Municipales 2026 – A Montceau, Yanis Malot et Joseph Broton font du handicap une priorité

Cinq et un six !

Une sixième liste est en préparation à Montceau-les-Mines, disons-le clairement, à la surprise générale. Une surprise, en effet, dont la cause ne laissera personne indifférent.

éLe handicap, on n’en parle pas. Les autres listes à Montceau n’ont pas pris position sur les personnes en situation de handicap, alors nous entrons dans la campagne ».

Face à nous, Yanis Malot et Joseph Broton. Tous deux sont en situation de handicap psychique. « Nous sommes reconnus handicapés », tient à préciser Yanis Malot.

Passé l’étonnement, leur message devient plus clair. Ils ne sont encartés dans aucun parti. Yanis Malot l’a été, à La France insoumise, « mais il n’y a pas de place pour l’ouverture ». Joseph Broton reste attaché aux idées de gauche, et notamment à celles d’Isabelle Louis, « mais je ne m’y retrouve pas. Chez eux, le handicap n’est pas une priorité ».

Alors, à force de se croiser régulièrement en ville, « on s’est dit qu’il y avait un sujet dont personne ne parlait : les personnes en situation de handicap », explique Joseph Broton. « Nous voulons porter le débat sur le handicap lors de ces élections municipales, mais nous visons le long terme », précise Yanis Malot.

Ils espèrent réunir au moins 50 % de personnes en situation de handicap sur leur liste. Y parviendront-ils ? « Même si nous ne déposons pas de liste, nous aurons quand même gagné. Nous irons à la rencontre des autres candidats en espérant qu’ils seront ouverts à la discussion ».

Yanis et Joseph veulent peser sur le débat des municipales à Montceau-les-Mines. « On ne pourra pas nous ignorer. Le handicap est notre priorité. Qui se préoccupe des personnes handicapées touchées par la précarité, et souvent des femmes ? » interroge Yanis Malot.

Joseph Broton a été dentiste. Il ne l’est plus aujourd’hui. Il a 60 ans.

Yanis Malot, il écrit des livres. Il a 29 ans.

« Quelle est la place des personnes handicapées à Montceau ? » interrogent-ils.

J.B.

Ci-dessous, leur communiqué :         

 

Le handicap, on en parle peu ou pas du tout. Sans doute parce que ça gêne. Mais il y a pire que d’en parler, c’est de ne pas en parler. D’invisibilisé les individus en souffrance. Déjà que 80% des handicaps sont invisibles alors si on invisibilise l’invisible, rien n’ira jamais.

 

Le handicap n’est pas seulement un sujet. Ce sont des êtres humains. Femmes, hommes, enfants. C’est en lien avec d’autres sujets (écologie, logement, misère sociale, chômage,…).

Mais apparemment les listes actuellement déclarées n’ont pas l’air d’avoir de programme autour de cet axe du handicap. Par ailleurs, les personnes handicapées sont victimes de beaucoup de discrimination. De validisme. Notamment ceux souffrant de troubles psychiques par exemple. On leur dit souvent que c’est des feignants, que c’est pas grave. Qu’on est tous un peu dépressif, un peu autiste, un peu bipolaire. Mais non ! Faux ! Archi-faux !

Oui on peut afficher un sourire et une belle énergie mais tout en étant détruit, au fond du trou. Car il faut bien paraître dans ce monde, dans cette société du paraître justement.

 

Le paraître qui au final est une parjure de l’être. Nous nous y refusons.

 

C’est dans ce contexte que nous, Yanis Malot et Joseph Broton, nous nous lançons dans la campagne. Pour faire entendre la voix de ceux qu’on entend pas, qu’on ignore car elles dérangent. Nous travaillons une liste en marge des partis et des idéologies. Car l’idéologie est contraire à l’intelligence. Bien que nous ayons nos propres convictions, isoarchiste numeraciste pour l’un et nihiliste libertaire et métaphysique pour l’autre, nous nous rassemblons derrière ce combat pour mettre fin à la tyrannie du validisme. Nous avons pour but d’ailleurs que cette liste soit composée à au moins 50% de personnes en situation de handicap visibles ou invisibles. Nous travaillons à cela. Le programme sera présenté en des grandes lignes lors de tractage. Ce même tract sera fourni à la presse en temps et en heure. Nous serons déterminés mais aussi pragmatiques.

 

Mais jamais nous n’abandonneront. Si nous échouons, nous recommenceront autrement, dans d’autres circonstances, d’autres contextes et avec d’autres outils. Si il faut détruire pour reconstruire, nous le ferons. Mais avant de détruire, nous essayerons de réparer.

Les commentaires sont fermés.