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A Montceau-les-Mines, la politique municipale a observé une trêve des confiseurs presque trop bien respectée. Trop bien, même. Car à force de silence, l’actualité a fini par frôler l’hibernation. Les listes déjà déclarées _ celles d’Isabelle Louis et de Catherine Ravier _ avancent à pas feutrés, pendant que d’autres préfèrent se calfeutrer, faute de mieux ou par calcul. Laurent Selvez promet bien une conférence de presse imminente, tandis qu’Arnaud Sanvert, potentiel candidat du Rassemblement national, arpente le parking de la place de l’église… mais peine toujours à réunir les indispensables 33 noms.
Et puis surgit la surprise du chef, Christelle Roux-Amrane, adjointe au maire en charge des ressources humaines, annonce par communiqué sa volonté de monter sa propre liste. Une surprise ? À peine. Les observateurs attentifs y verront plutôt l’aboutissement logique d’une fracture politique devenue impossible à masquer.
Dans ce paysage brouillon, deux interrogations dominaient pourtant toutes les autres. Marie-Claude Jarrot, candidate déclarée en plein conseil municipal en février 2024, était-elle toujours dans la course ? Et Lilian Noirot, opposant historique, allait-il une nouvelle fois tenter l’aventure en solo ?
La réponse est venue, comme souvent désormais, par les réseaux sociaux. Une photo de la permanence de campagne, rue de la République, publiée sur la page Facebook de Marie-Claude Jarrot, accompagnée d’un message sans ambiguïté : « C’est parti pour Montceau, Passionnément ! Élections municipales 2026 ».
Derrière la vitrine, une silhouette familière, celle de Lilian Noirot.
Étonnant ? Pas vraiment. Depuis plusieurs années déjà, l’ancien adversaire de madame le maire_ battu en 2014 puis en 2020 _ s’était progressivement éloigné d’une opposition frontale. Au fil des conseils municipaux, Lilian Noirot s’est souvent montré plus en phase avec la majorité qu’avec les oppositions de gauche, n’hésitant pas à les rembarrer lorsqu’elles évoquaient son passé au Front national, « que j’ai quitté en 2017 », rappelle-t-il.
« L’opposition systématique ne fait rien avancer », martèle-t-il aujourd’hui, revendiquant une posture de « constructif ». Les discussions engagées depuis plusieurs mois avec Marie-Claude Jarrot ont fini par déboucher sur un rapprochement assumé. Points communs, dossiers partagés, vision convergente, le terrain était prêt.
Reste toutefois ce passé politique, tenace. Ancien patron départemental du FN, passé ensuite par Les Patriotes puis Debout la France, Lilian Noirot revendique désormais une ligne « divers droite, gaulliste ». Une mue que certains jugeront sincère, d’autres opportuniste. Toujours est-il qu’il figure désormais sur la liste « Passionnément Montceau ».
Faut-il y voir un pari risqué pour le maire sortant ou, au contraire, un renfort stratégique ? L’intéressé, lui, assume pleinement. Sécurité, vidéoprotection, logement, écoles sont autant de thèmes sur lesquels il affirme être « raccord » avec Marie-Claude Jarrot. Quitte à reconnaître, même depuis l’opposition, les réalisations de la majorité municipale. « Soit vous êtes enfermés dans un dogme, soit vous faites avancer les dossiers », tranche-t-il, sans détour.
Pendant ce temps, Marie-Claude Jarrot dévoile les premiers contours de son équipe et dix-sept colistiers annoncés. Un nom manque toutefois à l’appel, celui de Christelle Roux-Amrane. L’ancienne adjointe avait acté sa rupture dès l’été dernier. La cause ? La législative partielle, catalyseur d’une brouille désormais consommée. Numéro 2 du parti Renaissance (Emmanuel Macron) dans le département, Christelle Roux-Amrane se voyait candidate naturelle. Elle ne l’a pas été. Le divorce était inévitable.
Reste enfin une autre inconnue majeure, Lionel Duparay. Fraîchement élu député de la 5e circonscription, l’ancien adjoint au maire entretient savamment le flou. Interrogé récemment à Montceau, en marge de la visite du ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, il a esquivé et rebelote lundi soir aux voeux du maire de Montchanin. « Ce n’est ni le lieu ni le moment », glisse-t-il, tout en lâchant un sibyllin, « c’est presque décidé ».
A Montceau-les-Mines, les cartes se redistribuent. Lentement. Mais sûrement. Et derrière le calme apparent, les municipales de 2026 ont bel et bien commencé.
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J.B.




