tend à Montceau-les-Mines à l’approche du second tour des municipales. Réflexions acides, petites phrases et publications sur les réseaux sociaux font monter la fièvre. Pour certains et surtout certaines, la campagne semble désormais avoir abandonné les programmes pour laisser place aux règlements de comptes.

Deux noms reviennent sans cesse depuis les résultats du premier tour : le Rassemblement national et sa tête de liste Arnaud Sanvert. Lors du débat organisé par France 3 entre les quatre candidats, ce veilleur de nuit dans l’hôtellerie  comme il le revendique lui-même sur son affiche aux côtés de Marine Le Pen et Jordan Bardella, a davantage marqué les esprits par ses approximations que par son projet. Parler de « front de roulement » au lieu de fonds de roulement et ne pas connaître le nom exact de sa propre liste n’a fait qu’alimenter les critiques.

Dans le même temps, le nom de Lilian Noirot, colistier de Marie-Claude Jarrot, est devenu un sujet de polémique. Isabelle Louis, tête de liste de « Montceau autrement, citoyenne et solidaire », l’assimile au Front national. « Mais il n’a jamais été au RN », rétorquait pourtant Arnaud Sanvert lors du débat. L’extrême droite, c’est lui et personne d’autre. Pourtant, Lilian Noirot est devenu un épouvantail que l’on agite pour conjurer le mauvais sort.

Du côté de la gauche rassemblée _ socialistes, écologistes, communistes, centre gauche, Place publique et Énergies citoyennes _ on veut croire que les 25 % du premier tour peuvent ouvrir la voie à une victoire le 22 mars. « Nous avons des chances réelles de l’emporter », affirme Isabelle Louis.

Elle aurait évidemment préféré que Christelle Roux-Amrane, l’outsider à 10,25 %, se retire dès le soir du premier tour. Avec son second, Laurent Selvez, elle espérait une fusion des listes. La réponse fut un refus catégorique.

« Il y a quelques semaines, Roux-Amrane était dans la majorité et nous dans l’opposition », rappelle Isabelle Louis. « On ne leurre pas les électeurs ».

Même Eric Commeau s’étonne, « Madame Roux-Amrane annonce une liste apolitique mais fait venir un ministre très marqué Macron. Elle-même est numéro 2 de Renaissance en Saône-et-Loire. Avec son maintien, elle prend le risque de faire entrer le RN au conseil municipal. Une fusion aurait créé de la confusion. Nous, nous assumons clairement les valeurs de la gauche unie ».

Pour lui, la conclusion est claire, « s’il existe une alternative au troisième mandat de Jarrot et un barrage au RN, ce n’est pas la liste Roux-Amrane, mais bien la nôtre ».

Le ton de la campagne se durcit encore. Une colistière, Solange Capber, n’a pas hésité à publier sur la page Facebook d’Isabelle Louis un message de Roux-Amrane se moquant de la maire sortante. Preuve que la bataille politique a désormais glissé vers l’affrontement personnel.

Et après ? Isabelle Louis maire de Montceau-les-Mines reste une hypothèse crédible. Elle promet d’abord un audit financier, qu’elle veut « citoyen », afin de le présenter aux habitants. Car, au sein de sa liste, les explications de la majorité sortante passent mal. « Ce n’est pas de l’endettement, c’est de l’investissement », répète Marie-Claude Jarrot. Mais pour ses opposants, la dette a explosé, elle aurait plus que doublé en six ans, et la dette par habitant aurait été multipliée par 2,5.

Isabelle Louis promet davantage de services publics de proximité, plutôt une réorganisation et surtout une nouvelle manière de gouverner. « Être à l’écoute des gens », dit-elle. « Leur redonner le statut de citoyens avant de prendre des décisions ». Une démocratie participative qu’Éric Commeau reconnaît lui-même difficile à mettre en œuvre, mais qu’il juge indispensable.

Reste le message final de la candidate de la gauche unie, lancé comme un avertissement, « notre liste est le dernier recours contre le vent mauvais ».

J.B.

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