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Un an de préparation. Un an à bâtir, à structurer, à convaincre. Un an pour se mettre en ordre de bataille. Aujourd’hui, Charles Landre est sur la ligne de départ, lancé comme une fusée, moteurs à plein régime, avec une seule obsession, faire tomber David Marti et lui ravir le fauteuil de maire du Creusot.
Pour la troisième fois, Charles Landre se présente aux élections municipales. Avec une ambition claire, mettre un terme à cinquante années d’une même gestion. « Il est temps que ça change. C’est même vital pour Le Creusot », lâche-t-il, sans hausser la voix, fidèle à son flegme désormais bien connu.
Il faut de la constance, et une solide dose de courage pour cet homme qui vit au Creusot, travaille au Creusot et n’a jamais déserté le terrain. Il n’abdique pas. Il observe. Et il analyse. « La majorité municipale se fissure. Elle part en deux listes. Quatre élus ont claqué la porte. Ils sentent bien que les Creusotins aspirent profondément au changement », avance-t-il.
Face à David Marti, maire et président de la communauté urbaine Creusot Montceau, Charles Landre fait figure de principal contrepoids. Une opposition tenace, parfois mordante, souvent prolixe. Une « douce animosité », diront certains, qui l’emmène parfois dans les méandres de longues interventions. « J’ai fait plus court », sourit il lorsqu’on lui en fait la remarque.
Mais cette fois, Landre veut frapper vite et fort. « Ma candidature n’est pas faite pour gérer Le Creusot, mais pour le transformer. Pour réparer ce qui ne fonctionne pas ». Trois priorités, martelées sans détour : la santé, la sécurité et l’entretien de la ville. Avec une promesse fiscale en forme de signal politique, « une fois élu, je baisse de 2 % la taxe foncière ».
Pour Charles Landre, Le Creusot coche toutes les cases… sauf celle du dynamisme. « La ville s’endort. Je veux en faire une ville vivante, la plus dynamique des villes moyennes de France ». Et l’attaque est frontale. « David Marti gère le déclin. Nous sommes à un point de bascule, juste au dessus des 20 000 habitants. Passer sous ce seuil serait une faute historique ». Verdict sans appel, « en dix ans, il n’a pas été à la hauteur des ambitions des habitants ».
Alors pourquoi ne pas unir les forces de l’opposition ? Pourquoi Charles Landre et Didier Laubérat ne feraient-ils pas cause commune pour fragiliser le maire sortant ? La réponse est sèche, « je ne fais pas de politique d’arrière-boutique ». Et le souvenir de 2020 est encore vif. « J’ai affronté une alliance du PS, du PC et de la macronie ».
Charles Landre mènera donc une liste d’intérêt municipal, avec une ligne revendiquée, le rassemblement. « Depuis un an, nous rencontrons les Creusotins, un par un, quartier par quartier ».
A 37 ans, celui qui se revendique divers droite estime que le moment est venu. Le sien. « J’assume la rupture. J’assume de vouloir changer la ville. J’ai l’expérience et l’énergie pour le faire ».
Et le combat dépasse les frontières du Creusot. La communauté urbaine Creusot Montceau est aussi dans son viseur. « Je veux une assemblée de débats et de projets, pas une chambre d’enregistrement ». Il refuse que les décisions soient confisquées par « un quarteron d’élus », qu’il dit combattre depuis toujours et dont la fracture actuelle de la majorité serait, selon lui, la conséquence directe.
Charles Landre dévoilera sa liste début février. Et, déjà, il lance le gant, « je demande un débat public avec tous les candidats officiellement déclarés, avant le premier tour ».
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J.B.







