Municipales 2026 – Christelle Roux-Amrane se maintient au second tour, un choix qui interroge

La décision de la liste « Montceau allons-y ensemble », conduite par Christelle Roux-Amrane, de se maintenir au second tour malgré un score famélique de 10,25 % au premier tour, relève moins du courage politique que d’une obstination difficilement justifiable. Dans un contexte où chaque voix compte pour faire barrage au Rassemblement national, arrivé en deuxième position, ce choix interroge frontalement le sens des responsabilités de sa tête de liste.

Isabelle Louis, candidate socialiste arrivée troisième, a demandé à Christelle Roux-Amrane de retirer sa liste. Elle n’a pas obtempéré. Montceau-les-Mines n’échappera pas à une quadrangulaire.

Ceci dit et il faut le dire clairement, Laurent Selvez porte une lourde responsabilité dans la division de la gauche montcellienne. Rejeté par beaucoup, il a trouvé en Christelle Roux-Amrane qu’il a combattu pendant six ans au conseil municipal _ Roux-Amrane a été adjointe au maire sans démissionner de son poste _ une opportunité de se maintenir dans le jeu politique, quitte à tirer l’ensemble vers le bas.

Le problème est précisément là. En acceptant cette alliance de circonstance, Christelle Roux-Amrane s’est enfermée dans une logique personnelle, bien loin de toute stratégie de rassemblement. Comment, en effet, prétendre incarner une alternative crédible tout en s’associant à une figure qui cristallise autant de rejet ? Comment envisager un rapprochement avec le PS tout en traînant ce politique pas franchement dans le tempo ? L’incohérence est totale.

Plus grave encore, cette décision de maintien traduit une incapacité manifeste à hiérarchiser les enjeux. A ce stade de l’élection, il ne s’agissait plus de défendre une étiquette ou une ambition personnelle, mais bien d’empêcher une progression de l’extrême droite. Se retirer aurait été un acte clair, lisible, responsable. Se maintenir apparaît comme un entêtement, voire une faute politique.

Christelle Roux-Amrane, souvent prompte à rappeler sa profession de psychologue, semble ici faire preuve d’un manque criant de lecture politique. La psychologie des électeurs, le rapport de forces, l’urgence du moment, tout cela semble lui échapper. A défaut de vision, elle donne l’impression de privilégier sa propre posture.

Derrière ce choix, difficile de ne pas voir un excès d’ego. S’accrocher à une candidature affaiblie est un signal qui interroge sur les véritables motivations. L’intérêt de Montceau-les-Mines devrait primer. Or, dans cette séquence, il semble relégué au second plan.

Au final, ce maintien ne grandit pas la candidate. Il souligne au contraire ses limites politiques, son isolement et son incapacité à s’inscrire dans une dynamique collective. Dans une élection où l’enjeu dépasse largement les personnes, cette posture apparaît comme une occasion manquée de sortir la tête haute.

Laurent Selvez, lui, militait pour une fusion des deux listes.

« L’évidence aurait dû l’emporter, les égos ont parler et je le regrette. Il faut sérieusement manquer de sens politique pour refuser ce qui se fait partout ailleurs. Nous considérons que les électeurs sont adultes et responsables. Ils sont libres de leur choix et c’est une très bonne chose. Nous avons donc collectivement décidé dans ces conditions de maintenir notre candidature » commentait il sur sa page Facebook.

Collectivement, sans doute mais pas la totalité de la liste.

J.B.

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